LOGINPoint de vue de LailaJe me suis réveillée en sursaut et me suis brusquement redressée dans le fauteuil où j'étais affalée. J'ai cligné plusieurs fois des yeux en regardant autour de moi. Rationnellement, je savais que je ne risquais rien. J'étais dans une chambre d'hôpital, et le moniteur cardiaque d'Ava clignotait à un rythme régulier.Mais mon cœur, lui, n'écoutait pas la raison. Il s'emballait comme si je venais de fuir un champ de bataille. J'aurais juré sentir encore la fumée, et la morsure des flammes qui me léchaient la peau. Derrière les bips des machines, des hurlements résonnaient.Cours !Je me suis levée d'instinct, puis je me suis figée. Où est-ce que j'allais aller ? Il ne se passait rien. J'étais en sécurité. Ava aussi.Je l'ai observée. Sa poitrine se soulevait et s'abaissait régulièrement au rythme de sa respiration. Il était tard et la lumière de la chambre était tamisée, mais j'y voyais assez.Je l'ai regardée dormir paisiblement jusqu'à ce que l'adrénaline re
Point de vue de LailaJason et moi nous sommes précipités dans la chambre d'Ava. Elle avait encore la tête lourde à cause de l'opération, mais elle souriait.« Je t'avais dit que ça irait », a-t-elle murmuré.Les larmes me sont montées aux yeux.« Ne pleure pas, Maman… Je vais bien. »« Je sais, ma puce. Tu vas bien. Nous allons tous bien. Tout va s'arranger », ai-je répondu, sans parvenir à retenir mes larmes.J'avais cru que cette opération réglerait tout et qu'Ava irait enfin bien. Mais elle n'avait fait que révéler d'autres problèmes. Ces problèmes-là, j'avais l'impression de les lui avoir transmis. Et nous n'avions aucun moyen de les résoudre. Jason avait promis de nous aider. J'y étais sensible, mais je ne voyais pas comment il comptait s'y prendre. Lui-même avait dit n'avoir rencontré l'Alpha de la meute des Lycans qu'une seule fois, quand il était gamin.« Ne pleure pas », a répété Ava.J'ai fait de mon mieux pour ravaler mes larmes, pour elle, ma courageuse petite fill
« Votre taux d'aconit tue-loup doit être très élevé », a déclaré le guérisseur. « À de tels niveaux, c'est un miracle que vous soyez encore en vie. »« Je ne me souviens pas d'avoir été empoisonnée », ai-je répondu. « J'ai toujours été comme ça, aussi loin que remontent mes souvenirs. »« Il est possible que ce soit arrivé quand vous étiez toute petite. »J'étais arrivée à la Meute de la Crête à cinq ans, une enfant terrorisée. Tout ce qui précédait n'était plus qu'un grand vide. Impossible de me rappeler d'où je venais, ni même à quoi ressemblaient mes parents.« Est-ce que ma mère aurait pu me transmettre le poison, comme je l'ai transmis à Ava ? » ai-je demandé.« Non », a répondu le guérisseur. « Le taux diminue à chaque transmission. Celui d'Ava est moins élevé que le vôtre, et le vôtre frôle déjà le seuil mortel. Votre mère n'aurait jamais pu vous en transmettre autant. Elle n'y aurait pas survécu, et vous non plus, dans son ventre. »C'était donc moi qu'on avait visée. Et
Point de vue de LailaLes paroles du médecin m'ont frappée de plein fouet, comme un coup en pleine poitrine. L'aconit tue-loup était un poison rare. Il était si toxique, surtout pour les loups-garous, que sa culture et sa distribution étaient strictement contrôlées, voire interdites dans la plupart des endroits. Comment une substance pareille avait-elle pu se retrouver dans le corps d'Ava ?« Vous en êtes sûr ? » a demandé Jason. Les sourcils froncés, il avait l'air aussi perdu que moi.« L'empoisonnement à l'aconit tue-loup présente des signes très caractéristiques », a répondu le guérisseur. « Il n'y a aucune erreur possible. Par précaution, nous avons quand même analysé des échantillons. Deux fois. Les résultats ont été positifs dans les deux cas. »« Ça n'a aucun sens », a lâché Jason.« Avez-vous une idée de la manière dont elle a pu être empoisonnée ? » a demandé le guérisseur.Le guérisseur a à peine regardé Jason avant de river les yeux sur moi. J'avais l'impression d'êtr
« Pas encore », lui ai-je répondu.« Pas encore », a-t-il acquiescé. Et je suis descendue de la voiture.Pendant quelques jours, j'ai évité Jason. Il m'appelait, m'écrivait, me laissait des messages pour me tenir au courant du procès de Brittany. Ce n'était pas nécessaire. J'étais pratiquement rivée aux infos, particulièrement attentive lors de la diffusion des aveux de Brittany. Je voulais voir si la meute continuerait à la soutenir.D'après les médias, les avis étaient partagés. Pourtant, bien plus de gens s'étaient retournés contre Brittany que je ne l'aurais cru. Elle gardait malgré tout un noyau de fidèles. Je doutais qu'on parvienne un jour à les convaincre de sa culpabilité. J'espérais seulement qu'en constatant qu'ils étaient minoritaires dans les sondages et, avec un peu de chance, dans leur entourage, ils auraient assez de bon sens pour ne pas entraver la justice.Puis le jour de l'opération d'Ava est arrivé, et je n'ai plus pu l'ignorer. Il m'avait déjà dit qu'il voulait
Point de vue de LailaBrittany s'est rassise sur sa chaise. Son visage ne trahissait aucune émotion, mais ses yeux, eux, exprimaient une incrédulité totale.J'ai croisé le regard de Marcus, qui m'a répondu d'un hochement de tête. Nous avons quitté la pièce ensemble et nous sommes retrouvés dans le couloir. À peine la porte de la salle d'interrogatoire refermée derrière nous, deux bras puissants m'ont enlacée et m'ont attirée contre un large torse.L'odeur de Jason, mélange de cuir et de pin, m'a enveloppée, et je me suis détendue aussitôt. Face à Brittany, je n'avais pas mesuré à quel point j'étais crispée. Près de Jason, mon corps savait d'instinct que j'étais en sécurité. Toute la tension que j'avais accumulée sans même m'en rendre compte s'est peu à peu dissipée.Son étreinte était ferme et rassurante. Assez serrée pour que je me sente protégée, jamais assez pour me faire mal. Je m'y suis abandonnée presque aussitôt, grisée par la sensation de son corps musclé contre le mien.P






