LOGINSasha nagea dans sa direction et il lui tendit la main. Elle la fixa pendant quelques secondes, comme si elle pesait sa décision, avant de poser finalement sa main dans la sienne. Il se redressa en la tirant vers lui. Sasha fit glisser sa main hors de sa prise et se détourna, attrapant immédiatement la serviette pour se couvrir tout en faisant la fille maladroite qui s'essuie… en prenant tout son temps.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » lui demanda-t-elle dès qu'elle put affronter son regard à nouveau. « C'est une question plutôt étrange à me poser, tu ne trouves pas ? C'est aussi ma maison, tu te rappelles ? C'est plutôt moi qui devrais te poser cette question », répondit Kaleb. Sasha fronça les sourcils face au sourire qui étirait ses lèvres et leva légèrement le menton, d'un air défiant. « Excuse-moi, mais j'avais l'impression qu'il n'y avait personne à la maison », dit-elle. « Je vois ça », répliqua-t-il, continuant de lui sourire. Elle détourna le regard, embarrassée par l'attraction qu'elle réalisait ressentir encore pour lui après toutes ces années. Aucun d'eux ne fit le moindre geste pour bouger ; ils restèrent simplement là, à s'observer. « Je suis désolée, je vais te laisser. Tilly ne m'avait pas dit que tu étais là », finit par dire Sasha en attrapant son haut. Tilly allait passer un mauvais quart d'heure pour ne pas l'avoir prévenue que Kaleb était à la maison, mais Sasha devait aussi se rendre à l'évidence : Tilly n'en avait probablement pas ressenti le besoin puisqu'elle ne lui avait jamais avoué ce qu'elle éprouvait pour son frère. Cela dit, un petit mot d'avertissement aurait été appréciable. « Tu ne me gênes pas, et Tilly ne te l'a pas dit parce que je suis arrivé ce matin », dit Kaleb en posant sa main sur son bras pour stopper son geste. Les yeux de Sasha se posèrent sur ses mains et il relâcha son bras, mais sa peau semblait brûler sous son contact, même si cela n'avait duré que quelques secondes. « Tu peux retourner nager si tu veux. Ça me ferait plaisir de rester regarder. Je pourrais même t'encourager, tu sais… Si tu veux », ajouta-t-il. Il lui adressa un clin d'œil et elle secoua la tête, cherchant à chasser ces sentiments. Elle n'était pas son genre et il ne la verrait jamais autrement que comme la meilleure amie de sa sœur, mais il y avait quelque chose dans sa façon de la fixer en ce moment qui lui disait que cette fois, c'était différent ; quelque chose avait changé entre eux, sans qu'elle sache trop quoi. Était-il vraiment en train de flirter avec elle ou voyait-elle simplement ce qu'elle voulait voir ? Ses yeux se promenaient librement de haut en bas sur son corps, et Sasha resserra sa prise sur la serviette. « Tu n'as pas besoin de te cacher, Sasha. Tu es à la piscine », dit Kaleb en se penchant vers elle, lui murmurant presque ces mots à l'oreille. « Et tu es chaude, en plus… » « Eh bien, il fait plutôt chaud dehors », répondit Sasha. « C'est pour ça que je voulais nager à la base. L'eau est vraiment fraîche et ça m'a fait beaucoup de bien. » Kaleb eut un large sourire. « Je voulais dire "chaude" dans le sens de "canon", Sasha », dit-il. « C'est ça, ouais », répliqua Sasha, rougissant de plus belle. Elle avait l'impression qu'il disait ça juste pour la taquiner, comme il le faisait toujours quand ils étaient plus jeunes. Il était probablement tout aussi intimidé qu'elle, pensa-t-elle… sauf qu'il cachait beaucoup mieux son jeu. Mais elle n'allait certainement pas s'attarder pour vérifier si elle avait raison. Pas à cet instant précis. « Je dois y aller. » Il hocha la tête. « Ça m'a fait plaisir de te revoir, Sasha », dit Kaleb. « Pareil pour moi », répondit-elle maladroitement. Sasha attrapa son téléphone et son haut, puis se précilpita hors de l'espace piscine. Il ne chercha pas à la retenir cette fois et elle lui en fut reconnaissante. Pour une raison quelconque, elle s'arrêta au niveau de la porte, la paume appuyée contre l'un des panneaux, et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule dans sa direction. Son regard était toujours posé sur elle et, même à cette distance, elle sentit la décharge de ce regard traverser tout son être, crépitant dans ses veines. Elle poussa la porte et se précilpita à l'intérieur de la maison. Peu importait… Il y avait quelque chose dans ce regard… qui lui disait qu'elle s'apprêtait à vivre une aventure merveilleuse. —-------- Sasha s'engagea dans sa cour et monta rapidement les escaliers jusqu'à son appartement. Ses cheveux étaient encore humides, mais elle s'en fichait. Elle avait enfilé l'une des robes de Tilly et s'était enfuie de la demeure des Luthor sans attendre que sa copine ne rentre. Elle avait à peine atteint sa chambre que son téléphone sonna. Elle regarda le nom qui s'affichait : c'était Tilly. « Tu es partie ! » déclara immédiatement Tilly dès qu'elle décrocha. « Je croyais qu'on avait convenu que tu m'attendrais… et je me suis dépêchée de rentrer à cause de toi. » Sasha ferma les yeux très fort. « Je suis désolée. J'ai… j'ai soudainement repensé à un truc que je devais faire », mentit-elle. « Bon, peu importe ce que c'est, tu as intérêt à ce que ça en vaille la peine », répondit Tilly. « Kaleb est de retour », dit Sasha en changeant de sujet. « Pourquoi tu ne m'as pas dit qu'il rentrait à la maison ? » « Ma fille, j'ai complètement zappé. Tous ces devoirs que j'ai à faire m'ont tellement occupée. Et puis, ce n'est que Kaleb. Tu voulais lui organiser une fête de bienvenue ? » Elle ne voulait pas lui organiser de fête, évidemment, mais elle aurait aimé être au courant, pensa Sasha, sans toutefois le dire à voix haute. Ça aurait été plus simple si elle s'était attendue à le voir. De cette façon, elle n'aurait pas été aussi déstabilisée par l'homme incroyablement séduisant que Kaleb était devenu. Il avait toujours été beau garçon, mais maintenant, c'était autre chose — il était tellement plus craquant. Grand, les cheveux foncés, un beau visage avec des fossettes sur les deux joues, de larges épaules, de grandes mains et ce fichu sourire en coin qui lui retournait complètement les tripes. Qu'est-ce que l'âge avait de si particulier pour transformer certains hommes en véritables dieux grecs ? Il était riche, aussi. Bien sûr, il venait d'une famille aisée, mais Kaleb Luthor avait lancé sa propre activité d'investisseur indépendant et, d'après Tilly (et ce que Sasha savait pour l'avoir espionné sur Internet), ses affaires marchaient plutôt fort.Les lèvres de Sasha se crispèrent pour former une ligne dure. « Qu'est-ce que tu fais là, Kaleb ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils. « Tu me suis ? »Kaleb eut un sourire narquois. « Tu aimerais bien, hein ? » dit-il. « Je ne suis pas un trouillard, Sasha, alors je ne suis pas les gens en cachette. Je m'approche d'eux et je leur dis bonjour. Exactement comme je le fais en ce moment. » Il fit une pause. « Bonjour Mademoiselle Sullivan. Comment allez-vous aujourd'hui ? »Sasha brûlait d'envie de gifler cet air arrogant sur son visage. Le culot de cet homme. C'était étrange parce que cela l'agaçait autant que cela l'amusait en même temps.« Donc c'est une pure coïncidence si tu te trouves ici, dans mon amphi… Au moment exact où je suis censée avoir cours ? »« C'est peut-être une coïncidence », répondit-il d'un air suffisant. « Tu sais… Ce pourrait être simplement l'univers qui fait son travail. Qui sommes-nous pour nous dresser sur son chemin ? »Sasha laissa échapper un rire mo
« Je parie bien qu'elle l'est », se moqua-t-elle. « Sinon pourquoi tu la verrais à une heure pareille si tu es toujours debout ? » Sa voix se fit plutôt accusatrice.« Pourquoi tu as quitté la fête si précipitamment tout à l'heure ? » Ignorant son sarcasme, Kaleb chagea de sujet.Il avait fallu qu'il pose la question ! Quel culot ! Sasha eut un sourire narquois. « Tu voulais que je prenne plaisir à regarder la fille que tu venais d'embrasser quelques minutes plus tôt tailler une bavette amicale avec ta petite amie ? » cracha-t-elle, sa blessure s'ouvrant à nouveau.« Oh, alors tu es partie à cause de Claire ? » Une fois de plus, la voix de Kaleb se voulait moqueuse.« Non, je suis partie à cause de moi », rétorqua Sasha, s'en voulant d'avoir été assez stupide pour lui envoyer un SMS.« Et qu'en est-il de toi et Samson ? J'ai vu la façon dont il te regardait à la fête. Il a l'air de vraiment t'aimer bien et vous avez l'air très proches tous les deux. Qu'est-ce que je dois en penser ? »
« Je pense vraiment qu'on devrait retourner à la fête maintenant, Kaleb. »Kaleb l'observa un instant avant de se lever. Il avait envie de l'embrasser à nouveau, mais il ne voulait pas la mettre mal à l'aise… ou pire, lui faire peur. Ce n'était pas un homme des cavernes et il ne prendrait jamais une femme qui n'était pas consentante. Il se mit donc debout et lui fit face.« Je suis désolé », dit-il. « Je n'aurais pas dû faire ça, et tu as raison. On devrait retourner à la fête. »Sasha faillit grimacer. Désolé ? Elle ne voulait pas qu'il soit désolé parce qu'elle avait adoré ce baiser. Elle pensait juste que s'arrêter était la bonne chose à faire, mais elle masqua rapidement ses sentiments et se redressa.« Oui, on devrait y aller », approuva-t-elle.Ils partirent et marchèrent en silence, mais le baiser refusait de quitter les lèvres de Sasha. Des rougeurs passionnées continuaient de lui monter aux joues au seul souvenir de la bouche de Kaleb prenant le dessus et balayant toute possi
Kaleb hocha la tête. « Je comprends totalement. Mes parents, en revanche, sont tout simplement ravis que je sois de retour en ville. J'imagine qu'ils ne me prennent pas trop la tête parce qu'ils ont encore Tilly. Elle demande beaucoup d'énergie, alors ils ont dû être bien soulagés quand ils ont eu un enfant de moins à gérer. »Des portes coulissantes en verre donnaient sur un balcon qui offrait une vue imprenable sur la ville au loin — des lumières éclatantes, pleines d'histoires et de vie.« C'est tellement beau », répéta-t-elle. Il inclina la tête dans un aveu silencieux, se dirigeant vers la cuisine pour sortir une bouteille de champagne du réfrigérateur. Elle reconnut l'étiquette à sa couleur dorée si caractéristique. Il lui prit son verre de martini des mains et déposa leurs deux verres dans l'évier, puis elle l'observa retirer la feuille d'aluminium de la bouteille de champagne et faire sauter le bouchon sans le moindre effort, saisissant deux flûtes pour les remplir à moitié.«
« Je suis ravi que tu sois venue », lui dit-il. « J'ai failli croire que tu n'honorerais pas mon invitation. »« Pourquoi tu dis ça ? » demanda-t-elle, et il dut se concentrer intensément pour se rappeler ce qu'il venait de dire.« Je… j'imagine que c'est parce que tu n'avais pas l'air très emballée quand je t'ai invitée », tenta-t-il enfin, se félicitant intérieurement pour sa mémoire. « Je suis ravi que tu sois là, Sasha. »Ses lèvres se pincèrent lorsqu'elle se tourna vers lui pour lui adresser un regard dubitatif, et Kaleb devina qu'elle ne le croyait pas vraiment. De longs cils, d'une nuance bien plus sombre que ses cheveux, ombrageaient pourtant son regard, et Kaleb se surprit à imaginer la sensation qu'ils feraient contre ses lèvres. Il avait envie de l'embrasser, réalisa-t-il. Il voulait presser ce corps mince et voluptueux contre le sien et apaiser le désir cuisant qui lui brûlait l'entrejambe…« Je ne trouve pas ça très juste, Kaleb », dit-elle, et son excitation dégonfla d'
Sasha lui lança un regard d'excuse. « Désolée », dit-elle. « Beaucoup de clients au camion… Et j'ai eu un peu de mal à choisir ma tenue. Maintenant, en parlant de tenue, la tienne est juste… enfin… ouah. Pourquoi tu n'es pas habillée ? Ou alors, tu l'es déjà ? » Tilly roula des yeux. « Bonne question ! Je suis habillée comme ça parce que, comme une idiote, j'ai proposé mon aide pour organiser la stupide fête de Kaleb, et il m'a tout collé sur les bras. Crois-moi, si je ne suis pas là pour tout surveiller, rien ne se fait. » Sasha sourit. Cela ne la surprenait pas du tout. Tilly était une vraie maniaque du contrôle ; elle aimait que les choses soient faites à sa façon et en temps voulu. « Je suis sûre que tu te fais des idées », dit-elle. « Tu devrais peut-être les laisser gérer la suite et aller t'habiller. Tu mérites de profiter de la fête que tu as organisée. Elle est fantastique, au fait. Tu as assuré. » « Évidemment que j'ai assuré, banane », lance Tilly avec un petit air fier.







