LOGINDeux inconnus dans un ascenseur en panne, entre deux étages d'un hôtel anonyme. Lui, les mains encore marquées par un récent accident. Elle, les lèvres teintées du rouge à lèvres qu'elle vient d'effacer nerveusement. Pas de noms. Pas d'histoires. Seulement l'espace exigu qui rétrécit à chaque expiration. L'électricité statique qui fait crépiter la laine. Un regard accroché à un poignet, une veine qui bat sous la peau fine. La chaleur devient palpable, suffocante. La première parole est un juron étouffé. Le premier contact n'est pas une main, mais un souffle contre une tempe. L'étreinte qui suit est une affaire de survie, une tentative désespérée de prouver qu'ils sont encore vivants face à l'étreinte de fer qui les emprisonne. C'est brutal, urgent, sans fioriture. Le cuir de sa ceinture laisse une marque sur sa hanche. L'agrafe de son collier lui griffe la nuque. Dans l'obscurité intermittente des lampes de secours, ils se dévorent. Chaque baiser est une question sans réponse, chaque morsure une ponctuation. Ils extirpent l'un de l'autre des gémissements qu'ils ne se connaissaient pas, des peurs qu'ils n'avouaient pas. Ils sont à la fois le remède et le poison, l'oxygène et la privation. Quand les lumières se rallument et que l'ascenseur repart avec un grondement sourd, ils se séparent comme on se scarifie. Aucune promesse. Juste l'odeur de l'autre sur la peau, indélébile. Elle sort à son étage, il descend au rez-de-chaussée. Leurs vies respectives les attendent, inchangées en apparence. Mais quelque chose a cédé. Quelque chose a brûlé. Et chacun, dans son silence, porte désormais la mémoire brûlante de cette chute libre partagée, de cet instant parfaitement égoïste et absolu où ils n'ont été que chair, pulsion et vérité crue.
View MoreIl sourit. Un sourire qui ressemble à une cicatrice. Puis il sort. La porte se referme avec un cliquetis sourd. Le verrou tourne. Lorenzo l'a fermée à clé sans que je le voie faire.Il est sur moi avant que je puisse reprendre mon souffle.Ses mains agrippent mes hanches, me soulèvent de la chaise comme une plume, me plaquent contre la table. Les dossiers volent. Un verre de vin se renverse, le liquide rouge se répand sur l'acajou comme une flaque de sang. Les feuilles blanches boivent la tache pourpre.— Tu es magnifique, grogne-t-il contre ma bouche.Ses lèvres écrasent les miennes. Ce n'est pas un baiser. C'est une dévoration. Sa langue force le passage, prend possession de ma bouche avec une urgence qui me laisse sans défense.
AudeLa table est une mer d'acajou si profonde que je pourrais m'y noyer. Je vois le reflet déformé des lustres de Murano danser sur sa surface, et au-delà, les visages de six hommes qui ne me regardent pas vraiment. Leurs yeux glissent sur moi comme l'eau sur une pierre. Une femme. Une décoratrice. Une chose jolie posée à la droite du maître de maison pour égayer la réunion.Je porte une robe noire. Col montant, manches longues. L'armure de celle qui n'est pas censée exister dans cette pièce. Elena dirait que j'ai l'air d'une nonne. Elle rirait. J'aimerais qu'elle soit là pour voir ça. Pour voir jusqu'où je suis capable d'aller.Lorenzo est à ma gauche. Sa main repose sur mon genou sous la table, un poids brûlant à travers le nylon fin de mes bas. Il parle, sa voix est un fleuve tranquille qui charrie des lames de rasoir. Il négocie. Il construit une alliance avec les familles du Nord, une coalition de prédateurs qui ont flairé l'odeur du sang de Vitale et qui veulent leur part du fe
LorenzoJe me réveille avec le soleil. Il est déjà haut dans le ciel, ses rayons traversent la fenêtre ouverte, viennent caresser le corps d'Aude endormie sur ma poitrine.Je la regarde.Ses cheveux sont en bataille, éparpillés sur mon torse, sur mon bras, sur le tapis. Sa bouche est entrouverte, son souffle léger, régulier. Ses cils noirs frangent ses joues, ses sourcils sont un peu froncés, comme si elle luttait contre quelque chose dans son sommeil. Ses épaules sont nues, la couverture que j'ai jetée sur nous pendant la nuit a glissé, révélant la courbe de ses reins, la ligne de sa colonne vertébrale.Elle est là. Elle est réelle. Elle ne m'a pas quitté.Je pourrais rester des heures à la regarder. Des jours. Des années.Son souffle change. Ses cils battent. Elle ouvre les yeux, et la pre
AudeLa nuit est tombée sans que nous nous en apercevions. Nous avons passé des heures à classer, analyser, projeter. Les documents sont maintenant rangés dans le coffre-fort du bureau de Lorenzo, à l'abri. Les stratégies sont en place. Demain, Marco part pour Paris avec les premières instructions. La machine se met en route.Mais ce soir, il n'y a que nous.Lorenzo a fait monter un plateau de fromages et de fruits, une bouteille de Chianti. Nous avons mangé sur le tapis, sans façon, assis par terre comme deux enfants qui jouent à la dînette. Nos corps se sont rapprochés au fil des heures, instinctivement, jusqu'à ce que je sois assise entre ses jambes, mon dos contre son torse, ses bras autour de ma taille.Il fait doux, la fenêtre est ouverte, les cigares chantent dans la nuit. La lune est pleine, elle éclaire la pièce d'une lumi&e
AudeLa porte de l'appartement de ma mère est la même que depuis trente ans. Vernie verte, avec le heurtoir en forme de tête de lion que je soulevais à deux mains quand j'étais petite pour annoncer mon retour de l'école. Aujourd'hui, ma
AudeJe sens son regard sur moi pendant que je reste là, nue dans la lumière dorée qui entre par la fenêtre. La chaleur du soleil toscan sur ma peau contraste avec la fraîcheur du marbre sous mes pieds. Je devrais bouger, dire quelque chose, briser ce silence qui s'épaissit entre nous. Mais je rest
AudeJe murmure contre sa peau. Je veux qu’il se rendorme. Je veux que ce soit un rêve érotique dont il ne sera pas tout à fait sûr au réveil.Ma bouche s’ouvre enfin. Je prends le gland en entier, le suce doucement, en créant un vide léger avec mes joues. Je sens sa main venir se poser dans mes ch
AudeIl dort. Lorenzo Valenti, l’homme de marbre, le spectre de la villa, dort d’un sommeil profond, abyssal, contre mon épaule. Son souffle est lent et régulier, sa bouche entrouverte, une mèche de ses cheveux noirs collée à son front moite. Dans le sommeil, tous ses masques sont tombés. Il n’y a












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