Mag-log inPoint de vue de Logane,
L’événement tant attendu, est enfin arrivé, le bal lunaire. Je suis moins joyeuse qu’au départ, le concernant. J’ai maintenant un mauvais pressentiment. Je suis tout de même heureuse d’avoir atteint ma majorité. Il n’y a pas a dire Thorneblake ne lésime pas sur les moyens. Tout pour les apparences. En mettre plein la vue à tout le monde. Le hall de la meute est méconnaissable, avec des fleurs suspendues, des lumières de Crystal scintillants. L’air est saturé de parfum capiteux et de tension sous-jacente. Tous les loups réunis ce soir, sont des plus élégants les costumes pour les mâles et robes tape à l’œil pour les femelles. Pour la première fois depuis des années, on m’a ordonnée de quitter mes frusques de ménage. Olga m’a jeté une robe trouvée, une étoffe fluide, bleu nuit, qui épouse mes courbes avec une insistance qui me met mal à l’aise. La fente sur la cuisse, le décolleté plongeant… je me sens exposée, vulnérable, comme une proie en tenue de gala. Je suis encore sous le choc de mon cauchemar. Je me suis réveillée en sursautant et en sueurs. Il me hante encore. La sensation de ses mains caressant avec une lenteur calculée mon cou vers mon corps dans une descente dangereuse, le timbre chaud de sa voix contre mon oreille, ses mots crus qui me promettaient des tourments délicieux… c’était si réel que j’en ai encore la peau qui brûle, la chair de poule s’empare de moi. Je secoue la tête pour chasser cette image mais mon corps est un traitre, je sens la chaleur se propager entre mes cuisses. — Bon sang, ses fichues hormones me font perdre la tête ! Je vais chercher de l’eau pour me calmer les nerfs en ébullition. Je bois d’une traite, lorsque ma chère louve commente mes pensées. « Nous ne sommes plus une louvette mais une louve donc nos besoins changent et malgré notre aversion pour les loups de haut rang, biologiquement nous voulons un partenaire puissant capable de nous protéger » me taquine Raven. « Sérieux ?! donc finalement on ne vaux pas mieux que les autres louves. » « Ha, Ha, Bien sûr que si ! Mais cela reste nos instincts primaux et puis c’est ton imagination à toi qui t’a joué un tour » Je pique un fard, elle continue de ricaner, mes réactions l'a divertissent. « Tais-toi, Raven » répondé-je, gênée. Lucas est mon ennemi, l'incarnation de tout ce que je déteste dans cette hiérarchie. Il ne me toucherait jamais, et je ne le laisserais jamais faire. Autour de moi, la foule bourdonne. Des représentants de meutes alliées ont fait le déplacement. Je reconnais les dignitaires au port altier, aux regards prédateurs. Je me glisse le long des murs, invisible, espérant simplement que les heures passent vite. Soudain, la musique des violons s’arrête, le silence tombe. Un souffle collectif parcourt la salle. L’Alpha Simon à libérer une petite dose de son aura. Il se présente aux côtés de sa Luna, fier. Il ne tarde pas à prend la parole. — Mesdames et Messieurs, je vous présente mon héritier, notre fils Lucas Drake et sa petite amie Lexia Stone, nous serons si ce couple sera bénie par la Déesse de Lune en leur faisant partager le lien des âme sœur ou décideront-ils de devenir des compagnons choisis, pour l’heure je vous prie de profiter de ce bal que nos jeunes loups puissent trouver leur compagnons ! annonce t-il solennel. Lucas et Lexia descendent le grand escalier. Ils sont magnifiques, respirant la perfection. Lucas, dans son costume sombre, semble taillé dans le marbre. Lexia, en robe argentée, affiche un sourire carnassier. Mais alors qu'ils atteignent le bas des marches, tout bascule. Drake s’arrête. Sa tête pivote brusquement vers la droite, là où je me tiens, cachée dans l’ombre d’une colonne. Ses yeux verts ne sont plus humains ; ils s’illuminent d’une lueur dorée, sauvage, presque terrifiante. Je vois ses muscles se tendre sous le tissu. Sa respiration est plus marquée. Son loup, Smoke, vient de se réveiller. Je le sens. Un courant électrique traverser mon corps, un aimant invisible qui tire sur mon nombril, sur mon cœur, sur mon âme. Le lien. Ce maudit lien d’âme soeur. « Non, pas ça, pas lui, Déesse…. » Mon loup prononce, le mot scellant ma plus grande crainte. « Compagnon » Mon souffle se bloque. Je le vois me fixer, son expression passant de la confusion à une dureté brute. Il sait. Il sait que c’est moi. Je ne reste pas une seconde de plus. La panique m’envahit. Je me faufile vers une porte dérobée, le cœur battant à tout rompre. Je marche vite pour ne pas attirer l’attention, mes talons claquant sur le marbre, mais je ne vais pas assez loin. Une main puissante se referme sur mon bras, me projette dans un bureau isolé. La porte claque derrière nous. Lucas est là. Il est hors de lui. Ses pupilles se dilatent, sa respiration est un grondement rauque. — Toi, souffle-t-il, comme si le simple fait de prononcer mon nom lui arrache la gorge. Il s’approche, envahi par une pulsion qu’il ne maîtrise pas. Son odeur cèdre, pluie et son aura puissance, oppressante m'enveloppe, m'enivrant malgré moi. Il pose une main sur le mur près de mon visage, m'emprisonnant. Je sens sa chaleur, la vibration de son loup qui veut me revendiquer, marquer son territoire. — Tu… tu es ma compagne, murmure-t-il, ses doigts effleurant mon cou avec une lenteur douloureuse. — Mien. A peine sorti de ma bouche, la seconde suivante, l’atmosphère se refroidit. Son expression se décompose. La colère, la haine, remplace le désir. Il recule brusquement, comme si par un simple contact, je le brûle ou que je l’empoisonne. Ses yeux retrouvent leur couleur normale, verte, vide, méprisant. — C’est une erreur, crache-t-il, la voix tremblante de fureur. Une aberration. Une Oméga de bas étage qui plus est une paria comme toi, ma Luna ? Jamais. Ne te fait pas d’illusion. Il est hors de question que moi, un Alpha te marque officiellement. Lexia sera ma compagne comme convenu. Je l’aime, pas toi. À cause de Smoke, je te désir peut-être mais je ne t’aime pas. Je n’ai pas de mots. Impossible de produire un son. Il croit que je le veux, lui. Mais non. Même si son odeur est un piège tentant. Raven a elle aussi subit un lavage de cerveau temporaire. « Compagnon, va vers lui, compagnon… » Il me gratifie d'un regard chargé d'un tel dégoût que je sens quelque chose se briser en moi. — Considère ce lien rompu, Logane Bloom. Moi futur Alpha Lucas Drake, je te rejette Logane comme ma compagne ! Ici, maintenant, sans témoins, il vaut mieux que personne ne sache qu'on est jumelés par la Déesse... Tu n'es rien. Tu ne le seras jamais. Grogne t-il, indifférent à la douleur, a ma détresse. Il se détourne et fracasse la porte en sortant. Lexia est là, dans le couloir, son visage de porcelaine affichant un triomphe glacé. Elle lui prend le bras, et ils s’éloignent vers la fête, vers la musique, vers leur vie parfaite. Je m'effondre. La douleur est physique, un déchirement atroce au niveau du cœur, comme si on m'arrachait une partie de mes entrailles. Malgré mon aversion pour lui. Mon âme s’étire pour s’éclater en milles morceaux comme un miroir brisé. Le rejet est une plaie béante. Je suffoque. Mes genoux frappent le sol froid, et le monde autour de moi vacille. J’agonise de douleur, me faisant souhaiter la mort, dans un instant fuguasse. Pour que toute cette souffrance cesse enfin. Le temps semble se dilater, ou peut-être s'effacer. Je ne sais pas combien de temps je reste prostrée dans ce bureau, l'âme en lambeaux. J’ai l’esprit vide et ma méfiance est absente. Je ne me pose aucunes questions quand Mike et John, deux Omégas, me trouvent. Leurs visages sont empreints de pitié, celle-ci qui me fait encore plus mal que le rejet lui-même. Ils me soutiennent, m'aident à marcher, à quitter cette demeure sinistre qui est devenu ma tombe. Durant le trajet je vacille entre conscience et inconscience. Finalement on finit par me porter car je suis un poids mort. De retour dans mon chalet, le froid est plus mordant qu’a l’accoutumée. Chose Surprenante, Sarah, une femelle Oméga, m’attend avec une tisane fumante. Ses mains tremblent alors qu’elle me la tend. — Bois, Logane. Il faut que tu récupères. Je ne réfléchis pas, mon corps transformé en automate, je porte la tasse à mes lèvres. Le goût est amer, terreux, presque métallique. Je bois, cherchant une forme d'anesthésie à cette agonie. Mes paupières s'alourdissent. La pièce se met à tourner. Les visages de Mike, John et Sarah deviennent flous, des étoiles passent dans mes pupilles dilatées. — Tout va bien se passer, … Ma dernière pensée, avant que le noir ne m'emporte, est pour ma louve, Raven. Après avoir hurler à la mort, elle est silencieuse, terrassée par le rejet. Et puis, plus rien. Le néant. Un sommeil sans rêve ou le prémisse d’un commencement d’un nouveau cauchemar plus sombre, m’emporte. Je suis loin de me douter, du plan machiavélique qui vient de s’enclencher à mon encontre.Point de vue de Logane, La lueur du néon extérieur vacille, sous la pression ambiante via le hublot de la porte en bois de la réserve. Mes doigts enserrent une tasse fumante dont le chocolat chaud et les guimauves fondantes m’ont servi d’excuse ainsi que les délicieux cookies maison qui m’attendent à la maison. Rory est actuellement au fourneau pour répondre à ma requête ou plutôt ma diversion afin de pouvoir découvrir la raison du changement des Lennox. Depuis des jours, je le sens. L’atmosphère à l’Ancrage Perdue est électrique. Chris et Rory ont beau afficher des sourires de façade, leurs regards se portent sans cesse vers la mer, tendus, guettant l’horizon. Quand j’ai interrogé Rory sur cette fameuse livraison de poissons frais et d’alcool par leur fournisseur habituel, ses réponses évasives m’ont achevée. Pourquoi tant de mystères pour de simples cageots et des fûts de bière ? Profitant du moment où elle a tourné les talons pour faire chauffer la pâte, les yeux rivés u
Point de vue de l’inconnu, Quand je suis contrarié ou que j’ai bien besoin de relâcher la tension, l’océan est mon élément, mon sanctuaire. Sous la surface azurée de l’eau, le monde terrestre s’efface pour laisser place à l’immensité des profondeurs. Je fends les vagues avec une puissance phénoménale avec un sentiment de liberté totale. Sous ma forme de loup de mer, je ne ressemble en rien aux créatures terrestres qui se tapissent dans les forêts. Je suis un loup-sirène, une créature des légendes anciennes, bien plus gigantesque, massif et redoutable que n’importe quel loup-garou des bois. Mon loup de mer Kraken. Ma fourrure, d’un blanc immaculé et dense, ondule dans le courant comme une crinière d’écume. Mes yeux, d’un bleu clair et perçant, coupent l’obscurité des fonds marins. Mais ma véritable fierté, l’objet de ma suprématie aquatique, réside dans ma longue nageoire qui me sert de gouvernail. Elle est recouverte d’écailles blanches pure qui lorsque nous approchons de la
Point de vue de Logane, Le soleil pointe à peine ses premiers rayons dorés à travers les carreaux de ma chambre d'ami. C’est une matinée qui devrait être douce. La lumière étire de longues ombres chaleureuses sur le parquet de bois clair et le silence de la maison n'est interrompu que par le chant lointain des oiseaux et le bruissement léger des arbres. Pourtant, je suis réveillée a cause de mon mal être qui ne me quitte plus depuis quelques jours. Je devrais être rétablit mais je ne suis pas dans mon assiette. Absolument pas. Je reste allongée sur le dos, fixant le plafond, immobile. Une sensation de lourdeur étrange pèse sur ma poitrine, mais c’est plus bas, au creux de mon estomac, que le véritable problème réside. Une vague de sursauts désagréables me tord le ventre. Depuis mon malaise au restaurant, un rituel infernal s'est installé sans que je ne comprenne pourquoi. Impossible d'avaler quoi que ce soit le matin. La simple idée d'une miche de pain chaud ou d'un thé fumant me s
Point de vue de Logane, La brise matinale souffle sur le quai, chassant peu à peu les derniers relents d'humidité. La saison des pluies touche enfin à sa fin, laissant place aux prémices de l’été. Le temps devient de plus en plus sec mais pas assez à mon goût. Pour moi, chaque pourcentage d'humidité en moins est une bénédiction. Elle est ma pire ennemie ! Dès que l'air se fait trop chargé, mon dos se rappelle de ma torture. Des douleurs fantômes surgissent, si réalistes et violentes que j'ai parfois l'impression de revivre chaque coup de fouet, chaque lambeau de chair arraché sur cette place publique. J'ai hâte que l'été s'installe pour de bon. Que ma peau cicatrise enfin totalement et que je laisse enfin le passé derrière moi. Heureusement, je ne suis plus seule, Rory et son mari Chris m’ont recueillie et prise sous leur aile. C'est chez eux, dans leur modeste maison, que je tente de me reconstruire, je suis émerveillée à chaque fois qu’ils se mettent à customiser un vase ou un
Point de vue de Logane, Des sifflements mélodieux accompagnés par l’effleurement doux d’un plumage m’éveille. Je veux hurler, mais à chaque prise d’air est une torture, mon souffle est coupé. Je n’ose pas bouger et pourtant, il le faut. — Love, c’est toi… dis-je d’une voix basse. C’est le plus câlin de la troupe, il tente de me réconforter en se blottissant contre ma joue. Je suis toujours coucher au sol. L’humidité et le froid agresse mon dos ensanglanté. Il me lance des aiguilles, me brûle. Je sens le cochon grillé à cause de l’argent. La terre me colle à la peau, il faut que je protège mon corps. Mon ami s’envole et se dirige vers le manteau protecteur. — Merci, petit ange. Il essaie de le tirer en prenant la sangle, il finit par appeler à l’aide car sa famille ne tarde pas à prendre à leur tour un bout. —C’est ça lentement, s’il vous plait. Le manteau est posé délicatement sur moi, je tend les bras pour les mettre dans les manches. Je serre les dents, la fourru
Point de vue de Lucas, Malgré la fatigue, je suis réveillé tôt, il doit être au alentours de huit heures. Ça fait quelque temps déjà que j’observe la femme endormie contre mon torse, ma merveilleuse compagne, Lexia. Elle est magnifique avec ma marque, ses cheveux sont désordonnés. Je souris, béat comme un idiot ! Tout est presque parfait. Malheureusement le rejet a laissé des traces… Mon loup est obstiné et a refusé d’accepter le rejet de la paria, me suppliant de faire machine arrière. Je grimace légèrement en me remémorant les heures sombres de la nuit. Je ne m’attendais pas à ça. Personne ne m'avait prévenu des effets secondaires pour avoir briser le lien choisit par la Déesse si notre loup n’est pas d’accord. Quand j'ai abîmé le lien avec Logane, mon loup est devenu fou. Une agonie brute quand on l’a laissée avec ce mâle. Mon propre loup s’est retourné contre moi, furieux, me hurlant sa rage au point que je pouvais ressentir, comme gravé dans ma propre chair, chaque endroit où







