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ÉPILOGUE 2 — Cinq ans plus tard 2

Author: Dledition
last update publish date: 2026-10-25 23:45:13

Et nous sommes restés là, longtemps, à regarder les montagnes, à écouter le silence, à sentir le vent qui se levait. Le chien est sorti, il s'est étiré, il a bâillé, il est venu poser sa tête sur nos genoux. Nous l'avons caressé. Nous avons ri. Nous avons été heureux. Simplement heureux.

L'après-midi, nous sommes allés au marché. Le même marché qu'il y a cinq ans. Les mêmes étals, les mêmes odeurs, les mêmes cris. Mais les visages ont changé. Certains sont partis. D'autres sont arrivés. La femm
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  • LEÇONS INTERDITES    ÉPILOGUE 4 — Dix ans plus tard 2

    Joaquín est venu me rejoindre. Il m'a prise dans ses bras. Il m'a embrassée. Devant tout le monde. Devant les étudiants, les professeurs, les chercheurs. Devant la doyenne. Devant le monde entier. Il n'avait plus peur. Il n'avait plus honte. Il n'avait plus rien à cacher. Il m'aimait. Et il le montrait. Simplement. Naturellement. Totalement.Nous sommes sortis de l'université. Nous avons marché dans les rues. Les mêmes rues. Les mêmes cafés. Les mêmes bâtiments. Mais tout était différent. Parce que j'étais différente. Parce que je n'avais plus peur. Parce que je savais que je pouvais partir. Parce que je savais que je pouvais revenir. Parce que je savais que j'étais libre.Nous sommes allés à la mer. Nous nous sommes assis sur un rocher. Nous avons regardé les vagues. Nous avons écouté le bruit de l'eau. Nous avons respiré l'air salé. J'ai dit :— Tu sais, je ne reviendrai pas.— Je sais.— Ce n'est pas ma ville. Ce n'est plus ma ville. Ce n'est plus chez moi.— Je sais.— Chez moi, c

  • LEÇONS INTERDITES    ÉPILOGUE 3— Dix ans plus tard

    — ValentinaLa lettre est arrivée un mardi. Une enveloppe épaisse, avec un cachet officiel, un timbre du Chili. Elle était adressée à mon nom. Mon nom de jeune fille. Celui que je n'utilise plus. Celui que je n'avais pas vu depuis des années. J'ai regardé l'enveloppe. J'ai regardé l'écriture. Une écriture que je ne connaissais pas. Une écriture administrative, impersonnelle, qui ne disait rien. J'ai hésité. J'ai posé l'enveloppe sur la table. Je suis allée dans le patio. J'ai regardé l'olivier. Il est grand, maintenant. Il a dix ans. Il donne des olives en quantité. Nous les cueillons en novembre, nous les faisons mariner dans la saumure, nous les offrons à nos amis. C'est notre rituel. C'est notre vie.J'ai pensé à ce que pouvait contenir cette lettre. Une convocation ? Une demande ? Une nouvelle ? Je n'avais plus rien à voir avec le Chili. Plus rien à voir avec l'université de Santiago. Plus rien à voir avec ce monde-là. J'avais tourné la page. J'avais fermé le livre. J'avais brûlé

  • LEÇONS INTERDITES    ÉPILOGUE 2 — Cinq ans plus tard 2

    Et nous sommes restés là, longtemps, à regarder les montagnes, à écouter le silence, à sentir le vent qui se levait. Le chien est sorti, il s'est étiré, il a bâillé, il est venu poser sa tête sur nos genoux. Nous l'avons caressé. Nous avons ri. Nous avons été heureux. Simplement heureux.L'après-midi, nous sommes allés au marché. Le même marché qu'il y a cinq ans. Les mêmes étals, les mêmes odeurs, les mêmes cris. Mais les visages ont changé. Certains sont partis. D'autres sont arrivés. La femme au 2x herbes séchées est morte. Son fils a repris le stand. Il vend les mêmes choses, mais il les vend différemment. Il parle plus. Il plaisante. Il offre des brins de menthe aux enfants. Le boucher a pris sa retraite. Son apprenti a repris la boutique. Il découpe la viande avec la même précision, le même geste sûr, le même couteau immense. Mais il a ajouté des saucisses maison, des chorizos épicés, des morceaux marinés dans le vin rouge et l'ail. Nous en achetons. Nous en mangeons le soir, gr

  • LEÇONS INTERDITES    ÉPILOGUE I — Cinq ans plus tard

    — ValentinaLe citronnier est mort. Une sécheresse, il y a deux ans, un été trop dur, trop long, un été qui a tué les arbres du patio et asséché les canaux. Nous l'avons remplacé par un olivier. Un petit olivier, encore jeune, encore fragile, qui a mis du temps à prendre racine. Mais il est là. Il a grandi. Il a des feuilles d'un vert argenté qui brillent au soleil. Il donne des olives. Pas beaucoup. Juste assez pour les saler et les manger à l'apéritif, le soir, sur la terrasse, avec du vin local et du fromage de chèvre.Cinq ans. Cinq ans que nous sommes ici. Cinq ans que nous avons posé nos valises dans cet appartement, dans cette ville, dans cette vie. Cinq ans que nous avons construit quelque chose. Pas quelque chose de spectaculaire. Quelque chose de solide. Quelque chose de vrai.J'ai fini par trouver ma place à l'université. Pas comme étudiante. Comme chargée de cours. J'enseigne la littérature comparée. Deux fois par semaine. Des cours magistraux, parfois, quand le départemen

  • LEÇONS INTERDITES    CHAPITRE 122 — La vraie leçon

    — Valentina Le matin arrive doucement. Une lumière pâle, dorée, qui glisse sur les murs. Les montagnes sont roses. Le citronnier bouge dans le patio. Un oiseau chante. Un autre répond. La ville s'éveille. La vie continue. Je suis réveillée depuis un moment. Je n'ai pas bougé. Je n'ai pas voulu bouger. Je suis bien. Trop bien. Je suis dans ses bras. Ma tête sur son torse. Mon corps contre son corps. Ses bras autour de moi. Sa main dans mes cheveux. Ses jambes contre les miennes. Nous sommes un. Nous sommes deux. Nous sommes tout. Il bouge. Il s'étire. Il grogne. Il ouvre les yeux. Il me regarde. Un sourire lent. Un sourire de matin. Un sourire d'homme heureux. Il dit, d'une voix rauque : — Tu es réveillée ? — Un peu. — Tu as dormi ? — Oui. Bien. Pour la première fois depuis longtemps. — Moi aussi. Il m'embrasse. Sur le front. Il me serre. Il m'attire. Je pose ma joue contre sa poitrine. J'écoute. Son cœur. Il bat. Calme. Régulier. Fort. Un cœur qui a trouvé son rythme. Un cœu

  • LEÇONS INTERDITES    CHAPITRE 121 — La fusion

    — Valentina Cette nuit-là, la chaleur ne tombe pas. Le vent des montagnes s'est arrêté. L'air est immobile, épais, comme une couverture posée sur la ville. Nous sommes rentrés tard. Un dîner chez des amis, des rires, du vin, des conversations qui s'étirent. Je suis un peu ivre. Pas de vin. De lui. De sa main sur ma cuisse sous la table. De son regard qui me cherche à travers la pièce. De la façon dont il a dit mon nom, une fois, en passant, juste pour le dire. Dans la chambre, la fenêtre est grande ouverte. Les rideaux sont tirés. La lune est pleine. Une lune de montagne, énorme, blanche, qui éclaire la chambre comme un projecteur. Je me déshabille. Lentement. Il est assis sur le bord du lit. Il me regarde. Il ne bouge pas. Il attend. Ses mains sont posées sur ses cuisses. Ses doigts sont crispés. Il a envie. Je le vois. Je le sens. Je le sais. Je m'approche. Je me tiens devant lui. Nue. La lune me dessine des lignes sur la peau. Il lève les yeux. Il me regarde comme on regarde un

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