LOGINIl a fermé les yeux. Une larme a roulé sur sa joue. Une seule. Elle a glissé lentement, comme une goutte de pluie sur une vitre, comme une larme qui avait mis des années à monter et qui tombait enfin. Je l'ai regardée couler. Je l'ai regardée tomber. Je l'ai regardée disparaître dans le col de sa chemise. Et quelque chose en moi s'est déchiré. Quelque chose de plus profond que tout ce que j'avais ressenti jusqu'ici. Parce que cette larme, c'était sa vérité. Sa vérité qu'il essayait de cacher.
Quelque chose en moi a lâché. Quelque chose de fragile. Quelque chose de tendu. Quelque chose qui tenait depuis trop longtemps. Je me suis approchée. Un pas. Deux. Trois. J'étais devant lui. À quelques centimètres. Je sentais sa chaleur. Je sentais son odeur. Cette odeur qui me faisait fondre, avant. Cette odeur qui me faisait mal, maintenant. J'ai levé la main. Je ne savais pas ce que j'allais faire. Je ne savais pas si j'allais le toucher. Le caresser. Le frapper. Le retenir. Je ne savais rien. Je ne savais plus rien. Ma main est partie toute seule. Elle est partie vite. Trop vite. Elle a claqué. La gifle a résonné dans le silence de l'appartement. Un bruit sec. Un bruit violent. Un bruit qui m'a fait peur à moi-même. Sa tête a tourné. Sa joue a rougi. Il n'a pas crié. Il n'a pas reculé. Il n'a pas levé la main sur moi. Il a juste tourné la tête. Lentement. Il m'a regardée. Et dans son regard, il n'y avait pas de colère. Pas de haine. Pas de reproche. Il y avait de la tr
Dans le couloir, j'ai couru. Dans les escaliers, j'ai couru. Dans la rue, j'ai couru. J'ai couru comme une folle. J'ai couru comme si quelque chose me poursuivait. J'ai couru comme si courir pouvait me sauver. Mais rien ne me poursuivait. C'était moi qui fuyais. C'était moi qui essayais de semer ma douleur. C'était moi qui essayais de semer cette image de lui, immobile, silencieux, refusant de me toucher. Cette image qui me brûlait la rétine. Cette image qui me brûlerait pour toujours.Je me suis arrêtée au coin d'une rue. Je ne savais plus où j'étais. Je ne savais plus où j'allais. J'ai regardé autour de moi. Des passants. Des voitures. Des vitrines. Un monde qui continuait. Un monde indifférent. Un monde qui ne savait rien de ma douleur. J'ai senti le sol se dérober sous mes pieds. Je me suis appuyée contre un mur. J'ai fermé les yeux. J'ai respiré. Une fois. Deux fois. Trois fois. L'air était froid. Il sentait l'essence et la pluie. Il sentait la ville. Il sent
Il a fermé les yeux. Une larme a roulé sur sa joue. Une seule. Elle a glissé lentement, comme une goutte de pluie sur une vitre, comme une larme qui avait mis des années à monter et qui tombait enfin. Je l'ai regardée couler. Je l'ai regardée tomber. Je l'ai regardée disparaître dans le col de sa chemise. Et quelque chose en moi s'est déchiré. Quelque chose de plus profond que tout ce que j'avais ressenti jusqu'ici. Parce que cette larme, c'était sa vérité. Sa vérité qu'il essayait de cacher. Sa vérité qu'il refusait de dire. Sa vérité qui le dévorait vivant.J'ai posé mes deux mains sur sa poitrine. Je sentais son cœur sous mes paumes. Il battait vite. Trop vite. Comme un oiseau pris au piège. Comme un cœur qui veut vivre. Comme un cœur qui veut aimer. J'ai appuyé. J'ai senti sa chaleur. J'ai senti sa peau à travers le tissu. J'ai senti son corps qui tremblait. Un tremblement minuscule. Presque invisible. Mais je l'ai senti. Je l'ai senti parce que je connaissais ce corps.
ValentinaJe n'aurais pas dû revenir. Je le savais en montant les escaliers. Je le savais en posant le pied sur la première marche. Je le savais avant même de sortir de chez moi, avant même de fermer ma porte, avant même de décider de venir. Mais je suis revenue. Parce que je n'avais pas tout dit. Parce qu'il restait des mots dans ma gorge, des mots qui m'étouffaient, des mots qui grattaient mes parois, des mots que je n'avais pas pu prononcer la première fois et qui réclamaient leur chance. Parce que je ne pouvais pas accepter que la dernière image de nous soit celle d'un homme adossé à un mur, regardant une fenêtre, refusant de me voir.J'ai frappé. Doucement d'abord. Puis plus fort. Puis à coups de poing. Le bois résonnait sous mes phalanges. Ma peau se marquait. J'avais mal. Je m'en fichais. La porte s'est ouverte. Il était là. Même visage fermé. Même regard éteint. Même corps tendu. Il n'a pas dit un mot. Il s'est écarté. Je suis entrée. L'appartemen
Silence.— Dis-le. Si c'est vrai. Si tout ça n'était qu'une erreur, si je n'étais qu'une illusion, dis-le. Dis-moi que tu ne m'aimes plus. Regarde-moi dans les yeux et dis-le. Et je partirai. Je te le jure. Je partirai et je ne reviendrai jamais. Mais dis-le. Dis-le vraiment. Pas avec cette voix. Pas avec ce masque. Dis-le avec ta voix. Avec ta vraie voix. Celle que tu utilises quand tu es nu. Celle que tu utilises quand tu as peur. Celle que tu utilises quand tu m'appelles dans le noir. Dis-le.Il n'a rien dit. Il a fermé les yeux. Une seconde. Deux. Ses lèvres ont tremblé. À peine. Un frémissement. Un souffle. Puis il les a serrées. Il a rouvert les yeux. Et il a regardé ailleurs. Encore. Toujours. Cet ailleurs qui n'était pas moi. Ce point dans le vide. Cette fuite silencieuse.— Tu vois, j'ai dit. Tu ne peux pas. Tu ne peux pas le dire. Parce que ce n'est pas vrai. Parce que tu m'aimes encore. Parce que tu m'aimes toujours. Et tu le sais. Et c'est pour ça que tu détournes les yeux
Valentina Le message est arrivé à quatorze heures dix-sept. Un SMS. Un seul. Trois mots. Viens. Maintenant. Signé de son prénom, comme si j'avais pu l'oublier, comme si mon téléphone n'avait pas conservé chaque lettre de lui depuis des mois, comme si je n'avais pas relu cent fois ses messages précédents, ceux où il m'appelait mon cœur, ma douce, ceux où il me disait des choses qu'on ne dit pas à une erreur. J'ai regardé l'écran. J'ai lu. J'ai relu. Le mot maintenant m'a frappée en plein plexus. Pas d'explication. Pas de tendresse. Pas de point d'interrogation. Une convocation. Comme on convoque un témoin. Comme on convoque un accusé. J'ai mis dix minutes à sortir de chez moi. Dix minutes à tourner dans la chambre, à chercher une veste, à la reposer, à la reprendre, à me regarder dans le miroir, à détourner les yeux. Je ne savais pas ce qui m'attendait. Je le savais. Je ne voulais pas le savoir. Mon corps, lui, savait. Mes jambes tremblaient déjà dans l'escalier. Mes mains étaient m







