INICIAR SESIÓNJe la regarde, je la regarde avec ses yeux qui sont les miens, qui sont ceux de Marcus, qui sont ceux de Viviane, qui sont ceux de cette famille qu'on construit, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, et je lui dis, d'une voix que je veux douce, que je veux tendre, que je veux être celle de la mère, de celle qui rassure, qui protège, qui défend, qui garde, qui sauve, une voix qui ne tremble pas, qui ne craque pas, qui ne se brise pas, une voix qui dit que tout va bien, que tout ira bien, que tout est bien, parce que je suis là, parce que Marcus est là, parce que Matha est là, parce que Liora est là, parce que nous sommes là, ensemble, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime :— Un peu, ma chérie, un peu, j'ai pleuré un peu, mais c'était des larmes de joie, des larmes de bonheur, des larmes
ÉlianorLa maison est chaude, lumineuse, accueillante, comme elle l'est toujours, comme elle l'a toujours été depuis que Matha est là, depuis que mes enfants sont là, depuis que Marcus est là, depuis que Liora est là, depuis que cette famille s'est construite, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, sans que je m'en rende compte, sans que je le veuille, sans que je l'ose, sans que je le croie, sans que je l'espère, sans que je l'aime, mais en l'aimant, parce que c'est ça, une famille, ce n'est pas le sang, ce ne sont pas les papiers, ce ne sont pas les mensonges, ce sont ceux qui restent, ceux qui tiennent, ceux qui aiment, ceux qui ne partent pas, ceux qui ne fuient pas, ceux qui ne trahissent pas, ceux qui sont là, toujours là, quoi qu'il arrive, quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, quoi qu'on choisisse.Les jumeaux sont dans l'entrée, ils m'ont vue arriver par la fenêtre, ils ont couru, ils se sont précipités, ils sont là, deva
Je le regarde, je le regarde avec ses yeux qui sont les siens, qui sont ceux de Marcus, qui sont ceux de Viviane, qui sont ceux de cette famille qu'on construit, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, et je lui dis, d'une voix que je veux douce, que je veux tendre, que je veux être celle de la mère, de celle qui rassure, qui protège, qui défend, qui garde, qui sauve, une voix qui ne tremble pas, qui ne craque pas, qui ne se brise pas, une voix qui dit que tout va bien, que tout ira bien, que tout est bien, parce que je suis là, parce que Marcus est là, parce que Matha est là, parce que Liora est là, parce que nous sommes là, ensemble, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime :— Un peu, mon chéri, un peu, j'ai pleuré un peu, mais c'était des larmes de joie, des larmes de bonheur, des larmes
ÉlianorNous rentrons à la maison, Marcus conduit, je regarde par la fenêtre, je regarde les rues, les immeubles, les gens, tout ce qui est là, tout ce qui vit, tout ce qui existe, sans savoir, sans comprendre, sans imaginer, que j'ai rencontré ma mère, ma vraie mère, celle qui m'a portée, mise au monde, tenue dans ses bras, celle qui m'a aimée, qui m'a perdue, qui m'a cherchée, qui m'a trouvée, qui m'a aimée, et que tout a changé, que tout a basculé, que tout s'est reconstruit, aimé, pardonné, sauvé, peut-être, un jour, si je veux, si je peux, si je le peux encore, après toutes ces années, après tous ces mensonges, après toutes ces peurs, après toutes ces fuites, si je veux être sa fille, si elle veut être ma mère, si on veut être une famille, si on veut se retrouver, se parler, s'aimer, vivre, enfin, après toutes ces années, après tous ces mensonges, après toutes ces peurs, après toutes ces fuites, ensemble, pour de bon, pour toujours, quoi qu'il arrive, quoi qu'on fasse, quoi qu'on
Elle s'arrête devant moi, elle me regarde, elle me regarde longtemps, très longtemps, avec ses yeux qui sont les miens, qui sont ceux de nos enfants, qui sont ceux de Viviane, qui sont ceux de cette famille qu'on construit, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, et elle me dit, d'une voix qui n'est plus qu'un souffle, d'une voix qui vient de quelque part en elle qu'elle n'avait jamais exploré, une voix d'enfant, une voix qui a peur, une voix qui a mal, une voix qui espère, une voix qui croit, une voix qui aime, une voix qui dit "c'est ma mère, Marcus, c'est ma mère, c'est Viviane, c'est celle qui m'a portée, mise au monde, tenue dans ses bras, c'est celle qui m'a aimée, qui m'a perdue, qui m'a cherchée, qui m'a trouvée, qui m'a aimée, c'est ma mère, Marcus, c'est ma mère, et je l'aime, je l'aime, je l'aime, je l'aime comme je n'ai jamais aimé personne, je l'aime comme je n'ai jamais cru pouvoir aimer, je l'aime comme je n'ai ja
Je la regarde, je la regarde et je pleure, je pleure toutes les larmes que je n'ai pas pleurées, toutes les larmes que j'ai retenues, toutes les larmes que j'ai gardées pour moi, pour mes peurs, mes doutes, mes colères, mes vengeances, mes mensonges, mes secrets, mes crimes, et je lui dis, d'une voix qui n'est plus qu'un souffle, d'une voix qui vient de quelque part en elle qu'elle n'avait jamais exploré, une voix d'enfant, une voix qui a peur, une voix qui a mal, une voix qui espère, une voix qui croit, une voix qui aime, une voix qui dit "je comprends, ma fille, je comprends, je comprends que tu n'es pas prête, que tu as besoin de temps, de temps pour te préparer, pour réfléchir, pour accepter, pour pardonner, pour aimer, je comprends, Élianor, je comprends, et je t'attendrai, je t'attendrai toujours, quoi qu'il arrive, quoi que tu fasses, quoi que tu dises, quoi que tu choisisses, je t'attendrai, parce que tu es ma fille, parce que je suis ta mère, parce que c'est ça, une mère, une







