LOGINNicolas raccrocha et se tourna immédiatement vers Amélia.
« Il faut qu’on parte tout de suite. » Sa voix ne laissait aucune place à la discussion. « N’emporte que l’essentiel. Il nous reste peut-être moins d’une heure. »
« Nicolas, qu’est-ce que… » Amélia se leva du
Le train traversait les collines verdoyantes et chaque paysage familier apaisait le cœur de Nicolas. Cette fois-ci, il n’était pas envahi par l’angoisse ni par un lourd sentiment de culpabilité. Il portait un sac rempli de jouets tout simples et une petite boîte en bois qu’il avait fabriquée lui-même. Lorsqu’il pénétra dans la cour de la maison des Fournier, Luis accourut à sa rencontre, les petites mains grandes ouvertes, et prononça « Papa » d’une voix si claire qu’un large sourire illumina aussitôt le visage de Nicolas.« Papa ! » s’écria Luis en se jetant dans les bras de son père.Nicolas s’accroupit, serra son fils très fort contre lui et l’embrassa sur le sommet du crâne. « Bonjour, mon petit. Papa t’a apporté quelque chose. »Amélia se tenait sur le seuil, un doux sourire aux lèvres. Pas de tension, pas de doute, seulement de la chaleur pour l’accueillir. « Tu arrives à point nommé. Nous allions justement préparer le dîner. Entre, va te laver les mains, puis viens dîner avec n
Madeleine rangea la boîte en bois dans son sac avant qu’Amélia n’ait le temps de lui poser d’autres questions.« Ce n’est pas encore le moment », dit-elle doucement. « Je dois d’abord m’assurer d’une chose avant de révéler ce nom. Si je me trompe, je ne veux pas détruire la vie d’une personne innocente. »Amélia la regarda, hésitant entre insister ou laisser tomber. Elle choisit finalement de la laisser faire. Madeleine avait suffisamment prouvé qu’elle ne parlait pas à la légère.« D’accord. » Amélia prit sa tasse de thé. « Mais n’attends pas trop longtemps. »« Je n’attendrai pas. » Madeleine acquiesça.Ce soir-là, Madeleine et Sophie s’assirent ensemble à table pour la première fois sans Amélia ni Nicolas entre elles. Amélia donnait le bain à Luis, tandis que Pierre était dans sa chambre. Les deux grand-mères étaient assises, chacune avec une tasse de thé, essayant d’entamer une conversation qu’elles n’avaient encore jamais eue.C’est Sophie qui prit la parole. « Tout à l’heure, L
Le nom fut à nouveau interrompu, mais Nicolas ne laissa pas l’inquiétude prendre le dessus. Il prit congé d’Amélia, lui promettant de revenir, puis regagna Montelune. Pendant ce temps, le lendemain matin à Saint-Vernier, le portail de la maison des Fournier s’ouvrit lentement. Madeleine Valmont descendit du train, un simple sac en toile à la main, le visage rayonnant mais serein. Elle avait promis de venir et, cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’une simple visite : elle avait l’intention de rester quelques jours, d’aider au café et de s’occuper de Luis.« Madame Madeleine ! » s’écria Amélia en l’accueillant sur le seuil, avec un sourire sincère. « Vous ne m’avez pas prévenue. Si j’avais su, je vous aurais attendue à la gare. »Madeleine la serra fort dans ses bras, comme si elle accueillait sa propre fille. « Ne t’en fais pas, ma petite. Je connais bien le chemin. Et appelle-moi simplement Madeleine, pas besoin de « Madame » ou d’un titre trop solennel. Je ne viens pas en tant que m
L'appel fut coupé net avant même que le nom ne soit prononcé. Nicolas fixait l'écran noir de son téléphone, le souffle coupé. Il ne rappela pas, pas pour l'instant. Il ouvrit la galerie de son téléphone et relança la vidéo qu’Amélia lui avait envoyée. Sur ce petit écran, Luis se tenait bien droit, prononçant « Papa » d’une voix claire et assurée. Il la regarda une fois, deux fois, dix fois. À chaque fois qu’il entendait ce mot, un sentiment de bonheur mêlé à une vive douleur lui serrait la poitrine. Combien de moments manqués, combien de jours qu’on ne peut pas revivre.« Tu regardes encore la vidéo ? » Amélia se tenait sur le seuil du salon, deux tasses de thé chaud à la main. Elle les posa sur la table, puis s’assit en face de Nicolas, le regard doux mais plein de compréhension. « Tu peux la garder, la regarder autant de fois que tu veux. Luis le dira encore et encore à partir de maintenant. »Nicolas acquiesça doucement, s’essuyant le coin de l’œil avec le dos de la main. « Je sais
Ce dernier mot flottait encore dans l’air, mais un message reçu sur le portable de Nicolas interrompit le fil de ses pensées : une notification de courte vidéo de la part d’Amélia. Il appuya sur le bouton de lecture et ses doutes s’évanouirent instantanément. À l’écran, Luis se tenait debout au milieu du salon, ses deux petites mains agrippées aux accoudoirs d’un fauteuil, fixant sa mère d’un regard à la fois sérieux et brillant. Amélia était accroupie face à lui, souriant doucement mais retenant son souffle, comme si elle savait qu’un événement extraordinaire allait se produire.« Allez, mon petit », murmura doucement Amélia en regardant son fils intensément. « Dis-le à papa. »Luis déglutit, puis leva lentement la tête. Sa voix était claire, faible mais ferme, sans la moindre hésitation.« Pa-pa. »Ces deux syllabes sortirent tout naturellement, simples mais bouleversantes pour Nicolas. Il regarda la scène encore et encore, le cœur battant à tout rompre, les yeux embués. Ce n’était
Le message en attente était toujours sans réponse, mais Nicolas ne se rendit pas à l’endroit indiqué. Il savait que cet appel était un piège, que quelqu’un cherchait à l’éloigner de ses proches, et il n’allait pas céder à cette volonté. Au contraire, il prit son téléphone et composa le numéro qu’il appelait désormais le plus souvent : celui d’Amélia. C’était devenu une routine à la fin de chaque semaine : l’appeler, prendre des nouvelles de Luis, discuter sans le poids des soucis qui les séparaient autrefois. Cette fois encore, la ligne fut rapidement établie et la voix d’Amélia résonna, claire et calme, à l’autre bout du fil.« Bonjour Amélia », dit-il doucement, sans la gêne d’autrefois. « Luis dort déjà ? »« Il vient de finir de se brosser les dents et de lire un livre d’histoires », répondit Amélia, un sourire perceptible dans le ton de sa voix. « Si tu avais appelé dix minutes plus tôt, tu l’aurais entendu raconter l’histoire de son cheval de bois qui s’est transformé en vrai ch







