LOGINÉlianor Le silence tombe, un silence différent, un silence qui n'est plus lourd, plus épais, plus pesant, mais léger, doux, apaisant, un silence qui dit que les mots ont été dits, que les vérités ont été révélées, que les cœurs se sont ouverts, que les âmes se sont rencontrées, que les vies se sont reconnues, que tout peut commencer, que tout peut se construire, que tout peut s'aimer, que tout peut se pardonner, que tout peut se sauver, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime. Mathis et Maxime me regardent, ils me regardent avec leurs yeux qui sont ceux de leur mère, qui sont ceux de cette famille qu'on construit, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, et je vois, je vois dans leurs yeux quelque chose qui ressemble à de la compréhension, à de l'acceptation, à de l'émerveillement, comme s'
Les adolescents me regardent, ils me regardent avec leurs yeux qui sont ceux de leur mère, qui sont ceux de cette famille qu'on construit, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, et je vois, je vois dans leurs yeux quelque chose qui ressemble à de la surprise, à de l'étonnement, à de l'interrogation, comme s'ils ne s'attendaient pas à ça, à ce que je sois juste "le voisin", à ce que je me définisse comme "le voisin", à ce que je me limite à "le voisin", alors que tout en moi crie que je suis plus, tellement plus, que ça, que ce que je dis, que ce que je montre, que ce que je crois, que tout ce que je suis, tout ce que je donne, tout ce que j'offre, depuis six ans, depuis cette nuit où j'ai rencontré Élianor, où je l'ai aimée, où elle est partie, où j'ai cherché, où j'ai trouvé, où j'attends, où j'attendrai toujours.— Le voisin, répète Maxime, comme s'il essayait de comprendre, de saisir, d'assimiler, ce que ça signifie, ce que
MarcusJe suis dans l'encadrement de la porte, je regarde la scène, je regarde ces enfants, ces adolescents, ces adultes, toute cette famille qui se rencontre, qui se découvre, qui s'apprivoise, qui s'aime, qui se hait, qui se déchire, qui se reconstruit, pierre par pierre, jour après jour, espoir après espoir, pardon après pardon, amour après amour, et je vois, je vois que la tension est là, qu'elle n'a pas disparu, qu'elle est juste en veille, en attente, prête à resurgir, à tout moment, à tout instant, à tout jamais, si personne ne fait rien, ne dit rien, ne tente rien, pour apaiser, calmer, rassurer, protéger, défendre, garder, sauver, aimer, tout ce qu'on a, tout ce qu'on est, tout ce qu'on sera, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime. Je m'avance, je m'avance vers le milieu du salon, vers Mathis et Maxime, vers ces garçons que je ne connai
Le silence tombe, un silence lourd, épais, pesant, un silence qui dit que les mots ont été dits, que les vérités ont été lancées, que les blessures ont été ouvertes, que les tensions sont là, présentes, vivantes, prêtes à exploser, à tout moment, à tout instant, à tout jamais, et je retiens mon souffle, je retiens mon cœur, je retiens ma vie, je retiens tout, tout, tout, en attendant, en espérant, en croyant, en priant, que mes enfants, mes jumeaux, mes bébés, ma vie, mon cœur, mon âme, tout ce que j'ai, tout ce que je suis, tout ce que je serai, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime, ne réagissent pas, ne se fâchent pas, ne se blessent pas, ne se détruisent pas, ne s'anéantissent pas, ne s'effacent pas, ne s'oublient pas, tout, tout, tout.Mais Léon, mon fils, mon fils de cinq ans et demi, mon fils qui a la tête de son père, le cœur de sa mère
ÉlianorLes jumeaux sont dans le salon, ils ont entendu la voiture, ils ont vu les cartons, les valises, les inconnus, ces grands qu'ils n'ont jamais vus, qu'ils n'ont jamais touchés, qu'ils n'ont jamais aimés, mais qu'ils vont aimer, qu'ils aimeront, peut-être, un jour, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime. Ils sont sages, pour une fois, assis sur le canapé, les mains sur les genoux, les yeux grands ouverts, les oreilles grandes ouvertes, les cœurs grands ouverts, prêts à accueillir, à recevoir, à donner, à offrir, à aimer, tout ce qui va arriver, tout ce qui va se passer, tout ce qui va se dire, tout ce qui va se faire, entre eux et ces grands, ces frères, ces inconnus, ces étrangers, ces gens qu'ils n'ont jamais vus, qu'ils n'ont jamais touchés, qu'ils n'ont jamais aimés, mais qu'ils vont aimer, qu'ils aimeront, parce que c'est comme ça, les enfants, ils aiment, ils aiment sans savoir, sans comprendre, sans vouloir, sans oser, sans pouvoir, ils aiment, tout
Je m'avance, je m'avance vers elle, vers ma mère, vers cette femme qui a tout quitté pour moi, qui a tout abandonné pour moi, qui a tout laissé pour moi, qui a tout oublié pour moi, pour être là, pour être ici, pour être avec moi, pour être ma mère, pour être ma famille, pour être ma vie, mon cœur, mon âme, tout ce que j'ai, tout ce que je suis, tout ce que je serai, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime. Je la prends dans mes bras, je la serre contre moi, je la serre comme on serre sa mère, sa vie, son cœur, son âme, tout ce qu'on a, tout ce qu'on est, tout ce qu'on sera, pour toujours, pour l'éternité, pour la fin des temps, pour tout ce qu'on a, tout ce qu'on n'a pas, tout ce qu'on aura, si on veut, si on ose, si on croit, si on espère, si on aime.— Bonjour, maman, dis-je d'une voix qui n'est plus qu'un souffle, d'une voix qui vient de quel







