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chapitre 5

last update publish date: 2026-08-22 06:47:17

La voiture s'immobilisa devant les urgences.

Joys n'attendit même pas que Jason ait complètement coupé le moteur. Elle ouvrit la portière et descendit précipitamment.

— Merci.

Elle fit quelques pas vers l'entrée.

— Attendez-moi.

La voix de Jason la fit se retourner.

— Je dois voir ma mère.

— Je viens avec vous.

Joys secoua la tête.

— Monsieur Wilson, vous n'êtes pas obligé de faire ça.

— Je sais.

Jason la regarda quelques secondes.

— Mais je viens quand même.

Joys ouvrit la bouche pour protester, puis se ravisa. Elle n'avait ni le temps ni la force de discuter.

Ils franchirent ensemble les portes vitrées de l'hôpital.

L'odeur de désinfectant lui prit immédiatement au nez. Des infirmières passaient rapidement dans les couloirs, tandis que des familles attendaient avec inquiétude près des salles d'examen.

Près de l'accueil, Daniel faisait les cent pas.

Dès qu'il aperçut sa sœur, il se précipita vers elle.

— Joys !

Elle se jeta dans ses bras.

— Comment va maman ?

Daniel la serra fort avant de répondre.

— Les médecins sont encore avec elle.

Joys recula légèrement.

— Qu'est-ce qui s'est passé ?

— Elle s'est évanouie à la maison. Quand elle a repris connaissance, elle avait beaucoup de mal à respirer.

Le visage de Joys pâlit.

Ses jambes se mirent à trembler.

— Non…

Elle porta une main à sa bouche pour retenir un sanglot.

Jason s'approcha sans faire de bruit et posa doucement une main sur son épaule.

— Respirez.

Joys leva les yeux vers lui.

Ses yeux étaient déjà remplis de larmes.

— J'ai peur.

Les mots sortirent dans un souffle.

C'était la première fois qu'elle lui avouait aussi franchement ce qu'elle ressentait.

Jason resta silencieux.

Il ne savait pas quoi lui dire pour effacer cette peur.

Alors il resta simplement là, près d'elle.

Parfois, c'était tout ce qu'on pouvait faire.

Quelques minutes plus tard, la porte de la salle s'ouvrit.

Un médecin sortit.

— La famille de Sarah Carter ?

Joys se leva aussitôt.

— Oui. Je suis sa fille.

Le médecin lui adressa un regard rassurant.

— Votre mère est stable pour le moment.

Joys ferma les yeux.

Un long souffle lui échappa.

— Merci, mon Dieu…

Mais le médecin n'avait pas terminé.

— Son état reste préoccupant. Elle doit commencer un traitement rapidement.

Le soulagement de Joys disparut aussi vite qu'il était venu.

— Combien cela va coûter ?

Le médecin lui donna une estimation.

Joys resta sans voix.

La somme était énorme.

Bien trop élevée pour elle.

À côté d'elle, Daniel baissa lentement la tête.

Joys sentit les larmes couler sur ses joues.

Elle les essuya du revers de la main.

— Je trouverai l'argent.

Le médecin hocha la tête.

— Il faut faire vite.

Puis il repartit.

Joys s'effondra sur une chaise.

Elle posa ses coudes sur ses genoux et enfouit son visage dans ses mains.

— Comment je vais faire ?

Jason la regardait en silence.

Il savait très bien qu'elle n'avait pas les moyens de payer une telle somme.

— Combien faut-il ?

Joys releva brusquement la tête.

— Non.

Jason fronça les sourcils.

— Je n'ai encore rien proposé.

— Je connais cette expression.

— Quelle expression ?

Elle essuya rapidement ses joues.

— Celle des gens qui veulent me donner de l'argent parce qu'ils ont pitié de moi.

Jason resta un instant sans voix.

Puis son visage se ferma.

— Je ne vous prends pas en pitié.

— Alors pourquoi voulez-vous m'aider ?

Cette fois, il ne répondit pas tout de suite.

Il aurait pu la ramener au manoir et considérer que son rôle s'arrêtait là.

Il aurait pu repartir et laisser les médecins faire leur travail.

Mais il n'en avait pas envie.

Il ne supportait pas de la voir dans cet état.

— Parce que personne ne devrait perdre sa mère faute d'argent.

Joys le fixa.

Elle chercha quelque chose dans son regard, peut-être une trace de pitié ou de condescendance.

Elle ne trouva rien.

Elle finit par détourner les yeux.

— Je vous rembourserai.

Jason eut un léger sourire.

— Je ne vous ai encore rien donné.

— Je vous rembourserai quand même.

Il haussa légèrement les épaules.

— D'accord.

---

Pendant ce temps, une voiture était garée un peu plus loin dans le parking de l'hôpital.

Victoria en descendit.

Elle avait suivi Jason jusqu'ici.

À travers les portes vitrées, elle aperçut rapidement son mari.

Et Joys.

Ils étaient debout l'un près de l'autre.

Beaucoup trop près à son goût.

Victoria serra son téléphone dans sa main.

Son regard resta fixé sur eux.

Puis elle porta l'appareil à son oreille.

— Ils sont ensemble à l'intérieur.

Une voix lui répondit à l'autre bout.

— Vous voulez que je fasse quelque chose ?

Victoria resta silencieuse quelques secondes.

Elle observa Joys qui essuyait ses larmes.

— Pas encore.

Sa mâchoire se crispa.

— Je veux d'abord savoir exactement qui elle est.

Elle raccrocha.

Son regard ne quitta pas Joys.

---

Plus tard dans la soirée, Jason accompagna Joys jusqu'à la chambre où sa mère avait été installée.

Sarah était réveillée.

Lorsqu'elle vit Jason entrer derrière sa fille, elle fronça légèrement les sourcils.

— Qui est ce monsieur ?

Joys essuya rapidement les dernières traces de larmes sur son visage.

— C'est mon patron.

Jason s'avança avec politesse.

— Bonsoir, madame Carter.

Sarah lui adressa un petit sourire.

— C'est gentil d'avoir accompagné ma fille.

— C'était normal.

Sarah regarda Joys.

Puis elle reporta son attention sur Jason.

Son regard s'attarda quelques secondes sur lui.

Elle avait remarqué la façon dont il regardait sa fille.

Elle ne posa aucune question.

Pas maintenant.

Après quelques minutes, Jason prit congé et quitta la chambre.

Joys resta auprès de sa mère.

Sarah attendit qu'il soit parti avant de murmurer :

— Il semble bien vous traiter.

— Maman…

Un petit sourire apparut sur les lèvres de Sarah.

— Je n'ai rien dit.

Joys baissa les yeux.

— Il est simplement mon patron.

— Je sais.

Mais le sourire de sa mère ne disparut pas.

Joys, elle, préféra ne pas y penser.

Elle avait déjà assez de soucis en tête.

---

Il était presque minuit lorsque Joys rentra au manoir.

Elle était épuisée.

Ses jambes lui faisaient mal et sa tête était lourde après cette journée interminable.

À peine entra-t-elle dans le hall qu'elle aperçut Jason près de l'escalier.

Il semblait l'attendre.

— Votre mère va mieux ?

Joys hocha doucement la tête.

— Oui. Pour le moment.

— Tant mieux.

Elle resta quelques secondes devant lui.

Puis elle murmura :

— Merci de m'avoir accompagnée.

Jason acquiesça.

— Allez vous reposer.

Joys monta quelques marches.

Mais au milieu de l'escalier, elle s'arrêta.

Elle se retourna.

— Monsieur Wilson ?

— Oui ?

Elle hésita.

La question lui trottait dans la tête depuis plusieurs heures.

— Pourquoi m'avez-vous vraiment accompagnée aujourd'hui ?

Jason ne répondit pas.

Il aurait aimé lui donner une réponse claire.

Une raison simple.

Mais il n'en avait aucune.

Après quelques secondes, il finit par dire :

— Je ne sais pas.

Joys le regarda encore un instant.

Puis elle reprit son chemin vers sa chambre.

Jason resta seul dans le hall.

Il passa une main sur son visage et poussa un soupir.

Il ne comprenait plus sa propre attitude.

Joys n'était qu'une employée.

Alors pourquoi pensait-il à elle aussi souvent ?

Pourquoi son sourire lui revenait-il en mémoire sans raison ?

Et surtout…

Pourquoi ressentait-il ce besoin de la protéger ?

Il n'avait aucune réponse.

Mais il savait déjà qu'il franchissait peu à peu des limites qu'il s'était toujours imposées.

Et pendant que Jason essayait encore de comprendre ce qui lui arrivait, Victoria, elle, avait déjà pris une décision.

Elle ferait tout pour les séparer.

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