Share

2

Author: dainamimboui
last update Petsa ng paglalathala: 2026-08-19 18:32:52

Lorsque Althea rentre chez elle ce soir-là, elle a encore l’impression de marcher dans un rêve dont elle ne parvient pas à se réveiller, parce qu’une partie d’elle-même vient de signer des documents qui pourraient changer toute son existence, tandis qu’une autre refuse de penser aux conséquences de ce choix, préférant s’accrocher à une seule certitude : Adrian va vivre.

Elle pose son sac sur le canapé, retire lentement ses chaussures et reste quelques secondes debout au milieu de son salon, les yeux fixés sur le vide, avant de porter machinalement une main contre son ventre.

Elle a peur.Bien sûr qu’elle a peur.Elle sait parfaitement ce qu’implique une telle opération, elle sait qu’elle devra subir une intervention lourde, qu’elle aura besoin de temps pour récupérer, qu’une cicatrice restera probablement sur son corps, et qu’il existe toujours des risques lorsqu’une personne parfaitement saine accepte de subir une opération aussi importante uniquement pour sauver quelqu’un d’autre.

Mais lorsqu’elle pense à Adrian, toutes ces inquiétudes semblent soudain perdre leur importance.

Elle ferme les yeux.Elle se souvient du jour où elle l’a rencontré pour la première fois, huit ans plus tôt, lors d’une réception organisée par leurs familles, de la manière dont il était entré dans la salle avec cette assurance tranquille qui le caractérisait déjà, de son costume sombre parfaitement ajusté, de son regard froid et de cette expression distante qui donnait l’impression qu’aucune personne autour de lui ne pouvait réellement l’atteindre.

Elle était tombée amoureuse de lui ce soir-là.

Pas parce qu’il était riche.Pas parce qu’il était l’héritier d’une des familles les plus puissantes du pays.

Simplement parce qu’au milieu de cette foule qui cherchait à attirer son attention, elle avait aperçu une solitude dans ses yeux que personne d’autre ne semblait remarquer.

Un bruit provenant de l’extérieur la ramène brutalement à la réalité.Quelqu’un frappe à la porte.Althea fronce les sourcils.

Elle n’attend personne.Elle s’approche et ouvre.

Son cœur manque immédiatement un battement.

Adrian se tient devant elle.

Il porte encore le costume qu’il avait probablement au moment où il a quitté son bureau, mais son visage habituellement impassible est marqué par une colère contenue.

— Adrian ?

Il ne répond pas immédiatement.Il la regarde simplement, comme s’il essayait de comprendre comment la femme qui se trouve devant lui a pu prendre une décision aussi insensée.

Puis il entre après qu’elle se soit écartée.

— Le médecin m’a parlé.

Althea ferme doucement la porte.

— Je sais.

— Tu sais ?

Sa voix devient plus dure.

— Tu savais que j’allais venir ?

— Je savais que tu finirais par l’apprendre.

Adrian se retourne vers elle.

— Alors explique-moi pourquoi tu as fait ça.

Althea reste silencieuse.

— Pourquoi as-tu accepté d’être ma donneuse ?

— Parce que tu en as besoin.

— Ce n’est pas une réponse.

— Pour moi, si.

Il passe nerveusement une main dans ses cheveux.

— Althea, tu ne comprends pas ce que tu es en train de faire.

— Si, je comprends parfaitement.

— Non, justement, tu ne comprends pas.

Il s’approche d’elle.

— Le médecin m’a expliqué les risques, et il m’a expliqué ce que cette opération pouvait te coûter. Tu es en parfaite santé, Althea. Tu n’as rien demandé. Tu n’as pas à subir une intervention pareille pour moi.

Elle baisse légèrement les yeux.

— J’ai déjà signé.

Adrian se fige.

— Quoi ?

— Les documents.

— Tu peux encore annuler.

— Non, écoute..

— Si.

— Adrian…

— Je vais trouver quelqu’un d’autre, tu n’a pas à faire ça pour moi, je vais me débrouiller pour trouver…

Elle relève les yeux.

— Il n’y a personne d’autre. Du moins , lorsque tu trouveras cette personne tu serais probablement mort et je ne peux pas laisser cela se produire.

Le silence qui suit est lourd.Adrian détourne le regard.Il le sait.Sa famille a cherché partout.

Des semaines de recherches n’ont rien donné.

Et maintenant, la seule personne compatible est une jeune femme qui l’aime depuis des années, même s’il n’avait jamais compris à quel point ses sentiments étaient profonds.

— Je refuse, dit-il finalement.

Althea fronce les sourcils.

— Tu refuses quoi ?

— Que tu sois ma donneuse.

— Tu n’as pas le choix.

— J’ai le choix.

— Non, Adrian.

Elle s’approche de lui.

— Tu n’as pas le droit de décider à ma place.

— Je ne vais pas te laisser sacrifier ta santé pour me sauver.

— Ce n’est pas un sacrifice.

Il la regarde avec incrédulité.

— Comment peux-tu dire ça ?

Althea respire profondément.

— Parce que je sais exactement ce que je fais.

— Tu risques de souffrir et..

— Je sais.

— Tu risques des complications.

— Je sais.

— Et si quelque chose se passe mal ?

Sa voix tremble légèrement pour la première fois.

Althea le remarque.

— Alors quelque chose se passera mal.

— Althea !

— Mais toi, tu vivras.

Adrian serre la mâchoire.

— Pourquoi ?

Elle reste silencieuse quelques secondes.

Puis elle s’approche suffisamment pour que leurs regards se rencontrent.

— Parce que je t’aime.

Adrian ne bouge plus.Ces quatre mots semblent avoir suspendu le temps.

Althea baisse les yeux, mais elle continue malgré la douleur qui lui serre la poitrine.

— Je t’aime Adrian , plus que tout. Et si tu meurt aujourd’hui alors je n’aurais plus aucune raison de vivre moi non plus alors laisse moi faire ça pour l’homme de j’aime !

Il ouvre légèrement la bouche, incapable de trouver quoi répondre.

— Je t’ai aimé quand tu ne me remarquais même pas, continue-t-elle doucement. Je t’ai aimé quand tu étais heureux avec d’autres femmes, je t’ai aimé quand tu me parlais comme à une simple connaissance, et je t’ai aimé même lorsque je savais que je n’aurais probablement jamais aucune place dans ta vie.

Elle esquisse un sourire triste.

— Alors ne viens pas aujourd’hui me demander de rester les bras croisés pendant que l’homme que j’aime meurt alors que je peux faire quelque chose pour lui.

Adrian détourne le visage.

— Tu ne peux pas faire ça uniquement parce que tu m’aimes.

— Pourquoi pas ?

— Parce que je ne veux pas que tu regrettes.

— Je ne regretterai pas.

— Tu ne peux pas le savoir.

— Si.

Elle s’approche encore.

— Parce que si je devais revenir en arrière, maintenant que je sais que je suis la seule personne capable de te sauver, je signerais encore.

Adrian ferme les yeux.

— Tu ne comprends pas ce que tu me demandes.

— Je ne te demande rien.

— Alors qu’est-ce que tu veux ?

Althea le regarde avec une douceur presque douloureuse.

— Rien.

Il rouvre les yeux.

— Rien ?

Elle avale difficilement sa salive.

— Je veux seulement que tu vives.

Adrian reste silencieux.

Pour la première fois depuis qu’il a appris sa maladie, il ne pense pas à sa propre mort.

Il pense à la femme qui se tient devant lui.

À cette femme qui accepte de subir une opération dangereuse pour quelqu’un qui ne lui a jamais donné la moindre raison de croire qu’il pourrait lui rendre son amour.

— Et si je refuse quand même ?

Althea sourit faiblement.

— Alors je te détesterai, et je ne te parlerais plus jusqu’à ce qu’on meurt tout les deux parce qu’il est hors de question que je vive dans un monde où tu n’y seras pas

Adrian baisse la tête, Il voudrait trouver une solution, N’importe laquelle, Mais il sait déjà qu’il n’en existe aucune.

— C’est déjà trop tard, murmure Althea.

— Althea…

— J’ai signé.

Elle pose doucement une main sur son bras.

— Et je ne regrette rien.

Adrian la regarde longuement.

— Tu es complètement folle.

Elle laisse échapper un petit rire malgré les larmes qui brillent dans ses yeux.

— Peut-être.

Puis son expression redevient sérieuse.

— Mais je t’aime, Adrian.

Elle serre légèrement son bras.

— Et je ferais tout pour toi.

Adrian ne répond pasPourtant, lorsqu’il quitte finalement sa maison quelques minutes plus tard, une seule phrase résonne dans son esprit.

Pour la première fois de sa vie, quelqu’un était prêt à donner une partie de lui-même pour qu’il puisse continuer à vivre.

Patuloy na basahin ang aklat na ito nang libre
I-scan ang code upang i-download ang App

Pinakabagong kabanata

  • La femme qu’il a failli perdre    Chapitre 33

    Depuis quelques jours, Althea faisait des efforts pour reprendre le contrôle de sa vie. Elle avait compris qu’elle ne pouvait pas passer éternellement ses journées enfermée dans sa chambre à pleurer un homme qui, de son côté, semblait avoir déjà tourné la page, alors elle avait commencé par de petites choses, presque insignifiantes, mais qui représentaient pour elle un immense effort : elle se levait plus tôt, prenait une douche, coiffait ses cheveux, essayait de manger correctement et, surtout, elle sortait de sa chambre même lorsqu’elle n’en avait aucune envie. Nathalie était constamment présente, sans jamais lui mettre la pression. Elle l’accompagnait faire quelques courses, l’obligeait presque à sortir prendre l’air, lui parlait de choses banales et faisait volontairement tout pour que leurs conversations ne tournent pas systématiquement autour d’Adrian. Ce soir-là, Althea était installée dans le salon, une couverture légère sur les jambes et un verre de jus dans la main, tand

  • La femme qu’il a failli perdre    Chapitre 32

    Depuis qu’elle avait reçu les papiers du divorce, Althea avait l’impression que les journées n’avaient plus de sens. Elle se réveillait avec la même douleur qu’elle avait ressentie la veille, puis elle se rendormait parfois quelques heures pour se réveiller à nouveau avec cette même sensation de vide qui lui écrasait la poitrine, comme si son cœur refusait d’accepter ce que son esprit avait pourtant déjà compris. Elle avait perdu Adrian, Cette fois, elle ne pouvait plus se raconter d’histoire. Althea passait donc ses journées dans sa chambre, parfois assise sur son lit, parfois près de la fenêtre, parfois allongée sans même avoir la force de se lever, les yeux rouges et le visage marqué par les larmes. Elle ne mangeait presque plus. Nathalie essayait de lui faire avaler quelques bouchées, mais Althea repoussait souvent son assiette après quelques minutes. — Tu dois manger. — Je n’ai pas faim. — Althea… — Je n’ai vraiment pas faim. Nathalie finissait par se taire, Elle savait

  • La femme qu’il a failli perdre    Chapitre 31

    Althea était assise au bord de son lit, les jambes repliées contre elle, le regard perdu devant la fenêtre depuis plusieurs minutes, incapable de dire combien de temps exactement elle était restée ainsi, Depuis son départ de la maison d’Adrian, elle vivait dans une étrange attente.Elle ne l’avait dit à personne, pas même à Nathalie, mais au fond d’elle-même, malgré tout ce qu’elle avait découvert, malgré les photographies, malgré les paroles cruelles de sa mère et malgré cette alliance qu’elle avait laissée sur la table, une petite partie d’elle continuait à espérer. Elle espérait qu’Adrian viendrait, Elle imaginait parfois le bruit d’une voiture devant la maison, puis des pas dans le couloir, avant de voir apparaître Adrian devant sa porte, le visage fermé par le regret, mais les yeux remplis de cette sincérité qu’elle avait tellement cherchée chez lui. Elle imaginait qu’il lui dirait qu’il avait fait une erreur, Qu’il lui expliquerait tout, Qu’il lui demanderait de revenir. Et s

  • La femme qu’il a failli perdre    Chapitre 30

    Nathalie arriva chez Althea en fin d’après-midi, après avoir reçu un simple message lui demandant de venir, un message si court et si différent de ceux que son amie lui envoyait habituellement qu’elle avait immédiatement compris que quelque chose de grave s’était produit, Lorsqu’Althea ouvrit la porte, Nathalie resta quelques secondes sans parler. Elle avait devant elle la même femme qu’elle connaissait depuis des années, mais quelque chose dans son visage avait changé, quelque chose de presque imperceptible pour quelqu’un qui ne la connaissait pas suffisamment, mais que Nathalie remarqua immédiatement. Ses yeux étaient gonflés, Ses lèvres tremblaient légèrement Et surtout, elle avait cette expression vide que Nathalie avait déjà vue chez des personnes qui avaient tellement pleuré qu’elles n’avaient plus la force de verser une seule larme. — Althea… Nathalie entra sans même attendre qu’elle l’y invite davantage, posa son sac sur une chaise et prit immédiatement son amie dans ses b

  • La femme qu’il a failli perdre    29

    Althea monta dans sa chambre sans dire un seul mot puis referma doucement la porte derrière elle, puis resta quelques secondes immobile, le dos contre le battant, les yeux fixés sur le vide, comme si son corps était arrivé dans cette pièce avant que son esprit ne soit capable de suivre. Tout lui semblait étrangement calme, Le lit était parfaitement fait, Sur la table de nuit se trouvait encore le petit vase qu’elle avait acheté pendant leur voyage, celui qu’elle avait choisi parce qu’Adrian avait prétendu qu’il irait parfaitement avec leur chambre. Sur une chaise reposait la veste qu’il avait portée quelques jours auparavant. Et sur la commode, plusieurs photographies de leur voyage étaient posées dans un petit cadreAlthea s’approcha, Elle prit le cadre entre ses mains, Sur la photographie, elle souriait contre Adrian, Elle se souvenait exactement de ce moment. Elle se souvenait de ce qu’elle avait ressenti. Elle avait cru être heureuse, Elle avait cru qu’après tout ce qu’elle a

  • La femme qu’il a failli perdre    28

    Lorsque la porte d’entrée s’ouvrit enfin, il était presque vingt-deux heures, Althea était assise dans le salon depuis plus d’une heure, immobile, les mains croisées sur ses genoux, tandis que son téléphone reposait sur la table basse, l’écran éteint après avoir affiché pendant des heures les photographies qui avaient détruit en quelques minutes la paix qu’elle croyait avoir retrouvée.Elle avait pleuré, Puis elle avait cessé de pleurer.Pas parce que la douleur avait disparu, mais parce qu’une étrange fatigue avait fini par remplacer ses larmes, une fatigue profonde qui lui donnait l’impression d’avoir vécu plusieurs années en une seule journée. Lorsqu’Adrian entra dans le salon, il retira tranquillement sa veste, posa ses clés sur le meuble et leva les yeux vers elle. — Tu ne dors pas encore ? Althea le regarda — J’attendais que tu rentres. Adrian s’immobilisa légèrement. — Il y a un problème ? Elle eut un petit rire sans joie. — C’est justement ce que j’aimerais savoir. Il

Higit pang Kabanata
Galugarin at basahin ang magagandang nobela
Libreng basahin ang magagandang nobela sa GoodNovel app. I-download ang mga librong gusto mo at basahin kahit saan at anumang oras.
Libreng basahin ang mga aklat sa app
I-scan ang code para mabasa sa App
DMCA.com Protection Status