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Chapitre 2 — Dans quel monde ?

Penulis: Déesse
last update Terakhir Diperbarui: 2025-08-13 00:51:07

SÉLIA

Le silence qui suit l’ordre du roi est pire que le bruit des lames.

Les soldats m’encerclent comme des chiens autour d’une proie. L’air pèse, saturé d’odeurs de métal chauffé et de sueur. Un geste de sa main, et on me tire hors de la salle, sans un mot.

Le couloir semble interminable. Les torches crépitent, projetant sur les murs des ombres qui s’étirent comme des mains prêtes à m’attraper. Les pierres suintent d’humidité, glissant sous mes pieds nus. Derrière moi, les murmures fusent des voix graves qui pensent que je n’entends pas.

— Elle n’est pas d’ici…

— Regarde ses jambes…

— Le roi a peut-être raison… une sorcière… mais quelle sorcière…

Je les sens me dévorer du regard dans mon dos. Un mélange de méfiance et d’appétit. Cette chaleur poisseuse qui monte sur ma peau, je la connais trop bien. Elle est la même que dans les loges, quand les hommes pensent avoir acheté plus qu’un spectacle.

Sauf qu’ici, il n’y a pas de vigile pour me raccompagner par la porte de service.

LE ROI

Elle ne marche pas… elle glisse.

Chaque pas semble calculé pour faire parler la lumière sur ses formes. Même prisonnière, même pieds nus, elle avance comme une reine déchue qui n’a pas conscience d’avoir perdu sa couronne.

Son odeur me parvient encore , un parfum étrange, sucré et sensuel, qui n’appartient à aucune fleur de mes jardins. Et cette robe… ce tissu sombre brodé d’éclats argentés qui accroche la flamme des torches… Personne ici ne s’habille ainsi. Les femmes de Valcoris cachent ce que leurs maris possèdent. Elle, elle expose chaque courbe comme une promesse… ou une menace.

Je sais que je devrais détourner les yeux. J’ai appris à ne pas laisser mes désirs guider mes décisions. Mais il y a dans la cambrure de ses reins, dans la lente oscillation de ses hanches, quelque chose qui me tire irrésistiblement.

Une chaleur lourde s’insinue dans mon ventre. Ma main se crispe sur l’accoudoir du trône.

Elle disparaît dans le couloir, mais son image reste gravée en moi comme une brûlure au fer rouge.

SÉLIA

On descend un escalier en colimaçon, taillé à même la pierre, avant d’arriver devant une lourde grille.

L’odeur de moisissure m’assaille. Des gémissements, des raclements de chaînes… et des regards, partout. Des yeux qui brillent dans l’ombre.

Quand on m’y pousse, les conversations cessent net.

Je sens les prisonniers se lever, avancer jusqu’aux barreaux de leurs cellules. Certains sourient, d’autres ne cachent pas leur faim. Des mains calleuses s’agrippent au métal, des doigts suivent mes courbes comme s’ils pouvaient me toucher rien qu’en me fixant.

— Regarde-moi ça… souffle un homme à demi-voix.

— Trop propre pour rester ici longtemps… ricane un autre.

Je relève le menton. Peu importe que mon cœur cogne comme un tambour dans ma poitrine, je ne leur donnerai pas le plaisir de me voir me recroqueviller.

LE ROI

Du balcon de pierre qui surplombe les cachots, je peux la voir.

Elle ne sait pas que je suis là, mais je la suis du regard, incapable de m’en empêcher. Les torches lèchent la courbe de ses épaules nues, la lumière danse sur ses jambes fuselées. Même au milieu des chaînes et de la crasse, elle brille comme un joyau volé.

Une part de moi voudrait descendre, briser les ordres que j’ai donnés, et…

Non. Je me raidis. Je suis roi avant tout.

Mais le désir, lui, n’écoute pas la couronne.

Elle n’est pas seulement belle. Elle est dangereuse. Parce qu’en un seul regard, elle pourrait me faire oublier que je tiens un empire entre mes mains.

Je me penche vers le capitaine de ma garde.

— Ouvre l’œil. Qu’aucun homme ne la touche… pas encore.

SÉLIA

La cellule où on me jette est plus large que les autres, mais à peine. Le sol est de pierre froide, une couche de paille tassée dans un coin. Et assise là, jambes croisées, une femme me dévisage.

Elle est belle d’une beauté différente de la mienne. Peau mate, cheveux noirs tressés serré, des yeux sombres qui vous détaillent comme on jauge une arme. Sa bouche se tord dans un demi-sourire, pas amical.

Elle porte une tunique usée, mais son port de tête est aussi hautain que le mien.

— Jolie robe, dit-elle en jetant un regard à ma tenue de scène déchirée.

Sa voix est douce, mais la pointe qu’elle y met est tranchante.

Je m’assois lentement, sans rompre notre contact visuel.

— Et toi, joli accueil , dis-moi où sommes-nous ? 

Elle ricane, se penche légèrement vers moi.

— Ici, ta beauté peut être une bénédiction… ou une malédiction. Tout dépend qui décide de te garder.

Qu'est-ce ça veut dire ?

Ses yeux glissent vers la grille, où deux gardes me fixent encore, persuadés que je ne les vois pas.

Je sens que cette femme sait des choses… mais je sens aussi qu’elle ne m’aidera pas sans raison.

Et pour la première fois depuis ma chute, je comprends :

Je ne suis pas seulement perdue.

Je suis devenue… une proie et dans quel monde suis-je ? 

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