MasukOlívia BennettQuand je suis arrivée à la faculté, tous les regards se sont tournés vers moi. Certains chuchotaient même en me voyant. La première idée qui m’est venue, c’est que l’histoire de ma « relation » avec Alex s’était répandue sur le campus. Il a inventé tout ça pour me protéger, mais maintenant je suis au centre de toutes les attentions et cela me gêne beaucoup ; j’aime passer inaperçue et rester dans mon coin.James : — Olívia ! Bienvenue parmi nous !Olívia : — Ah… salut, James. Merci.Je m’approche de lui, encore déconcertée par toute cette attention.Olívia : — Dis-moi… pourquoi tout le monde me regarde comme ça ?James : — Tu n’es pas au courant ? Les images de l’agression que tu as subie sont parvenues au directeur. Il a sanctionné Katy et ses amies : la confrérie où elles habitaient est dissoute et toutes ses membres doivent déménager vers les résidences du campus. Maintenant, tout le monde sait ce qu’elles t’ont fait et on les appelle des lâches… sans compter qu’elle
Un mois plus tard…Olívia BennettLes jours ont passé lentement. Rester aussi longtemps alitée à la maison sans rien faire a été très difficile. Ma routine me manquait cruellement. Heureusement, aujourd’hui, je retourne à la faculté — même si je ne peux pas reprendre mon travail encore, je suis déjà si heureuse de retrouver mes études.Pendant ce mois d’arrêt maladie, James est venu presque tous les jours pour me transmettre les cours et les devoirs de toutes les matières, même ceux que nous n’avons pas ensemble. J’ai trouvé cela très gentil de sa part. Lucy affirme qu’il agit ainsi parce qu’il s’intéresse à moi, mais je pense plutôt qu’il se sent responsable de ce que Katy m’a fait — elle a agi par jalousie, après tout. Je lui ai bien dit que ce n’était pas sa faute : personne n’aurait pu prévoir qu’elle réagirait de la sorte. Moi-même, j’ai été surprise ; nous nous connaissons depuis l’enfance et je ne l’ai jamais vue violente. Mais apparemment, il y a une première fois à tout… Quoi
Olívia BennettRobert: — Liv, ma chérie, réveille-toi. Il est l’heure de prendre tes médicaments.J’ouvre les yeux, encore ensommeillée, et vois mon oncle avec un verre d’eau et quelques comprimés sur un plateau.Olívia: — Mais je n’ai pas de médicaments à prendre si tôt.Il rit et pointe l’horloge au mur.Robert: — Il est déjà onze heures, ma chérie.Je sursaute et m’assieds d’un coup, ce qui me fait très mal à la côte, et un gémissement de douleur m’échappe.Robert: — Doucement, Liv. Tu sais que tu ne dois pas faire de mouvements brusques.Olívia: — J’ai eu peur. Je n’ai jamais autant dormi de ma vie.Dis-je en posant la main sur la zone douloureuse.Robert: — Ce sont les médicaments, ils te rendent somnolente. Quoi qu’il en soit, le médecin a dit que tu devais te reposer, donc dormir un peu plus ne fait pas de mal. Tiens, prends tes cachets et tu peux retourner dormir.J’avale les comprimés, mais le sommeil est parti.Olívia: — Je vais me lever et prendre un bain. À vrai dire, j’ai
Olívia BennettOlívia: — Je pense juste que je vais me sentir très seule dans cet immense appartement.Marcos: — Vraiment ? Je pensais que tu aimerais vivre seule, toutes les filles en rêvent.Olívia: — Pas moi. J’ai toujours aimé avoir une maison pleine.Robert: — Pourquoi ne pas inviter Lucy à venir habiter avec toi ? Elle pourrait occuper la chambre d’amis.Marcos: — C’est vrai ! Elle cherche désespérément un appartement à louer en ce moment.Olívia: — Vraiment ? Elle ne m’a rien dit.Robert: — Son bail expire dans quelques jours et le propriétaire ne le renouvelle pas, il veut vendre l’immeuble.Marcos: — Appelle-la et propose-lui. Je suis sûr qu’elle acceptera. La pauvre est dans tous ses états, parce que trouver un endroit décent à New York, c’est chercher une aiguille dans une botte de foin. Tout ce qui est bien est déjà pris.Je saisis mon téléphone et l’appelle. Dès qu’elle répond, je mets en haut-parleur.Lucy: — Salut Liv. Ça te dérange si je te rappelle dans quelques minut
Olívia BennettDevan: — La pizza est arrivée ! Je descends la chercher.Lucy: — Dépêche-toi, j’ai une faim de loup.Devan: — Et quand n’as-tu pas faim, toi ?Lucy: — Je n’y peux rien si j’adore manger !Olívia: — Je me demande où tout ça passe, tellement tu es mince.Lucy: — C’est simple : je dépense beaucoup d’énergie à faire l’amour.Répond-elle avec un sourire espiègle.Devan: — Dieu merci, l’ascenseur est arrivé… quel sujet gênant.Devan descend chercher la pizza pendant que nous éclatons de rire.Lucy: — Maintenant qu’on est seules, tu peux parler.Olívia: — Parler de quoi ?Lucy: — De celui qui était ici quand on est arrivées.Olívia: — Il n’y avait personne.Lucy: — Ah oui ? Tu me prends pour une idiote ? C’est évident que quelqu’un était avec toi. Tu ne vas pas me faire croire que tu ne connais pas le code de sécurité par cœur. Je sais que tu as une mémoire photographique : tu as retenu toute la carte du restaurant en moins de cinq minutes, et moi, ça fait plus de deux ans que
Alex FletcherJe sors de chez mon cousin, complètement frustré. J’ai l’impression d’être un putain d’adolescent avec les hormones en ébullition. Ce n’est pas comme si j’allais sauter Liv sur le canapé, et encore moins alors qu’elle est blessée, mais ma maîtrise de moi-même ne tenait qu’à un fil. Aucune femme n’a jamais eu autant de pouvoir sur moi qu’Olívia Bennett. Et je ne sais pas si c’est une bonne chose : toute ma vie, c’est moi qui ai tout contrôlé, tout le monde. Mes désirs étaient toujours exaucés, prioritaires. Mais avec Liv, ce n’est pas le cas. Et j’ai le sentiment que la mettre dans mon lit ne sera pas aussi facile que je l’imaginais. Et quand bien même ça arrivera, je ne suis pas prêt à la laisser partir.J’appelle Omar, mon entraîneur, pour le prévenir que je vais à la salle. J’ai besoin de me défouler, d’évacuer toute cette frustration, et d’aller travailler plus calme. La boxe a toujours été mon exutoire, c’est elle qui m’aide à me détendre.Lian: — Mec, quand tu m’as







