LOGINRaven« Tu devrais t’en soucier. »« Non, je m’en fous. Je m’en fous complètement. »Son expression s’assombrit en quelque chose de brut. Ses yeux descendent sur ma bouche et y restent une seconde de trop avant qu’il bouge.Il me fait reculer jusqu’à ce que mon dos heurte le côté du camion et que le métal froid contre ma colonne me fasse gaspiller. Ses mains encadrent mon visage et il m’embrasse comme s’il se retenait depuis toute la soirée, meurtrier et profond, ses dents saisissant ma lèvre inférieure assez fort pour que je le sente dans mon ventre.Je gémis dans sa bouche.« Silence », dit-il contre mes lèvres. « Tu ne voudrais pas attirer l’attention des gens sur nous, n’est-ce pas ? »« Alors ne m’embrasse pas comme ça. »Il le fait à nouveau. Plus fort cette fois.Sa bouche glisse de mes lèvres à ma mâchoire. Mon cou. Il mord à la courbe où mon cou rencontre mon épaule et je dois plaquer mon poing contre ma bouche pour ne pas laisser échapper un son qui porterait à travers tout
RavenJe n’arrive pas à m’arrêter de bouger.La chambre d’hôtel est assez grande pour que faire les cent pas ait presque quelque chose de digne, mais je l’ai traversée tellement de fois ces dix dernières minutes que j’ai arrêté de la voir. Les murs crème. Les rideaux lourds. La ville qui bourdonne au loin sous la fenêtre.Roman m’observe depuis l’endroit où il se tient près du bureau. Immobile. Composé. Comme si nous ne venions pas de nous asseoir dans un cabinet médical et de voir le sol s’ouvrir sous nos pieds.« Roman. » Je m’arrête. Je me tourne vers lui. « Qu’est-ce qu’on va faire ? »Il ouvre la bouche, mais je parle déjà à nouveau.« C’est de ma faute. » Les mots sortent durs et certains. « Je le sais. J’aurais dû être plus prudente. Plus attentive à mon propre corps. Si je m’étais mieux connue en tant que femme, si j’avais fait plus attention, ça ne serait pas arrivé. » Je presse mes doigts contre mon front. « J’aurais dû… »« Arrête. »Sa voix n’est pas forte. Elle n’en a pas
RomanMein Telefon liegt bereits am Ohr, bevor ich vollständig auf die Straße gezogen bin, Raven liegt quer auf dem Rücksitz, Blut saugt sich dunkel in das Leder unter ihr.„Ich brauche ein Trauma-Team bereit.“ Meine Stimme kommt ruhiger heraus, als ich mich fühle. „Frau, achtundzwanzig Wochen schwanger, von einem Fahrzeug angefahren. Fünf Minuten entfernt.“„Sir, können Sie ihren Zustand bestätigen, ist sie bei Bewusstsein, atmet sie—“„Haben Sie sie einfach bereit.“ Ich lege auf, bevor die Stimme am anderen Ende noch etwas fragen kann, die Augen ständig zum Spiegel huschen, um den Auf und Ab ihrer Brust zu checken.„Bleib bei mir“, sage ich, zu niemandem, zu ihr, zu was auch immer noch zuhört. „Hörst du mich? Bleib bei mir.“Jedes Licht zwischen dem Friedhof und dem Krankenhaus wird überfahren. Mein Fuß bleibt flach auf dem Pedal, eine Hand gestützt zurück gegen den Sitz bei jeder Kurve, um zu verhindern, dass sie rutscht.Das Personal steht bereits draußen, als ich das Auto stoppe,
ROMANRaven hat immer noch leicht gerötete Augen, als sie mich erreicht und sich mit dieser besonderen Würde hält, die sie immer wie eine Rüstung getragen hat, die Art, die nicht darum bittet, anerkannt zu werden.„Alles in Ordnung?“, frage ich.„Mehr als in Ordnung.“ Und sie meint es. Ich kann das immer erkennen.Ich öffne die Tür für sie, beobachte, wie sie sich setzt und schließe sie sanft. Dann drehe ich mich zurück zu den Gräbern und gehe die letzte Strecke allein, zurück zu Mario.„Hey, Kumpel.“ Meine Stimme kommt rauer heraus, als ich beabsichtige. „Es ist eine Weile her.“Die Stille hier hat sich immer weniger wie Abwesenheit und mehr wie Aufmerksamkeit angefühlt, so wie Mario zugehört hat, selbst wenn er nichts gesagt hat. Nichts daran hat sich geändert.„Ich bin nicht mehr gekommen“, sage ich ihm. „Habe mir eingeredet, es sei das Timing, und dann immer wieder Gründe gefunden, es aufzuschieben. Die Wahrheit ist, ich konnte dir nicht ins Gesicht sehen. Nicht nach dem, was zwis
RAVENJ'ai enfilé le seul maillot de bain que j'avais emporté. Un maillot une pièce noir très simple, jeté dans ma valise à la dernière minute.Quand je descends à la piscine, Roman est déjà là.Il est dans l'eau, seuls sa tête et ses épaules dépassent de la surface.Le soleil de fin d'après-midi accroche l'eau, la faisant scintiller.« Tu viens ? » demande-t-il.Je pose ma serviette sur l'un des bains de soleil et m'avance jusqu'au bord du bassin.L'eau a l'air parfaite. Limpide. Invitante.Je m'assois sur le rebord et y plonge les pieds.Chaude. Pas trop brûlante. Juste ce qu'il faut.Roman nage dans ma direction et s'arrête juste devant moi.L'eau ruisselle de ses cheveux, le long de son visage et sur ses épaules, le rendant insensément attirant. Une part imprudente en moi brûle de passer la langue sur chaque goutte qui perle sur sa peau.« Elle est comment ? » demandé-je.« Parfaite. Tu devrais entrer. »Je me glisse lentement dans le bassin, l'eau montant le long de mon corps. Ma
RomanLa chambre d’hôtel est silencieuse, à part le bourdonnement de la climatisation.Je me tiens près de la fenêtre, regardant Milan s’étendre en bas. Rues étroites. Toits rouges. Flèches d’églises s’élevant au-dessus des bâtiments.Belle ville.Je ne suis pas là pour la vue.Je sors mon téléphone. Compose un numéro que je n’ai pas appelé depuis des mois.Ça sonne deux fois avant qu’il réponde.« Bellerie. Je ne m’attendais pas à avoir de tes nouvelles. »« Marco. J’ai besoin d’informations. »« Toujours droit au but avec toi. » Marco rit. « De quoi as-tu besoin ? »« Nicko Russo. Je sais qu’il est dans le quartier de Brera. J’ai besoin d’une adresse exacte. »« Nicko Russo. » Marco se tait un instant. « Ça fait un moment que je n’avais pas entendu ce nom. La dernière fois que j’ai su, il se faisait discret. »« Il vend des informations à mes ennemis. J’ai besoin de le trouver. »« Ah. Donc c’est personnel. »« Très. »« Donne-moi une heure. Je vais voir ce que je peux dénicher. »«







