ANMELDENDans un monde où les loups-garous règnent sur des terres anciennes et sauvages, les guérisseuses ont presque toutes disparu massacrées lors d’une guerre impitoyable livrée il y a quatre-vingts ans. Celles qui survivent vivent cachées, traquées, réduites à des trésors de guerre que les clans s’arrachent sans pitié. Ivy Merrow dix-neuf ans, est l’une d’elles. Élevée dans l’ombre par une mère obsédée par le secret, elle n’a jamais utilisé son don devant personne. Jusqu’au jour où elle trouve un loup agonisant dans une clairière interdite et où son instinct l’emporte sur sa peur. Ce loup, c’est Caden Vrell. Alpha des Crocs d’Argent. Et il a vu son visage.
Mehr anzeigenElle courait.
Ses pieds nus frappaient la terre froide, ses chevilles se tordaient sur les racines que l'obscurité lui cachait. Derrière elle toujours derrière elle les cris montaient en lames de fond. Des voix de femmes. Des voix qu'elle reconnaissait. Sœurs de sang, sœurs de savoir, liées par des années de transmission sacrée autour des mêmes feux.
Elles brûlaient.
Le bâtiment principal du campement s'était embrasé le premier. Vieux bois sec, paille des couchettes, huiles médicinales rangées en rang d'oignons sur les étagères tout avait pris en quelques souffles. Elle avait senti la chaleur avant même d'ouvrir les yeux, avait roulé hors de sa couche par réflexe, avait couru sans comprendre. Puis elle avait compris. Trop vite. Trop clairement.
Des silhouettes noires se découpaient contre les flammes. Grandes, larges, se mouvant avec la fluidité caractéristique de ceux qui pouvaient être autre chose qu'humains lorsque la lune le voulait bien. Des loups. Mais lesquels impossible à dire. Dans l'obscurité et la fumée, les marques de clan ne se voyaient pas. Cela n'avait peut-être aucune importance.
Elle courut plus vite.
Une branche lui zébra la joue. Elle n'y prit pas garde. Son livre elle avait eu le réflexe de l'emporter, serré contre sa poitrine comme on serre un enfant pesait à présent comme une pierre. Mais elle ne le lâcherait pas. Ces pages contenaient trois générations de savoir condensé, d'observations notées à la lueur des chandelles, de formules testées et retestées jusqu'à l'épuisement. Si elle mourait cette nuit, le livre ne devait pas mourir avec elle.
Elle l'entendit respirer avant de le voir.
Un loup énorme, gris comme la cendre, se matérialisa au sortir d'un buisson à deux pas devant elle. Ses yeux captaient les reflets de l'incendie lointain et les renvoyaient comme deux braises. Calme. Absolument calme. Il n'avait pas couru, lui. Il avait attendu.
Elle s'arrêta. Ses poumons brûlaient presque autant que le campement.
Elle avait soigné de nombraux loups-garous blessés au cours de sa vie. Elle avait posé ses mains sur des corps en transformation, guidé des os qui se reformaient, ralenti des saignements qui auraient tué n'importe quel humain. Elle avait aimé cette vie-là le sentiment d'être utile, reliée à quelque chose de plus grand qu'elle-même.
Elle aurait voulu haïr ce loup. Elle n'y parvint pas.
Il bondit.
On appela cette nuit-là la Première Flamme. Ce fut le début de ce que les survivants nommèrent la Grande Guerre des Lunes Brisées bien qu'à vrai dire, personne ne sût jamais avec certitude quel clan avait frappé en premier.
Tout avait commencé par une rumeur.
La Larme de Selene était apparue.
Personne n'avait jamais vu l'artefact de ses propres yeux. C'était une chose de légende, une relique que les anciens évoquaient à voix basse autour des feux d'hiver. On disait qu'il s'agissait d'un fragment de lune tombé sur les Terres d'Elyndor lors d'une nuit sans étoiles, des siècles avant que les premiers clans ne se forment. On disait que celui qui le possédait détenait un pouvoir sans mesure sur les métamorphoses, sur la force des guerriers, sur la longévité des anciens. On disait bien des choses.
Ce qui était certain, c'est que la légende précisait une condition absolue : la Larme de Selene ne pouvait être activée que par une guérisseuse . Seul le sang de ces femmes, transmis de mère en fille depuis les origines, pouvait éveiller l'artefact.
Lorsque la rumeur courut que la Larme avait été localisée quelque part sur le territoire des Faucons d'Acier, les cinq Grands Clans cessèrent immédiatement de faire semblant de se supporter. Chacun envoya des éclaireurs . Chacun prépara ses guerriers. Chacun commença à regarder ses alliés comme de futurs ennemis.
Puis quelqu'un personne ne revendiqua jamais ouvertement la décision comprit quelque chose de simple et de terrible : il ne servait à rien de posséder la Larme si l'on ne possédait pas aussi la guérisseuse capable de l'activer. Et il était infiniment plus facile de détruire ce que les ennemis possédaient que de se l'approprier soi-même.
La première attaque visant spécifiquement les guérisseuses eut lieu trois semaines après la Première Flamme. Puis une autre. Puis une autre encore. Ce qui était au départ des actes isolés prit rapidement l'allure d'une politique délibérée. Les campements furent encerclés de nuit. Les femmes furent séparées des guerriers qui les protégeaient. Certains clans livrèrent leurs propres guérisseuses pour acheter des alliances. D'autres les utilisèrent comme monnaie d'échange. D'autres encore les exécutèrent simplement.
Le massacre dura sept ans.
À la fin de la guerre qui s'acheva non pas par une victoire mais par un épuisement collectif, un silence qui tomba un matin sur les champs de bataille sans que personne ne l'eût vraiment décidé . la Larme de Selene n'avait toujours pas été trouvée. Les clans s'accusèrent mutuellement de la dissimuler. Certains y croient encore aujourd'hui.
Ce qu'ils avaient obtenu en échange de sept ans de massacres : des terres dévastées, des meutes décimées, et un monde où les guérisseuses avaient presque entièrement disparu.
Quatre-vingts ans plus tard, les rares survivantes vivaient cachées, terrées dans des villages humains ou des hameaux perdus au fond des forêts, transmettant leurs savoirs dans le secret et la peur. Les Grands Clans organisaient des tragues impitoyables dès qu'une rumeur circulait. Une guérisseuse capturée devenait un trésor de guerre, gardée jalousement, jamais libre.
Il n’avait pas d’arme. Pas d’armure. Rien qu’une tunique sombre, ouverte sur le cou, les manches relevées. Il tenait ses mains le long du corps, les doigts légèrement écartés, dans cette immobilité qui n’était jamais vraiment immobile une lame au fourreau, une bête qui attend. Ses yeux couleur ambre balayèrent les trois hommes, s’attardèrent sur leurs visages, puis vinrent se poser sur moi. Une seconde. Puis revinrent à eux.— Vous savez qui elle est ?Un silence. Le premier ouvrit la bouche. La referma.— C’est la guérisseuse du clan, dit Soren. Il ne haussa pas le ton. Il n’en avait pas besoin.Je vis la couleur leur monter aux joues. Pas de la honte. De la peur. Une peur blanche, viscérale, celle qu’on lit dans les yeux des types qui savent qu’ils viennent de mettre le doigt dans un engrenage qui va leur broyer le bras.— Seigneur Vrell, on ne savait pas, balbutia le premier. On pensait que c’était une une étrangère, une...— Vous pensiez, répéta Soren. Vous pensiez que c’était qu
Le champ en bordure de cité était plus grand que je ne l’avais cru depuis la rue.Il s’étendait sur une centaine de mètres de terre cultivée, délimité d’un côté par le mur d’enceinte en pierre noire suintante d’humidité, moussue par endroits et de l’autre par une lisière de forêt que les arbres rendaient sombre même en plein matin. Les plantes poussaient en rangées : certaines intentionnellement semées, d’autres venues d’elles-mêmes, tolérées parce qu’utiles. L’odeur de la terre fraîchement retournée, du fumier et des herbes écrasées. Une odeur honnête. La seule odeur honnête de toute cette putain de cité.Je reconnus la plupart des plantes en entrant. La consoude, l’achillée, le plantain lancéolé les bases, les fidèles, celles qui ferment les plaies et arrêtent le sang. Plus loin, de la mélisse, de la sauge, un carré d’absinthe qui poussait comme une mauvaise herbe sans qu’on l’en déloge. Quelqu’un ici savait ce qu’il faisait. Ou alors la terre elle-même avait retenu les leçons d’a
Ce ne fut que plus tard, bien plus tard, quand Vesna m’eut ramenée chez elle et que la dernière chandelle brûlait dans la cuisine, qu’elle posa la vérité sur la table entre nous comme on pose un couteau.Elle avait préparé une tisane je reconnus les plantes : mélisse pour le calme, aubépine pour le cœur, une pincée de valériane pour le sommeil. Elle m’en servit un bol et prit le sien, et nous restâmes assises l’une en face de l’autre dans la pénombre, la seule lumière vacillante de la lampe à huile.— Il y a une chose que tu dois savoir, dit-elle au bout d’un long silence. Sur ce que tu représentes ici. Sur ce qu’on attend de toi.Je tenais mon bol à deux mains, comme pour m’ancrer à quelque chose.— La première guérisseuse , dit-elle lentement, ne se contente pas de soigner. Depuis les origines des Grands Clans bien avant la guerre, bien avant les bûchers elle épouse l’Alpha dominant du clan. C’est un lien qui va au-delà du mariage. C’est un ancrage. Le sang de la guérisseuse protèg
Vesna leva les yeux au ciel.— Je ne fais pas de pronostics pour les curieux.— Allez, Vesna. On est entre nous.— Entre vous, peut-être. Moi, je suis la guérisseuse. Je ne parle pas de l’état de mes patients .Roran leva les mains en signe de reddition, mais son sourire resta.— D’accord, d’accord. Alors les autres . Vous pensez que ce sera pour quand ?Les regards se croisèrent. Un guerrier aux doigts épais, assis près du feu, fronça les sourcils.— De quoi tu parles ?— De la mort du chef, voyons. Le vieux Aldric. Il va passer l’arme à gauche, non ? On le sait tous. Alors à votre avis, c’est qui qui reprend le clan après ?Un souffle parcourut l’assemblée. Pas de surprise plutôt cette tension de quelqu’un qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.— Roran, souffla un autre guerrier en jetant un coup d’œil vers Ivy. Ta gueule.— Quoi ? Elle va l’apprendre tôt ou tard. Autant que ce soit maintenant ....Il se tourna vers moi, son regard malicieux.— Voilà, Ivy. Chez nous












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