เข้าสู่ระบบLe milliardaire qui ne voulait plus me laisser partir Lénaïs accepte de jouer le rôle de la fiancée de Damon pendant six mois. Son objectif : obtenir assez d'argent pour sauver sa famille. Le sien : empêcher sa famille de lui imposer une véritable épouse. Tout est censé être faux. Les baisers. Les dîners. Les apparitions publiques. Même leur chambre commune. Mais Damon commence à devenir jaloux. Protecteur. Possessif. Puis un soir, Lénaïs découvre qu'il a secrètement annulé leur contrat. Il ne veut plus qu'elle parte. Parce que pour lui, leur faux mariage est devenu le seul mariage qu'il désire réellement.
ดูเพิ่มเติมChapitre 1
Lénaïs
Je rentre à dix-neuf heures, les pieds en feu, la tête pleine de copies à corriger. La maison est silencieuse. Trop silencieuse. Pas la radio de maman. Pas le rap de Noé à l’étage. Juste un souffle rauque, dans la cuisine.
— Maman ?
Elle est assise à la table, les mains autour d’une tasse vide. Ses yeux sont rouges. Sur la nappe, une lettre. Papier épais, en-tête bleu marine, mots qui ne pardonnent pas.
— Qu’est-ce que c’est ?
Elle ne répond pas. Elle pousse la feuille vers moi. Je lis. Je relis. Les mots dansent. Dette. Échéance. Saisie. Trente jours.
— Non.
— Lénaïs…
— Non. C’est une erreur. Papa est mort il y a trois ans. Il n’a pas pu…
— Il a emprunté. Avant. Pour la maison. Pour nous. Il pensait rembourser.
— Et tu le savais ?
— Non. Pas tout. Pas ça.
Sa voix se brise. Je la déteste, une seconde. Puis je me déteste encore plus.
Noé apparaît dans l’embrasure. Il a seize ans, mais ce soir, il en paraît douze.
— Qu’est-ce qui se passe ?
— Rien.
— Arrête. J’entends tout depuis ma chambre. On perd la maison ?
Ma mère ferme les yeux. C’est sa façon de dire oui.
— On ne perdra rien, dis-je.
Noé me regarde. Il veut y croire. Moi aussi. Mais la peur me laboure déjà le ventre.
— Avec quoi on paie ? demande-t-il. On n’a pas d’argent. Même pas de quoi tenir un mois.
— Je trouverai.
— Tu trouveras quoi ? Un miracle ?
— Je trouverai.
Je répète ces mots comme une incantation. Ma mère se lève, s’approche, pose sa main sur mon bras. Sa peau est glacée.
— Je suis désolée. Je voulais te protéger.
— En me mentant ?
— Oui. C’était stupide. Je pensais pouvoir négocier. Gagner du temps.
— Deux mois ? Tu savais depuis deux mois ?
Elle ne répond pas. La trahison me monte à la gorge. Je voudrais crier. Je voudrais tout casser. Mais Noé est là. Alors je ravale. Je ravale tout.
— On va trouver une solution. Ensemble. Je te le promets.
Ma voix ne tremble pas. C’est un mensonge de plus. Un mensonge pour les sauver.
Noé hoche la tête. Ma mère m’embrasse le front. Je les laisse croire que je suis forte. Je les laisse croire que je peux porter cette maison sur mes épaules.
Puis je monte dans ma chambre. Je ferme la porte. Je m’adosse au bois. Et là, seule, je m’effondre.
La peur m’écrase. Elle m’arrache des sanglots que j’étouffe dans mes mains. Je pense à maman jetée dehors. À Noé qui abandonne le lycée. À nos photos, nos rires, nos Noëls, tout vendu à la criée. Cette maison, c’est tout ce qui reste de papa. Les murs portent encore sa voix. Le jardin, ses mains. La cuisine, son café du dimanche.
Je ne peux pas les laisser prendre ça.
Je reste au sol, longtemps. Puis une idée s’insinue. D’abord floue. Honteuse. Inacceptable. Un arrangement. Un homme. De l’argent. Mon nom. Mon temps. Peut-être pire.
Je me relève. Je marche jusqu’au miroir. Mon reflet me renvoie une fille que je ne reconnais pas. Les yeux rouges. La mâchoire serrée. Une fille prête à tout.
— Je trouverai, murmurai-je.
Mais au fond, je sais déjà. La solution ne sera pas propre. Elle ne sera pas noble. Elle sera humiliante. Et je devrai l’accepter.
Je ferme les yeux. Je revois le visage de ma mère. J’entends la voix de Noé. Je pense à cette maison, à ces murs, à tout ce qu’ils ont survécu.
Alors je prends une grande inspiration. Je rouvre les yeux. Mon reflet ne tremble plus.
— Je le ferai.
Ma voix est basse, presque étrangère. Mais elle ne se casse pas.
— Même si je dois me vendre.
Le silence, autour de moi, devient assourdissant. Et quelque part, dans cette nuit, je sens que ma vie vient de basculer pour de bon.
Chapitre 8LénaïsLa nouvelle arrive sans prévenir. Un courrier. Une lettre recommandée que ma mère ouvre dans la cuisine, les doigts tremblants. Je la vois pâlir. Je la vois s’asseoir. Je la vois fixer le mur.— Maman ?Elle ne répond pas. Elle me tend la feuille. Je lis. Les mots dansent. Saisie. Avancée. Beaucoup plus tôt que prévu. Quelques jours. Pas plus.— Non.— Si.— Ils n’ont pas le droit.— Ils ont le droit. Ton père a signé. Des clauses. Personne ne les avait lues.Je m’adosse à la table. Mes jambes flageolent. Quelques jours. La maison. Nos murs. Nos souvenirs. Tout. Bientôt. Trop tôt.— On va trouver une solution.Ma voix est faible. Elle ne convainc personne. Pas même moi.Ma mère lève les yeux. Elle a ce regard que je déteste. Ce regard de noyée.— Arrête, Lénaïs. Arrête de dire ça. Tu le dis depuis des semaines. Et regarde où on en est.— Maman…— Non. Écoute-moi. Je suis ta mère. C’est moi qui devrais te protéger. Pas l’inverse. Et je suis là, à attendre que ma fille
Chapitre 7LénaïsJe raccroche. Le téléphone glisse de ma main. Je viens de refuser. Pour de bon. J'ai dit non.Je reste immobile, au milieu de ma chambre. Les murs sont trop proches. L'air est trop lourd. Je devrais me sentir soulagée. Je me sens vide.Je m'assois sur le bord du lit. Je regarde mes mains. Elles tremblent. Je les serre. Je respire.— Je ne suis pas une femme qu'on paie pour jouer un rôle amoureux.Je le dis à voix haute. Pour m'en convaincre. Pour ancrer le refus. Mais ma voix est faible. Elle résonne dans le silence. Et le silence me répond.Les heures passent. Je tourne en rond. Je bois un thé que je ne finis pas. Je regarde par la fenêtre. Les gens passent. Ils ne savent pas. Ils ne savent rien de ma guerre.Vers seize heures, on frappe à la porte. Je sursaute. Ma mère n'est pas là. Noé non plus. J'ouvre.Un homme en costume. Sérieux. Une enveloppe à la main.— Mademoiselle Moreau ?— Oui.— Un recommandé pour votre mère.Je signe. Je prends l'enveloppe. Papier épa
Chapitre 6LénaïsLe téléphone sonne à vingt-deux heures. Un numéro inconnu. Je réponds, la voix basse, la gorge serrée.— Mademoiselle Moreau ?— Oui.— Je vous appelle au sujet d’une proposition. Vous avez été recommandée.— Recommandée ? Par qui ?— Peu importe. Ce qui compte, c’est ce qu’on vous offre.L’homme parle vite, sans émotion. Il ne dit pas son nom. Il ne dit pas le nom de l’autre non plus. Juste « un milliardaire ».— Il cherche une femme. Pour jouer le rôle de sa fiancée. Six mois. En échange, une somme considérable. Assez pour effacer toutes vos dettes. Assez pour sauver votre maison.Le mot « maison » me frappe en pleine poitrine. Je m’adosse au mur. Mes jambes tremblent.— Vous voulez que je sois sa fiancée ?— Fausse fiancée. Un contrat. Des apparitions. Des dîners. Rien de plus.— Rien de plus ?— Rien d’intime. Un rôle. C’est tout.Je ris. Un rire sec, amer.— Un rôle. Vous appelez ça un rôle ?— Oui.— Et lui, il paie combien ?Il me le dit. Le chiffre tombe dans
Chapitre 5MayaJe la vois avant même qu'elle ne s'assoie. Lénaïs a cette façon de marcher, les épaules légèrement voûtées, comme si elle portait un poids invisible. Elle sourit, mais le sourire ne monte pas jusqu'aux yeux. Cela fait des semaines que je le remarque. Elle dit que tout va bien. Elle ment.— Tu veux un autre café ?— Non, ça va.— Tu n'as rien mangé.— Je n'ai pas faim.Je pose ma main sur la sienne. Sa peau est froide.— Lénaïs. Arrête.— Arrête quoi ?— De faire semblant. Je te connais depuis dix ans. Tu peux me parler.Elle détourne le regard. Le café est presque vide. Une lumière pâle tombe des baies vitrées. Dehors, les gens courent, indifférents.— C'est la maison, hein ?Elle ne répond pas. Mais ses yeux se remplissent de larmes. Elle les ravale. Elle est forte. Trop forte.— Je trouverai une solution, dit-elle enfin.— Avec quoi ? Tu as frappé à toutes les portes.— Je trouverai.— Lénaïs…— Je ne veux pas me plaindre. Je ne veux pas être un poids.— Tu n'es pas


















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