登入Amélia fixa l'écran de son téléphone pendant quelques secondes avant de finalement répondre à l'appel.
« Allô », dit-elle doucement, en s'efforçant de paraître détendue.
« Amélia », l'interpella Nicolas d'une voix rauque, comme s'il retenait tout ce qu'il avait envie de dir
Amélia relut deux fois le titre de l’article, debout au milieu de la rue pavée de Saint-Vernier, où la lumière tamisée des réverbères éclairait l’écran du portable de Nicolas.« Rémi Aubert. » Amélia prononça ce nom à voix basse. « Il l’a publié ce soir. »« Plus vite que je ne le pensais. » Nicolas fit défiler l’article vers le bas, le parcourant rapidement. « Il utilise les preuves trouvées sur la clé USB de Céleste. »« Et des témoignages d’autres personnes, apparemment. » Amélia lut une partie du contenu de l’article. « Trois villes. Saint-Vernier n’est pas la seule. »Ils restèrent là quelques secondes, côte à côte sans être vraiment côte à côte, deux personnes partageant les mêmes informations mais se situant de part et d’autre d’une longue histoire.« Comment va Céleste en ce moment ? » demanda finalement Amélia, en reprenant son chemin vers l’appartement.« Je n’ai pas réussi à la joindre depuis tout à l’heure. » Nicolas la suivit, rangeant son téléphone dans sa poche. « Elle
Amélia fixa Nicolas pendant quelques secondes après que ces mots eurent franchi ses lèvres.« Tu refuses ses conditions. » Elle répéta cette phrase à voix basse, non pas sous forme de question, mais plutôt comme quelqu’un qui s’assure de ne pas avoir mal entendu. « Cela signifie que Valmont Global en subira les conséquences. »« Oui. » Nicolas resta immobile sur sa chaise. « Je le sais. »« Pourquoi ? » Amélia posa son téléphone sur la table et le regarda droit dans les yeux. « Valmont Global est déjà au bord de la faillite. Pourquoi prendre ce risque ? »Nicolas fixa brièvement sa table avant de relever la tête. « Pour faire ce que j’aurais dû faire dès le début. »Un silence s’installa un instant. Dehors, le vent nocturne de Saint-Vernier soufflait doucement, faisant bouger les rideaux à demi ouverts.« Je ne comprends pas ce que tu veux dire, Nicolas », dit Amélia d’une voix neutre mais pas brusque.Nicolas prit une inspiration. « Laisse-moi t’expliquer plus clairement. » Il joigni
Amélia regarda cette photo plus longtemps qu’elle n’aurait dû.Nicolas et Édouard Devereux, devant le siège social de Devereux Capital à Montelune. La photo avait été prise de loin, mais elle était suffisamment nette pour permettre d’identifier les deux hommes.« Juliette. » Amélia appela sa meilleure amie sans quitter l’écran des yeux. « Regarde ça. »Juliette s’approcha, lut la légende, et son visage changea aussitôt. « Nicolas au siège de Devereux ? Pour quelle raison ? »« C’est justement ce que je voudrais savoir. » Amélia envoya un message à Rémi Aubert. « Quand
Amélia relut le message deux fois, puis le montra à Juliette.« Un journaliste de la Montelune Tribune. » Juliette le lut, les sourcils levés. « Ça peut être un très bon coup de chance ou un très mauvais piège. »« Ou les deux. » Amélia rangea son téléphone dans sa poche, serrant la clé USB plus fort dans sa main. « Mais allons d’abord voir Maître Fontaine. Ce n’est qu’après que je me déciderai au sujet de ce journaliste. »Maître Fontaine fixa la clé USB posée sur son bureau, son expression passant du scepticisme à la gravité en moins d’une minute après qu’Amélia eut expliqué son contenu.« Ça vient de Céleste Devereux elle-même ? » demanda-t-il, pour s’en assurer.« Oui. » Amélia acquiesça. « C’est elle qui l’a trouvé dans les documents internes de l’entreprise de son père. »« Si le contenu correspond à ce que vous m’avez dit, » dit Maître Fontaine en tapotant doucement la table, « cela ne suffira pas seulement à rejeter la demande de Devereux lors de la réunion du conseil d’admini
Amélia relut deux fois le message de Céleste, debout devant le cabinet de Maître Fontaine, le visage caressé par la brise matinale de Saint-Vernier.Ses doigts se mirent à taper une réponse. « Que dois-je savoir ? »La réponse arriva en quelques secondes, comme si Céleste l’attendait déjà. « Pas par message. On peut se voir ? Je suis à Saint-Vernier en ce moment. »Amélia fixa l’écran un instant, puis tapa : « Le Petit Matin. Dans une heure. »Céleste était déjà assise à la table du coin quand Amélia arriva. Elle portait, comme à son habitude, un tailleur crème à la fois ch
Amélia relut deux fois le message de Monsieur Arnaud, puis posa son téléphone sur la couverture.Luis dormait encore dans son berceau, sa respiration était légère et régulière. Amélia regarda son bébé un instant, puis reporta son regard sur l’écran de son téléphone. Cela ne faisait qu’une semaine qu’elle était maman, et déjà ce nom réapparaissait. Devereux.Elle tapa une réponse à Monsieur Arnaud. « Que voulez-vous dire, Monsieur ? Le café appartient officiellement à Juliette et moi. Que peuvent-ils bien faire ? »La réponse ne se fit pas attendre. « Ils ne s’en prennent pas au café, Amélia. Ils s’en prennent au terrain. Il existe une ancienne clause dans le titre de propriété de cette rue qui permet à la mairie de racheter le terrain si un gros investisseur dépose une demande de permis de construire. Devereux Capital a déposé cette demande il y a trois jours. »Amélia prit une profonde inspiration, posa son téléphone et ferma les yeux un instant.Le lendemain matin, Juliette était as







