INICIAR SESIÓNLa salle des assises du Palais de Justice suffoquait sous la chaleur et l’attente. Quand la grande porte en chêne s’ouvrit pour laisser entrer Inès à la barre des témoins, un silence religieux s’abattit sur l’audience.Marchant d’un pas lent, s’appuyant sur une canne pour soutenir sa chair encore convalescente, la jeune femme portait sur son visage les stigmates de la nuit de Crozon. Le silence se fit si profond qu’on entendait le frottement de ses pas sur le parquet ancien.Elle refusa le siège qu’on lui proposait. Debout face au président et au jury, Inès posa sa main sur le pupitre. Ses yeux, clairs et lucides, ne quittèrent pas ceux des jurés.— L’accusation vous parle de justice privée et de vengeance, commença Inès, sa voix tremblante d’émotion mais portée par une conviction inébranlable. On vous montre des images de violence, des douilles au sol, des rapports d’experts. Mais personne dans cette salle ne sait ce que c’est que d’être chassée comme une bête pendant des années par
Le Palais de Justice de Paris n’avait pas connu une telle effervescence depuis des décennies. Entourée d’un cordon de sécurité maximal, la salle des assises crépitait sous la pression des médias internationaux. Au centre du box des accusés, derrière la vitre blindée, Nina se tenait droite. Vêtue d’un tailleur sombre, le visage émacié mais le regard souverain, elle portait sur ses épaules le poids des derniers mois de terreur.Sur le banc de la défense, l’avocat le plus redouté de la capitale feuilletait les pièces d’un dossier monumental. À ses côtés, Inès — encore convalescente mais tirée d’affaire grâce aux soins d’urgence — et Elias suivaient chaque seconde du débats avec une tension palpable.Pendant trois jours, le procès avait pris une tournure dramatique. La défense avait méthodiquement exposé l’enfer méthodique orchestré par le clan De Villiers : la corruption, les tentatives d’assassinat, la séquestration et l’évasion sanglante d’Adrian.Mais l’accusation ne cédait rien.L’av
La détonation résonnait encore sous les voûtes de pierre du hall de Crozon, laissant une odeur âcre de poudre et de sang dans l’air saturé de pluie.Sur les marches du grand escalier, le corps sans vie d’Adrian de Villiers gémissait dans un dernier spasme réflexe avant de s’immobiliser définitivement. Les yeux grands ouverts fixaient le vide, libérés de la folie qui les avait animés pendant si longtemps. Le cauchemar qui avait détruit des vies, brisé des familles et coûté tant de sang venait de prendre fin dans une obscurité totale.Mais Nina n’avait pas le temps de savourer cette victoire.À genoux sur le marbre maculé, elle comprimait de toutes ses forces la plaie béante d’Inès, dont le visage devenait d’une pâleur effrayante. Elias, agenouillé en face d’elle, posa ses bandes hémostatiques sur les chairs d’Inès, injectant une dose d’urgence pour stabiliser sa tension tout en posant sa main sur le bras tremblant de Nina.— Elle va tenir, Nina, répétait Elias d’une voix rauque pour la
Soudain, une ombre bondit du couloir adjacent.— Touche pas à ma sœur !Inès se jeta de toute sa masse sur le côté d’Adrian. L’impact déstabilisa le colosse au moment exact où la lame s’enfonçait. Le couteau devia de sa trajectoire initialement mortelle, mais dans la violence du choc et le chaos de la lutte dans le noir, une détonation étouffée et un craquement d’acier retentirent.Un cri d’une douleur aiguë et déchirante fendit la pénombre du hall.Inès s’était interposée corps et âme entre le poignard et sa sœur, bloquant la frappe finale, mais la lame d’Adrian venait de s’enfoncer profondément dans son abdomen.***Le temps sembla se figer dans l’obscurité du hall. Le cri d’Inès s’éteignit dans un râle étouffé, étouffé par le bruit de la pluie qui martelait les vitraux.En voyant le corps de sa sœur s’effondrer sur le marbre glacial, une flaque sombre s’étendant à une vitesse terrifiante autour de son abdomen, quelque chose se brisa définitivement en Nina. Ce ne fut pas la terreur
Au même moment, un bruit de verre brisé retentit au premier étage, suivi du choc lourd d’une porte blindée arrachée de ses gonds. Adrian n’avait pas envoyé un commando de mercenaires pour faire le travail à sa place. Il avait guidé l’assaut en personne. Nina s’élança dans le grand escalier en marbre de la résidence, guidée par la seule lueur de la lune qui traversait la baie vitrée du hall principal. Soudain, une silhouette massive se découpa au sommet des marches, un fusil tactique à la main, dégoulinant d’eau de mer et la tenue de combat déchirée. Adrian s’arrêta à deux mètres de Nina. Son visage ensanglanté par la traversée, illuminé d’un sourire d’une folie pure, se pencha vers elle dans la pénombre de son propre salon. — Tu pensais être chez toi, Nina ? chuchota Adrian, sa voix résonnant comme un écho funèbre dans la maison silencieuse. Je t’avais promis que je viendrais. Je suis là. *** L’obscurité dans le hall de la propriété de Crozon était totale, seulement brisée par le
Dans l’obscurité de la cellule, la porte blindée au magnétisme neutralisé s’ouvrit sans le moindre bruit. Un gardien infiltré, payé à hauteur de plusieurs millions d’euros par le compte dormant d’Adrian, lui tendit un uniforme d’intervention et une arme munie d’un silencieux.Sans prononcer un mot, Adrian exécuta son complice d’une balle dans la tête pour ne laisser aucun témoin, enfila la tenue tactique et s’enfonça dans les couloirs de service.Au lever du jour, lorsque le chef de détention s’avança pour la fouille matinale, la cellule zéro était vide.Sur le lit de camp, le faux corps fait de couvertures roulées ne trompait plus personne. Et sur le mur en béton gris, tracé avec le sang du gardien abattu, Adrian avait laissé un dernier mot avant de s’évanouir à bord d’un sous-marin privé qui l’attendait au large des côtes :La partie n’est jamais finie, Nina.***La confirmation de la trahison du pôle de sécurité de Salé se propagea sur les réseaux d’alerte internationale avant même







