INICIAR SESIÓNChapitre 91 : L'ArrivéeCassianLe parc du manoir Vance est méconnaissable. Là où s'étendaient les pelouses sauvages de mon souvenir, un chapiteau de verdure a été dressé, tressé de branches de cerisier en fleurs et de guirlandes de pivoines blanches. Les chaises, disposées en demi-cercle sur l'herbe fraîchement tondue, sont ornées de rubans de soie ivoire qui flottent doucement dans la brise printanière. Un quatuor à cordes joue du jazz, ce vieux jazz des clubs enfumés de la Nouvelle-Orléans que j'ai avoué aimer lors de notre premier rendez-vous, et la musique s'élève dans l'air pur comme une prière païenne.Je suis debout devant l'autel improvisé, un simple arceau de bois sculpté par un artisan local, et j'attends. Mon cœur bat si fort que je l'entends pulser dans mes tempes, et mes mains, mes mains qui ont signé des contrats de plusieurs millions sans trembler, sont moites et légèrement agitées. Je ne me souviens pas d'avoir été aussi nerveux le jour de notre premier mariage. Mais
Chapitre 90: Le Mariage — L'ArrivéeCassianLe parc du manoir Vance est méconnaissable. Là où s'étendaient les pelouses sauvages de mon souvenir, un chapiteau de verdure a été dressé, tressé de branches de cerisier en fleurs et de guirlandes de pivoines blanches. Les chaises, disposées en demi-cercle sur l'herbe fraîchement tondue, sont ornées de rubans de soie ivoire qui flottent doucement dans la brise printanière. Un quatuor à cordes joue du jazz, ce vieux jazz des clubs enfumés de la Nouvelle-Orléans que j'ai avoué aimer lors de notre premier rendez-vous, et la musique s'élève dans l'air pur comme une prière païenne.Je suis debout devant l'autel improvisé, un simple arceau de bois sculpté par un artisan local, et j'attends. Mon cœur bat si fort que je l'entends pulser dans mes tempes, et mes mains, mes mains qui ont signé des contrats de plusieurs millions sans trembler, sont moites et légèrement agitées. Je ne me souviens pas d'avoir été aussi nerveux le jour de notre premier ma
Chapitre 89: Les PréparatifsElaraLe manoir Vance est en ébullition. Enfin, pas vraiment en ébullition, parce que j'ai formellement interdit toute forme d'agitation excessive. Mais il y a dans l'air une effervescence contenue, une excitation discrète qui se manifeste par des chuchotements dans les couloirs et des sourires entendus échangés par le personnel. Je prépare mon mariage. Mon deuxième mariage avec le même homme. Et cette fois, rien ne sera comme la première fois.Je suis assise dans le petit salon, entourée de catalogues de fleurs, d'échantillons de tissus et de menus de traiteurs. En face de moi, mon père feuillette un album de photos de mon premier mariage, celui d'il y a cinq ans, et son expression oscille entre la nostalgie et l'agacement.— Pourquoi regardes-tu ça ? demandé-je en lui arrachant l'album des mains.— Pour me souvenir de ce qu'il ne faut pas refaire. Regarde cette photo. Tu es magnifique, mais on dirait que tu assistes à un enterrement. Et lui, cet imbécile
Chapitre 88 : La RéponseElaraLe silence qui suit sa question est si profond que j'entends les battements de mon cœur. Mon nouveau cœur, celui que les médecins viennent de déclarer guéri, en rémission, en train de renaître. Il bat lentement, régulièrement, puissamment, et chaque pulsation est une affirmation de vie. Cassian est à genoux devant moi, la main tendue, l'écrin ouvert sur un diamant qui scintille à la lueur des bougies. Ses yeux sont fixés sur les miens, et j'y lis tout ce que les mots ne peuvent pas exprimer. L'espoir. La peur. L'amour. Un amour si intense, si pur, si différent de celui qu'il m'offrait autrefois.Je ferme les yeux un instant, et les souvenirs défilent. Le jour de notre premier mariage. La robe que je portais, trop grande, trop blanche, trop parfaite pour être vraie. Le sourire de Cassian, figé, mécanique, celui qu'on affiche pour les photographes. L'absence de chaleur dans ses yeux quand il avait glissé l'anneau à mon doigt. Ce jour-là, j'avais cru épouser
Chapitre 87 : La DemandeCassianJe n'ai jamais été aussi nerveux de ma vie. Pas quand j'ai signé mon premier contrat à vingt-cinq ans, pas quand j'ai pris la parole devant le conseil d'administration au complet, pas même quand j'ai attendu la réponse d'Elara après lui avoir envoyé ma lettre dans les Cotswolds. Ce soir, tout est différent. Ce soir, je vais lui demander de m'épouser. De nouveau.La bague est dans ma poche depuis trois jours. Un solitaire serti sur un anneau de platine, simple, élégant, intemporel. Pas le genre de bijou tape-à-l'œil que j'offrais à Isabella pour l'impressionner. Un bijou qui ressemble à Elara. Sobre, fort, lumineux. J'ai passé des heures à la choisir, à hésiter entre plusieurs modèles, à demander l'avis de son père. Alexander m'a regardé longuement, comme s'il soupesait mon âme, puis il a hoché la tête.— Si tu la rends malheureuse, je te tue, a-t-il dit simplement.— Je ne la rendrai pas malheureuse. Plus jamais.— Alors tu as ma bénédiction.Le restau
Chapitre 86 : La Guérison d'ElaraElaraLa chambre d'hôpital est baignée d'une lumière pâle, cette lumière particulière des matins d'hiver qui filtre à travers les stores et dessine des raies dorées sur le sol en linoléum. Je suis assise dans le lit, adossée à des oreillers moelleux, et je regarde le parc de la clinique Vance par la fenêtre. Les arbres sont nus, les pelouses sont gelées, mais quelque chose dans ce paysage me paraît plus vivant que jamais. Peut-être parce que je suis encore là pour le contempler.La greffe de cellules souches a eu lieu il y a trois semaines. Trois semaines de surveillance constante, de médicaments, d'analyses sanguines et d'électrocardiogrammes. Trois semaines à attendre, à espérer, à redouter. Les médecins m'avaient prévenue : le traitement était expérimental, les résultats incertains, les risques considérables. Mais j'avais accepté. Parce que je ne voulais plus survivre. Je voulais vivre. Vraiment vivre, sans cette épée de Damoclès suspendue au-dessu







