LOGINBéatriceJe m'appuie contre la vitre, essayant de reprendre mon souffle et l'usage de mes jambes. Pourquoi les deux expériences les plus enivrantes de ma vie sont avec un homme qui m'a à peine effleurée ? Une fois que j'ai repris mes esprits, je me déshabille, attrape mon jouet favori et file sous la douche. Une partie de moi espère qu'il m'entende, tandis que l'autre se sent gênée d'avoir succombé si facilement et refuse d'alimenter davantage son orgueil.Après m'être abandonnée trois fois à des fantasmes où j'imaginais le sexe avec Ryker sous la douche, mon corps était enfin apaisé. C'est fou comme mon imagination semble réelle quand il s'agit de lui. À ce rythme, je vais épuiser la batterie rechargeable. Je me glisse dans mon lit et mon humeur s'assombrit tandis que je me prépare mentalement aux cauchemars, espérant être trop épuisée pour qu'ils soient vraiment pénibles.Jusqu'ici, je m'en sors mieux que prévu. Mes cauchemars ont encore évolué : cette fois, je ne suis plus l'actr
« Tu crois pouvoir m'échapper si facilement, mon petit agneau ? » murmure Ryker, avec un visage niché au creux de mon cou, son souffle brûlant laissant des traces humides sur ma peau. Sans me toucher, il longe mon épaule de son nez, provoquant des frissons qui parcourent tout mon corps. Sa voix est méconnaissable, plus grave, plus rauque, avec une sonorité métallique, comme s'il ne l'avait pas utilisée depuis longtemps. En se reculant, je comprends pourquoi.Ses yeux sont écarlates : ce n'est plus Ryker, c'est son loup. Dans cet état, il est redoutable, et pas de manière excitante. C'est sûrement la dernière vision qu'ont ses proies. Mon cœur s'accélère. Va-t-il me tuer ? Ont-ils décidé qu'ils ne me voulaient plus et qu'il serait plus simple de m'éliminer plutôt que de me rejeter ? Je ne veux pas mourir, pourtant, je n'arrive toujours pas à le craindre.Il se penche vers moi, son nez frôlant le mien, sa poitrine se soulevant rapidement. « Tu ne peux pas nous ordonner. Nous n'obéisson
« Je n'ai pas été irresponsable. Comment oses-tu m'accuser ? » Je me redresse de toute ma taille qui, face à un loup-garou, n'est guère impressionnante, mais cela me rassure. « Je suis constamment accompagnée de guerriers, je ne m'absente qu'après avoir obtenu ton accord à deux reprises, uniquement pour m'entraîner, voir les louveteaux ou courir. D'ailleurs, je n'ai couru dehors pour la première fois qu'aujourd'hui depuis mon arrivée. Chacun de mes mouvements est approuvé par toi. Je me demande si je dois aussi demander la permission pour aller aux toilettes. Je mériterais une médaille pour ma docilité. Je ne vais que là où on m'autorise à aller. »« À partir d'aujourd'hui, tout va changer », grogne-t-il en s'approchant. La chaleur émanant de son corps imposant me fait frissonner. Non ! Je ne dois pas remarquer ce genre de choses.« Ma captivité ne peut guère empirer. Que peux-tu encore me retirer ? » Je croise les bras, curieuse de savoir sur quoi portera notre prochaine dispute. So
BéatriceJe ne peux peut-être rien faire contre le comportement primitif que Ryker m'inflige en ce moment, ni contre la réaction traîtresse de mon corps, mais cela ne m'empêche pas d'essayer. Je continue à marteler son dos en hurlant n'importe quoi pour qu'il me relâche. Cela m'aide aussi à faire semblant de ne pas remarquer ses muscles nus, parfaitement sculptés, qui ondulent sous moi. Je constate qu'il n'a aucune trace de bronzage. J'ai presque envie de lui donner une fessée pour voir sa réaction. Sa chair frémirait-elle ? Je chasse cette pensée de mon esprit. Je ne réussis vraiment pas à l'ignorer. Mais je ne suis pas suicidaire non plus, et je ne peux pas garantir qu'il ne me rejettera pas dans les bois pour m'y abandonner.Il n'a pas prononcé un mot pendant tout le trajet du retour, qui n'est pas particulièrement court. Son épaule qui s'enfonce dans ma hanche va sûrement me laisser un hématome. J'essaie sans cesse d'écarter mes jambes, mais il les maintient serrées, et ce mouvem
« Tu ne peux pas être sérieuse. » Je me frotte le front, dépassé par la situation. « Ils t'ont laissée sortir dans cette tenue ? Tu cours à moitié nue dans la forêt, alors que l'hiver approche. Tu dois être gelée. Rentrons à la maison de meute pour en discuter. » Je fais un geste du pouce par-dessus mon épaule.« Je dois terminer mon jogging et ma tenue ne pose aucun problème. Vous êtes bien nus tout le temps. On se verra quand on aura fini. » Elle fait un signe derrière elle, et j'étais tellement absorbé que j'en avais oublié notre public. Leurs têtes poilues suivent notre échange comme un match de tennis. Les idiots. Je ne peux pas vraiment leur en vouloir. Je les ai assignés à sa protection, donc techniquement, elle peut leur donner des ordres, mais je reste leur Alpha et ils m'obéiront, même si ça l'agace.Je pousse un soupir. « On rentre, Béatrice. Tu as assez semé la pagaille pour aujourd'hui. »Elle ne bouge pas d'un pouce. « Je rentrerai une fois ma course terminée. » Elle n
« Elle va avoir une sacrée surprise si c'est ce qu'elle mijote. Je vais l'enfermer moi-même », grogne mon loup.« Ça risque d'être compliqué sans pouces opposables. »« La ferme, tu comprends très bien. Elle a déjà prouvé qu'elle pouvait s'enfuir et elle représente un danger pour elle-même en ce moment. »« Tu vois ?! Tu commences enfin à comprendre pourquoi on doit la rejeter. Elle met TOUT LE MONDE en danger ! »« Va te faire foutre. Il faut qu'on la marque pour pouvoir la pister, abruti. »« Tu peux vraiment me dire que tu es prêt à mettre sa vie en jeu pour essayer ? »On ne tombera jamais d'accord là-dessus. Il continue de râler dans ma tête, pendant que j'en ai marre de tourner en rond dans les bois. S'il y a d'autres connards qui veulent nous attaquer, qu'ils viennent. On est tellement énervés qu'ils n'ont aucune chance.« Béatrice ?! » Je hurle vers les arbres. « Sors de ta cachette. C'est fini. Benoît devient dingue parce qu'il ne te trouve pas. »« Ça fait plaisir de







