MasukLes mots de Damien flottaient dans l’air, froids et tranchants comme des éclats de verre. Amélia se tenait immobile devant la porte, le souffle coupé. Elle se retourna lentement, fixant le dos de Damien qui se tenait toujours droit devant la fenêtre. Sa voix semblait calme, même si son cœur battait à tout rompre.« Que veux-tu dire ? » demanda-t-elle doucement mais fermement.Damien ne se retourna pas. Il se contentait de regarder vers le jardin que commençait à envelopper l’obscurité de la nuit. « Tu n’as pas besoin de le savoir. Transmets simplement mon message à Céleste. »Amélia s’avança vers lui ; elle n’avait pas peur, même si elle avait la chair de poule. &
Après avoir parlé au téléphone, la personne rangea son portable puis s’en alla. À l’intérieur de la maison, Amélia prépara son sac avec une assurance inébranlable, même si un sentiment d’inquiétude continuait de l’envahir. Elle se mit en route vers un restaurant tranquille en périphérie de la ville, le lieu de rendez-vous choisi par Céleste pour éviter d’attirer l’attention.À son arrivée, Céleste l’attendait déjà dans un coin de la salle. Son visage semblait fatigué, ses yeux trahissaient un profond doute. En apercevant Amélia, elle esquissa un léger sourire.« Tu es là », dit-elle doucement, en lui faisant signe de s’asseoir.
« … il y a un secret que je garde depuis des années. » Amélia plia lentement la feuille, puis la rangea soigneusement dans le tiroir de son bureau. Elle n’avait parlé à personne de son projet. Ni à Nicolas, ni à Juliette, ni à personne d’autre. Elle savait bien que ce conflit ne se réglerait pas uniquement par des preuves ou des débats devant les tribunaux. Derrière tout cela se cachaient une haine profonde et des motivations cachées, qu’une seule personne pouvait expliquer directement.Cet après-midi-là, elle chercha un endroit calme, prit une grande inspiration, puis composa le numéro de téléphone de Léa. Cette femme était celle qui avait toujours aidé Damien et le seul lien dont elle disposait. Lorsque la voix de Léa retentit &ag
« … que Nicolas m’a volé ce qui m’appartenait depuis le début. » Damien s’arrêta face à Amélia, le regard perçant, mais ses yeux trahissaient une blessure longtemps cachée. Il ne criait pas, ne laissait transparaître aucune colère explosive. Au contraire, c’était son calme qui semblait bien plus effrayant.Amélia le regarda fixement, s’efforçant de comprendre le sens de ces mots. « Que veux-tu dire ? Qu’est-ce qui t’a été volé ? »Damien se retourna et se dirigea lentement vers la grande fenêtre, le regard tourné vers le jardin désert. « Nous étions trois : moi, Céleste et Nicolas. Nous nous trouvions au même endroit il y a des années,
« … que tu n’es pas son père biologique. » Ces mots, prononcés à voix basse mais d’un effet dévastateur, restèrent suspendus dans l’air comme un fardeau insurmontable. Nicolas se raidit, le téléphone portable manquant de lui échapper des mains. Amélia remarqua le changement sur son visage, s’approcha aussitôt et lui prit la main, glacée.« Qu’est-ce qu’il a dit ? » demanda-t-elle doucement, inquiète. « Nicolas, dis-moi. »Il déglutit, la voix tremblante. « Laurent a dit… qu’il existait un document attestant que je ne suis pas le père biologique de Luis. Et ce document a été rédigé par sa propre mère avant la naissance de Luis. »Amélia recula d’un pas, le visage soudainement pâle. « Ce n’est pas vrai. C’est impossible. Je n’ai jamais écrit une chose pareille. »« Damien
« … quelqu’un en qui tu as confiance pour veiller sur ta famille pendant ton absence. » La communication fut coupée net. Nicolas fixa son téléphone, le souffle coupé. Il n’attendit pas une seconde, fit demi-tour et courut vers sa voiture, démarra le moteur d’une main tremblante, puis fonça aussi vite que possible vers Saint-Vernier. Ses pensées s’embrouillaient : qui était à la maison ? Juliette ? Victor ? Ou quelqu’un qu’ils avaient considéré comme sûr depuis le début ?À la maison, Amélia était en train de ranger les jouets de Luis dans le salon lorsqu’elle entendit frapper à la porte. Doucement, mais fermement. Elle ouvrit et resta bouche bée : la personne qui se tenait là, elle la connaissait bien, c’&eacut







