Se connecterIl ouvre les yeux, il me regarde, il me regarde avec ses yeux qui sont les miens, qui sont ceux de nos enfants, qui sont ceux de Viviane, qui sont ceux de cette famille qu'on construit, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, et il me dit, d'une voix qui n'est plus qu'un souffle, d'une voix qui dit tout ce qu'il n'a pas dit, tout ce qu'il a gardé pour lui, tout ce qu'il a porté seul, depuis six ans, depuis cette nuit où il m'a rencontrée, où il m'a aimée, où je suis partie, où il a cherché, où il a trouvé, où il attend, où il attendra toujours :— Je suis là, Élianor, je suis là, je ne partirai pas, je ne fuirai pas, je ne t'abandonnerai pas, je ne t'oublierai pas, je serai là, toujours là, pour toi, pour les enfants, pour Matha, pour Liora, pour Vi
Je la serre dans mes bras, je la serre comme on serre ce qu'on a de plus précieux, ce qu'on a de plus cher, ce qu'on a de plus vrai, ce qu'on a de plus vivant, et je pleure, je pleure toutes les larmes que je n'ai pas pleurées, toutes les larmes que j'ai retenues, toutes les larmes que j'ai gardées pour moi, pour mes peurs, mes doutes, mes colères, mes vengeances, mes mensonges, mes secrets, mes crimes, et je me dis que je les protégerai, quoi qu'il arrive, quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, quoi qu'on choisisse, je les protégerai, mes enfants, ma vie, mon cœur, mon âme, tout ce que j'ai, tout ce que je suis, tout ce que je serai, je les protégerai, même si je dois tout perdre, tout donner, tout sacrifier, tout vendre, tout trahir, tout abandonner, tout laisser, tout oublier, tout, tout, tout.ÉlianorLa nuit est tombée depuis longtemps, la maison est silencieus
Je m'appuie contre lui, je ferme les yeux, je respire, je respire son odeur, sa chaleur, sa présence, je respire cette protection qu'il m'offre, qu'il nous offre, qu'il nous donne, sans rien demander en retour, sans rien attendre, sans rien exiger, sauf que je sois là, sauf que je reste, sauf que je l'aime, sauf que je dise oui, oui, oui, et je me dis que peut-être, peut-être que c'est le moment, peut-être que c'est l'instant, peut-être que c'est maintenant, maintenant que tout est en danger, maintenant que tout peut être perdu, maintenant que tout peut être détruit, maintenant que j'ai plus que jamais besoin de lui, de son amour, de sa présence, de sa protection, de sa force, de son courage, de sa foi, de son espérance, de tout ce qu'il est, tout ce qu'il donne, tout ce qu'il m'offre, depuis six ans, depuis cette nuit où il m'a rencontrée, où il m'a aimée, où je s
Elle me regarde, elle me regarde avec ses grands yeux qui sont les miens, qui sont ceux de Marcus, qui sont ceux de Viviane, et elle me sourit, elle me sourit de ce sourire qui dit qu'elle me croit, qu'elle me fait confiance, qu'elle sait que je ne mentirai jamais, que je ne la laisserai jamais tomber, que je ne l'abandonnerai jamais, que je serai toujours là, quoi qu'il arrive, quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, quoi qu'on choisisse, et elle me dit, d'une voix qui n'est plus qu'un souffle, d'une voix qui dit tout ce qu'elle n'a pas dit, tout ce qu'elle a gardé pour elle, tout ce qu'elle a porté seule, depuis qu'elle est née, depuis qu'elle a ouvert les yeux, depuis qu'elle a su qu'elle avait une mère qui l'aimait, qui l'aimerait toujours, quoi qu'il arrive, quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle dise, quoi qu'elle choisisse :— Je t'aime, maman, je t'aime, je t'aime, je t'aime.Je la serre, je la serre contre moi, je la
ÉlianorJe rentre chez moi après avoir passé l'après-midi avec Marcus, après avoir partagé la photo, après avoir partagé la vérité, après avoir partagé ce fardeau qu'il m'a aidée à porter, à soulever, à tenir, à ne pas laisser tomber, et je trouve l'enveloppe sur le paillasson, une enveloppe blanche, ordinaire, sans nom, sans adresse, sans rien qui puisse dire qui l'a posée là, quand, pourquoi, pour quoi, et je la prends, je l'ouvre, je sors la feuille de papier, une feuille de papier blanc, ordinaire, avec des mots imprimés, pas écrits, imprimés, pour qu'on ne puisse pas reconnaître l'écriture, pour qu'on ne puisse pas remonter jusqu'à celui qui les a tapés, jusqu'à celui qui les a pensés, jusqu'à celui qui les a voulus, jusqu'à celui qui les a envoy&eacut
Il y a un silence, un long silence, un silence qui dure une seconde, une minute, une heure, un siècle, un silence où j'entends sa respiration, sa pensée, sa décision, ce qu'il va faire, ce qu'il va décider, ce qu'il va ordonner, ce qu'il va exécuter, avec cette précision, cette minutie, cette patience qui font froid dans le dos, qui font peur, qui font honte, qui font mal, qui font tout ce qu'on peut faire quand on est Marc, quand on est l'homme qui a tout organisé, tout planifié, tout exécuté, il y a vingt ans, sur cette route, dans ce fossé, dans cette voiture, dans cette vie qu'il a volée, qu'il a prise, qu'il a enlevée, qu'il a gardée, pour lui, pour nous, pour tout ce qu'il a construit, tout ce qu'il a volé, tout ce qu'il a pris, tout ce qu'il a gardé, tout ce qu'il a aimé, tout ce qu'il a haï, tout ce qu'il a été, tout c
LIORAJe la regarde. Je nous regarde tous. Des costumes légèrement défraîchis. Des bijoux qui ont connu des jours meilleurs. Une fierté en lambeaux mais encore tenue par des épingles. Elle a raison. Nous ne sommes plus des pairs de personne.— Alors nous jouerons le rôle, dis-je froidement. Jusqu’à
Sabrina Ses doigts quittent mes cheveux et descendent le long de mon cou. Le tracé est brûlant. Ils s’arrêtent sur la pulsation folle à la base de ma gorge, s’y attardent, mesurant le tempo de ma peur et de mon excitation mêlées. Puis sa main glisse sous le drapé de ma robe, trouve mon épaule nue.
Sabrina Il le perçoit. Son rythme change. Il devient moins erratique, plus profond, plus délibéré. Mois punitif, plus investi. La main qui était agrippée à mon poignet comme un bracelet de fer se relâche, remonte le long de mon bras. Ses doigts se posent sur mon sein, l’enserrent. Son pouce, callo
LioraLa dernière voiture de police disparaît au bout de la rue, ses feux rouges emportant avec eux les derniers vestiges de leur fausse sollicitude. Je referme la porte d’un geste lent, délibéré, et le clic sourd de la serrure scelle le début d’un nouvel acte. Un son définitif. La maison est à nou







