تسجيل الدخولAude
La nuit est interminable.
Les murs de l'hôpital sont blancs, aseptisés, impersonnels. L'odeur de l'antiseptique me prend à la gorge comme un relent de mort. Je suis assise dans un couloir, sur une chaise en plastique inconfortable, à attendre. Toujours attendre. On m'a soign&ea
AudeLa nuit est interminable.Les murs de l'hôpital sont blancs, aseptisés, impersonnels. L'odeur de l'antiseptique me prend à la gorge comme un relent de mort. Je suis assise dans un couloir, sur une chaise en plastique inconfortable, à attendre. Toujours attendre. On m'a soignée rapidement, des bandages sur mes mains, des points de suture sur mes avant-bras, des antalgiques qui n'apaisent rien. Mes blessures ne sont que superficielles. Rien de grave, a dit le médecin. Je ne sais pas s'il parlait de mon corps ou de mon âme. Les deux, peut-être.Lorenzo est au bloc opératoire. La balle a traversé l'épaule, évité l'artère de justesse. Sa jambe bless
AudeMes mains sont couvertes de sang. Littéralement. Le sang de Lorenzo qui imprègne sa chemise, qui coule de son épaule, qui tache mes paumes déjà à vif. Mais mes mains sont aussi couvertes d'un autre sang, celui de Vitale, celui de l'homme que j'ai abattu. Je ne l'oublierai jamais. Je n'oublierai jamais la sensation de la détente sous mon doigt, le recul de l'arme dans mes mains, le bruit des impacts. Je l'ai tué. J'ai tué un homme.Mais c'était lui ou Lorenzo. C'était lui ou moi. C'était lui ou tout ce qui compte dans ce monde. Je n'avais pas le choix. Je n'ai jamais eu le choix.— Reste avec moi, dis-je à Lorenzo, dont les yeux se voilent. Re
LorenzoLa douleur est un incendie qui consume mon épaule, mais je la tiens à distance. Je la repousse dans un coin de mon esprit, avec tout le reste. La fatigue, la peur, le désespoir. Il n'y a plus de place que pour une chose : la protéger.Aude est adossée à mon dos. Je sens la chaleur de son corps à travers le tissu trempé de sueur et de sang. Nous sommes dos à dos, comme nous l'avons toujours été depuis le début. Deux faces d'une même pièce. Deux moitiés d'une même âme.Vitale s'est relevé. Il a rampé jusqu'à une caisse, s'est hissé sur ses pieds malgré sa jambe blessée. Son visage
AudeLe monde se réduit à cette image. Lorenzo à genoux, le canon de Vitale sur sa tempe. Ses yeux qui se ferment, résignés. Il va mourir. Il va mourir pour moi, par ma faute, et je ne peux rien faire, attachée à cette chaise, les poignets en sang, impuissante.C'est inacceptable.Quelque chose se brise en moi. Une digue. Une limite que je ne savais pas avoir. La douleur dans mes poignets s'efface, remplacée par une vague de chaleur qui monte de mes entrailles, qui envahit mes membres, qui efface la fatigue et la peur. C'est une rage primale, volcanique, qui ne laisse place à rien d'autre qu'à une certitude absolue : il ne mourra pas. Pas ce soir. Pas devant moi.
Quand j'ai fini, Vitale vérifie les signatures, hoche la tête avec satisfaction.— Parfait. Vous êtes un homme raisonnable, finalement.— Maintenant, libérez-la.— Oh, mais je n'ai jamais dit que je la libérerais tout de suite.Son sourire s'élargit. Ce sourire de prédateur qui montre les crocs.— J'ai dit que je vous laissais la vie. Pas que je vous laissais partir ensemble.Il lève son arme, la braque sur moi.
Vitale se lasse. Il recule, essuie ses jointures ensanglantées sur un mouchoir.— Je reviendrai. Quand vous serez prête à parler. À supplier. À ramper.Il s'en va. La porte se referme. L'obscurité revient.Je reste seule. Brisée, mais vivante. Et je sais, je sais au plus profond de moi, que je ne supplierai pas. Je ne ramperai pas. Je mourrai debout, ou les yeux fixés sur son souvenir.Lorenzo.Je t'aime.LorenzoLa douleur est une vieille amie. Elle ne me quitte
AudeIl dort. Lorenzo Valenti, l’homme de marbre, le spectre de la villa, dort d’un sommeil profond, abyssal, contre mon épaule. Son souffle est lent et régulier, sa bouche entrouverte, une mèche de ses cheveux noirs collée à son front moite. Dans le sommeil, tous ses masques sont tombés. Il n’y a
LorenzoElle baisse la tête. Mais elle ne me prend pas. Elle pose d’abord son front contre ma cuisse. Un geste étrangement humble. Puis elle tourne la tête et pose sa joue contre ma peau. Je sens la chaleur de son visage, le léger mouvement de sa respiration. Elle reste ainsi un moment, comme pour
AudeLe lendemain est une torture exquise. L’air est lavé, lourd d’une humidité nouvelle après l’orage. Chaque bruit , le grincement d’une porte, un pas dans le couloir , fait bondir mon cœur. Je travaille dans le salone, mais mes mains ne sont plus sûres. La surface lisse d’un sein de nymphe que j
LÉON Chaque ouverture est une victoire, une parcelle de peau découverte que je devine plus qu’elle ne vois. Je sens son souffle s’accélérer, son ventre se contracter contre le mien. Ma main glisse à l’intérieur de la robe, trouve la chaleur de son dos, la peau soyeuse et tendue. Elle frissonne vio







