LOGINPersonne ne parlait.La phrase était toujours affichée sur l'écran.« Le sixième héritier est déjà né. »Je fixais Nathan.Il avait reculé de plusieurs pas. Son visage, d'habitude si calme, était devenu complètement fermé.Adrian fut le premier à briser le silence.— Nathan...Nathan ne répondit pas.Alexandre s'avança vers lui.— Tu savais.Nathan baissa les yeux.— Oui.Un lourd silence retomba dans la pièce.Je sentis mon cœur accélérer.— Depuis quand ?Nathan releva lentement la tête et me regarda.— Depuis le jour de ta naissance.Je restai figée.— Ma naissance ?Il hocha doucement la tête.— Oui.Thomas s'approcha.— Alors explique-nous.Nathan jeta un coup d'œil à l'écran avant de répondre.— Victor m'avait confié une mission.Adrian fronça les sourcils.— Laquelle ?Nathan prit une profonde inspiration.— Protéger le sixième héritier.Alexandre croisa les bras.— Mais tu viens de nous dire qu'il est déjà né.— Il l'était.— Où ?Nathan ne répondit pas.Adrian serra les poing
Je n'arrivais plus à bouger.Ce nom résonnait encore dans ma tête.Victor.Derrière cette porte, quelqu'un venait de prononcer le nom de l'homme que tout le monde croyait mort.Adrian fixait la porte sans cligner des yeux. Il semblait attendre qu'elle s'ouvre toute seule, comme si son esprit refusait encore d'accepter ce qu'il venait d'entendre.— Papa...Sa voix se brisa sur le dernier mot.Antoine recula.— Ne l'écoute pas.Adrian se retourna brusquement.— Pourquoi ?— Parce que ce n'est pas Victor.Un silence glacial nous enveloppa.Adrian serra les poings.— Tu viens de nous dire qu'il était mort.— Il l'est.— Alors pourquoi sa voix vient-elle de cette porte ?Antoine resta muet.Alexandre leva son arme et la pointa directement sur lui.— Cette fois, tu vas parler.Antoine regarda le canon sans bouger.— Si vous ouvrez cette porte, vous allez libérer quelque chose que vous ne pourrez plus arrêter.Alexandre eut un rire bref, sans aucune joie.— Tu nous as déjà sorti cette histoi
Le sol trembla encore.Cette fois, la secousse fut plus forte.Je m'agrippai au bras d'Adrian sans réfléchir.— Qu'est-ce qui se passe ?Il passa aussitôt un bras autour de moi pour me retenir.— Je ne sais pas.Un grondement profond monta sous nos pieds.Les murs vibrèrent.Quelques grains de poussière se détachèrent du plafond et tombèrent sur nos épaules.Thomas recula de plusieurs pas.— Tout le bâtiment bouge !Nathan secoua lentement la tête.Son regard restait fixé au sol.— Ce n'est pas le bâtiment.Thomas se tourna vers lui.— Alors quoi ?Nathan désigna les dalles.— Quelque chose vient de se réveiller.Un frisson me parcourut.Je regardai Antoine.Il était devenu livide.Adrian le remarqua lui aussi.Il se tourna vers lui.— Cette fois, tu vas nous dire la vérité.Antoine ne répondit pas.Adrian fit un pas vers lui.— Qui est sous cette maison ?Toujours rien.Le silence d'Antoine finit par mettre Adrian hors de lui.— Tu viens de prononcer le nom de mon père.Antoine relev
Les portes venaient de se fermer. Le bruit du métal résonna dans toute la pièce. Clac. Puis un second verrou se mit en place. Clac. Mon cœur fit un bond. Je reculai sans même y penser, mais Adrian posa aussitôt ses mains sur mes épaules pour m'empêcher de bouger. — Ne bouge pas. Je levai les yeux vers lui. — Elles sont verrouillées. — Je sais. Thomas se précipita vers la porte. Il attrapa la poignée et tira de toutes ses forces. Rien. Il recommença. Toujours rien. — Elle ne s'ouvre pas. Alexandre s'avança. — Laisse-moi essayer. Thomas s'écarta. Alexandre empoigna la poignée à son tour et tira brutalement dessus. La porte ne bougea même pas. Il finit par lâcher prise. — C'est impossible... Sa voix avait perdu son assurance habituelle. Nathan, lui, ne regardait même pas la porte. Ses yeux parcouraient les symboles gravés sur les murs. — Ce n'est pas une serrure ordinaire. Je déglutis. — Alors c'est quoi ? Il prit quelques secondes avant de répondre. — Le s
La phrase resta affichée devant nous.« Choisissez lequel des deux frères doit mourir. »Personne ne bougea.Je fixais ces quelques mots rouges, incapable de détourner les yeux. Ils me donnaient froid jusque dans les doigts.Adrian fut le premier à réagir.Il fit un pas vers le panneau.— Non.Sa voix était calme.Trop calme.Thomas se précipita vers les commandes.— Je peux peut-être arrêter le programme.— Fais-le.Thomas se mit aussitôt à manipuler les touches.Une seconde passa.Puis deux.Rien.Il recommença, plus rapidement.Toujours rien.— Ça ne répond pas.Alexandre s’approcha.— Laisse-moi essayer.— Non.Thomas secoua la tête.— Ce système fonctionne avec leurs marqueurs. Si je force l’arrêt, je risque de déclencher autre chose.Alexandre serra les dents.— Alors trouve une autre solution.— J’essaie !La voix de Thomas trembla.Le compte à rebours continuait.07:02Puis :07:01Je regardai Adrian.Il ne quittait plus Alexandre des yeux.Son frère lui rendait le même regard
09:58 Les chiffres rouges continuaient de défiler sur le panneau. Personne ne disait un mot. Même Antoine, d’habitude si sûr de lui, semblait avoir oublié de respirer. Je regardai Adrian. Il tenait toujours ma main. Sa paume était chaude et ferme, mais ses doigts tremblaient légèrement. — Adrian… Il tourna aussitôt la tête vers moi. — Je suis là. Sa voix était basse, comme s’il voulait surtout m’empêcher de paniquer. — Qu’est-ce qui va se passer ? Il secoua doucement la tête. — Je ne sais pas. Puis il posa sa main sur mon ventre. — Mais quoi qu’il arrive, je ne te laisserai pas seule. Je baissai les yeux. À cet instant, notre bébé bougea. Un petit mouvement. Puis un autre. Adrian le sentit sous sa paume et son expression changea immédiatement. Toute la tension de son visage sembla disparaître pendant quelques secondes. — Il a bougé. Un sourire me vint malgré la peur. — Oui. Pendant un court instant, j’oubliai presque tout. Antoine. Les secrets. Le compte à







