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Chapitre 2

作者: Jayka
last update publish date: 2026-07-11 05:11:37

Chapitre 2 – Le dernier jour

Le lendemain matin, le réveil sonna exactement à cinq heures trente. Valentina l’éteignit avant qu’il ne retentisse une seconde fois. Son rituel était toujours le même. Elle ouvrit la fenêtre, prépara un café, prit une douche rapide et enfila son uniforme soigneusement repassé. En quittant son appartement, elle remarqua que le ciel était couvert de nuages gris. Une fine pluie commençait déjà à tomber. Elle ouvrit son parapluie et marcha jusqu’à l’arrêt de bus. Comme chaque matin, les mêmes visages étaient présents. Une vieille dame lisait son journal. Un étudiant dormait contre la vitre. Un jeune père tenait son fils par la main. Valentina s’installa à sa place habituelle.

Elle observait les gouttes de pluie glisser sur la vitre lorsque son téléphone vibra. C’était un message de Sophie.

– Tu es déjà en route ?

Valentina répondit aussitôt.

– Oui. J’arrive dans une dizaine de minutes.

Quelques secondes plus tard, un nouveau message apparut.

– Tu trouves pas que l’ambiance est bizarre depuis quelques jours ?

Valentina fronça légèrement les sourcils.

– Pourquoi tu dis ça ?

– Je sais pas… Madame Claire a l’air très stressée.

Avant qu’elle ne puisse répondre, le bus s’arrêta devant le Grand Hôtel Beaumont.

En entrant dans le hall, elle sentit immédiatement que quelque chose avait changé. Le personnel parlait à voix basse. Même les réceptionnistes, habituellement souriantes, semblaient préoccupées.

Elle rejoignit les vestiaires où Sophie terminait de nouer ses cheveux.

– Tu avais raison.

– Tu vois ? Ce n’est pas seulement moi.

– Tu sais ce qu’il se passe ?

Sophie secoua la tête.

– Personne ne veut rien dire.

À cet instant, Madame Claire entra dans la pièce. Son visage était plus fermé que d’habitude.

– Tout le monde, prenez votre matériel. Nous commencerons par les suites du cinquième étage.

Les employées échangèrent un regard avant d’obéir. Personne n’osa poser de questions.

Pendant toute la matinée, Valentina travailla comme à son habitude. Elle nettoya les chambres avec soin, répondit aux demandes des clients et aida même une collègue débordée.

Vers onze heures, alors qu’elle changeait les draps d’une suite, Madame Claire apparut à la porte.

– Valentina.

– Oui, madame ?

– Quand tu auras terminé ici, passe dans mon bureau.

– Bien sûr.

Le ton de sa supérieure était calme, mais inhabituellement sérieux. Pendant les vingt minutes suivantes, Valentina ne put s’empêcher d’y penser.

Avait-elle fait une erreur ? Avait-elle oublié quelque chose ? Pourtant, elle ne se souvenait d’aucune faute.

Une fois la chambre terminée, elle descendit jusqu’au bureau de Madame Claire. La porte était entrouverte.

– Entrez.

Valentina poussa doucement la porte. Madame Claire était assise derrière son bureau. Devant elle se trouvait un dossier fermé. Elle invita Valentina à s’asseoir.

– Tu dois te demander pourquoi je t’ai fait venir.

– Un peu, oui.

Madame Claire poussa un profond soupir.

– Avant tout, je tiens à te dire que tu es l’une de nos meilleures employées.

Valentina resta silencieuse.

– Tu es toujours ponctuelle. Les clients t’apprécient. Tu fais ton travail avec sérieux. Je n’ai jamais eu à te faire le moindre reproche.

– Merci…

La responsable baissa les yeux.

– Malheureusement… ce que je vais t’annoncer n’a rien à voir avec tes compétences.

Le cœur de Valentina accéléra.

– L’hôtel a été vendu.

Elle cligna des yeux.

– Vendu ?

– Les nouveaux propriétaires souhaitent entièrement réorganiser le personnel.

Un silence lourd s’installa.

– Nous devons malheureusement supprimer plusieurs postes.

Valentina sentit son estomac se nouer.

– Je… je fais partie des employés concernés ?

Madame Claire hocha lentement la tête.

– Oui.

Aucun son ne sortit de la bouche de Valentina. Elle regardait simplement le bureau devant elle, comme si son cerveau refusait d’accepter ce qu’elle venait d’entendre.

– Je suis vraiment désolée.

Madame Claire lui tendit une enveloppe.

– Tu recevras une indemnité de départ. Ce n’est pas énorme, mais j’espère que cela t’aidera quelques semaines.

Valentina prit l’enveloppe d’une main tremblante.

– Merci.

– Si un autre établissement me demande une recommandation, je parlerai de toi sans hésiter.

Valentina força un léger sourire.

– Merci pour tout ce que vous avez fait.

Elle se leva. Avant qu’elle n’atteigne la porte, Madame Claire reprit la parole.

– Valentina.

Elle se retourna.

– Tu trouveras un autre travail. J’en suis certaine.

Valentina acquiesça discrètement avant de sortir.

Dans le couloir, elle inspira profondément. Elle refusait de pleurer ici.

Elle retourna dans les vestiaires récupérer ses affaires. Sophie comprit immédiatement.

– Qu’est-ce qu’il y a ?

Valentina posa son uniforme dans son casier.

– Je fais partie des licenciements.

Les yeux de Sophie s’écarquillèrent.

– Non…

– Si.

Sans réfléchir, Sophie la serra dans ses bras.

– C’est tellement injuste.

Valentina lui rendit son étreinte.

– Ce n’est la faute de personne.

– Tu vas faire comment ?

– Je chercherai un autre emploi.

– Tu peux compter sur moi si tu as besoin de quoi que ce soit.

– Merci.

Après avoir dit au revoir à ses collègues, Valentina quitta définitivement le Grand Hôtel Beaumont.

Pour la première fois depuis trois ans, elle franchissait les portes de l’établissement sans savoir si elle y reviendrait un jour.

La pluie s’était arrêtée. Elle marcha sans destination précise. Les rues lui semblaient différentes. Plus bruyantes. Plus froides.

En arrivant devant son immeuble, elle ouvrit enfin l’enveloppe que Madame Claire lui avait remise. L’indemnité couvrirait à peine deux mois de loyer. Deux mois. Pas un de plus. Elle monta lentement les escaliers jusqu’à son appartement. Une fois à l’intérieur, elle posa son sac sur la table et s’assit dans le silence. Son regard se posa sur son carnet de dépenses. Elle prit un stylo et commença à faire des calculs. Le résultat était toujours le même. Si elle ne retrouvait pas rapidement un emploi, elle perdrait tout. Son appartement. Ses économies. La vie stable qu’elle avait mise des années à construire. Elle referma le carnet d’un geste lent. Pour la première fois depuis longtemps, la peur s’installa dans son cœur.

Elle leva les yeux vers la fenêtre. Le soleil commençait à disparaître derrière les immeubles.Sans qu’elle le sache encore, quelque part, quelqu’un venait justement de recevoir son dossier de candidature. Et son nom venait d’être retenu.Une vie ordinaire venait de prendre fin.Une autre, bien plus mystérieuse, s’apprêtait à commencer.

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