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La maison sans numéro
La maison sans numéro
作者: Jayka

Chapitre 1

作者: Jayka
last update publish date: 2026-07-11 05:08:01

Chapitre 1 – Une journée comme les autres

Le réveil de Valentina sonna à cinq heures trente, comme tous les matins. Elle tendit la main vers la petite table de chevet et coupa l’alarme avant qu’elle ne réveille les voisins. Pendant quelques instants, elle resta allongée, les yeux fixés sur le plafond légèrement fissuré de son appartement. Le silence l’entourait. Un silence auquel elle était habituée depuis longtemps. Elle vivait seule.

Pas de famille à appeler avant de partir travailler. Pas de colocataire qui monopolisait la salle de bain. Pas de compagnon qui lui souhaitait une bonne journée Seulement elle. Elle repoussa sa couverture, enfila ses chaussons et ouvrit la fenêtre. L’air frais du matin envahit immédiatement la pièce. Dans la rue, quelques voitures circulaient déjà et le boulanger du coin installait ses présentoirs devant sa boutique. Valentina inspira profondément.

Elle aimait ce moment de la journée. Tout semblait encore calme, comme si le monde hésitait à se réveiller. Elle prépara un café, fit griller deux tranches de pain et consulta rapidement son carnet posé sur la table. Elle y notait chacune de ses dépenses.

Le loyer.

L’électricité.

Les courses.

Le transport.

Il ne lui restait jamais grand-chose à la fin du mois, mais elle avait appris à vivre avec peu.

Une demi-heure plus tard, elle enfila son uniforme bleu marine parfaitement repassé. Elle passa un peigne dans ses longs cheveux bruns qu’elle attacha en une queue-de-cheval soignée avant de se regarder dans le miroir.

Ses traits étaient fins, son visage naturellement doux. Elle ne portait presque jamais de maquillage. Une simple crème hydratante lui suffisait.

Elle esquissa un petit sourire.

– Allez… une nouvelle journée.

Elle prit son sac, vérifia qu’elle avait bien ses clés et quitta son appartement.

Le trajet jusqu’à l’hôtel durait une quarantaine de minutes en bus. Valentina s’installa toujours près de la fenêtre. Elle observait les passants sans vraiment les regarder.

Des étudiants riaient en marchant.

Un homme promenait son chien.

Une mère coiffait rapidement sa petite fille avant qu’elles ne traversent la rue.

Ces scènes faisaient partie de son quotidien.

Elle les trouvait rassurantes.

Lorsque le bus s’arrêta devant le Grand Hôtel Beaumont, Valentina descendit avec plusieurs employés.

L’établissement faisait partie des plus luxueux de la ville. Les façades en pierre blanche étaient impeccablement entretenues et les immenses baies vitrées reflétaient les premiers rayons du soleil.

À peine avait-elle franchi les portes que le gardien lui adressa un sourire.

– Bonjour, Valentina.

– Bonjour, monsieur Alain.

– Toujours aussi ponctuelle.

– J’essaie de ne pas vous décevoir.

Le vieil homme éclata de rire.

– Tu ne m’as jamais déçu jusqu’à présent.

Elle lui rendit son sourire avant de rejoindre les vestiaires.

Plusieurs employées étaient déjà en train de discuter en préparant leur matériel.

– Salut, Valentina !

– Bonjour.

– Tu as passé un bon week-end ?

– Oui. Je me suis reposée.

– Tu n’es sortie nulle part ?

Elle secoua doucement la tête.

– J’avais un livre qui m’attendait.

Ses collègues échangèrent un regard amusé.

– Tu finiras par épouser une bibliothèque.

Valentina rit doucement.

– Ce serait moins compliqué qu’un mari.

Les femmes éclatèrent de rire avant de reprendre leur travail.

Malgré sa discrétion, Valentina était appréciée de tout le monde. Elle n’était jamais mêlée aux disputes. Elle ne parlait pas dans le dos des autres. Elle faisait simplement son travail avec sérieux.

Elle récupéra son chariot rempli de serviettes, de draps propres et de produits d’entretien avant de rejoindre le quatrième étage.

Sa première chambre venait d’être libérée.

Comme toujours, elle ouvrit les rideaux en grand pour laisser entrer la lumière. Puis elle retira les draps, changea les serviettes, nettoya la salle de bain et passa l’aspirateur avec une précision presque parfaite.

Elle aimait que tout soit à sa place.

Un lit parfaitement fait.

Des coussins bien alignés.

Des miroirs sans la moindre trace.

Elle trouvait une certaine satisfaction dans ce travail minutieux.

Vers dix heures, une cliente âgée sortit de sa chambre pendant que Valentina terminait le nettoyage.

– Excusez-moi, mademoiselle.

– Oui, madame ?

– C’est vous qui vous êtes occupée de ma chambre hier ?

– Oui.

La vieille dame lui tendit un petit sachet de biscuits.

– Je voulais simplement vous remercier. Je voyage beaucoup, mais rarement je trouve une chambre aussi propre.

Valentina rougit légèrement.

– Merci beaucoup. C’est très gentil.

– Continuez comme ça.

– Je ferai de mon mieux.

La cliente s’éloigna lentement.

Valentina resta quelques secondes immobile avant de glisser les biscuits dans son sac.

Ces petits gestes suffisaient souvent à illuminer sa journée.

À midi, elle s’installa seule dans la salle de repos du personnel avec une boîte contenant des pâtes préparées la veille.

Elle venait à peine de commencer son repas que Sophie, une collègue de son âge, s’assit en face d’elle.

– Tu manges encore la même chose ?

Valentina sourit.

– C’est économique.

– Tu économises toujours autant ?

– J’essaie.

– Tu pourrais te faire plaisir de temps en temps.

Valentina haussa doucement les épaules.

– Je préfère garder un peu d’argent de côté. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve.

Sophie l’observa quelques instants.

– Tu sais… je t’admire.

Valentina releva les yeux.

– Pourquoi ?

– Tu traverses tout toute seule et pourtant tu souris toujours.

Le sourire de Valentina se fit plus discret.

– Je ne suis pas toujours forte.

– Tu le parais.

Un silence s’installa entre elles.

Finalement, Sophie reprit la parole.

– Tu n’as vraiment plus personne ?

Valentina baissa les yeux vers son repas.

– Mes parents sont décédés il y a plusieurs années.

– Je suis désolée…

– Ce n’est pas grave.

– Et le reste de ta famille ?

– Nous ne nous parlons plus depuis longtemps.

Sophie posa doucement sa main sur celle de Valentina.

– Si un jour tu as besoin de parler, je suis là.

Valentina sentit une chaleur lui serrer le cœur.

– Merci.

C’était sincère.

Elle n’était simplement pas habituée à ce que quelqu’un se préoccupe d’elle.

L’après-midi passa rapidement.

Les chambres s’enchaînaient.

Les couloirs se remplissaient de nouveaux clients.

À dix-sept heures, Valentina termina enfin son service.

Avant de partir, elle passa au bureau de la responsable de l’entretien.

– Bonne soirée, madame Claire.

– Bonne soirée, Valentina.

La responsable lui adressa un sourire.

– Comme toujours, excellent travail.

– Merci.

En quittant l’hôtel, Valentina leva les yeux vers le ciel. Les nuages avaient laissé place à une lumière dorée qui baignait toute la ville.

Elle décida de rentrer à pied.

Le trajet était plus long, mais elle aimait observer les vitrines, les cafés animés et les enfants qui jouaient dans les parcs.

En passant devant une librairie, elle s’arrêta quelques instants.

Un nouveau roman était exposé en vitrine.

Elle le contempla avec envie avant de consulter discrètement son portefeuille.

Elle sourit avec résignation.

– Le mois prochain…

Elle reprit sa route.

Une fois arrivée chez elle, elle retira ses chaussures, ouvrit les fenêtres et mit un peu de musique.

Son appartement était modeste, mais il lui appartenait.

C’était son refuge.

Après une douche chaude, elle prépara une simple omelette accompagnée d’une salade. Puis elle s’installa près de la fenêtre avec le livre qu’elle lisait depuis plusieurs jours.

Les heures passèrent doucement. À vingt-deux heures, elle referma son roman et regarda les lumières de la ville scintiller au loin. Une étrange sensation traversa son esprit. Comme si quelque chose était sur le point de changer. Elle secoua la tête en souriant. Sans doute était-ce seulement la fatigue. Elle éteignit la lumière et se glissa sous sa couverture. Demain serait sûrement une journée identique à celle-ci. Du moins… c’est ce qu’elle croyait.

A SUIVRE............... 

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