Mag-log inElle croyait avoir enfin échappé à son passé. Elle ignorait qu’il l’attendait dans l’ombre. Après la mort mystérieuse de son père, Camila Épiphanio tente de reconstruire sa vie loin des secrets de sa famille. Mais une nuit, alors qu’elle rentre chez elle, elle est kidnappée par plusieurs hommes et conduite dans une somptueuse demeure isolée. Lorsqu’elle découvre l’identité de leur chef, son monde s’écroule. James. L’homme qu’elle avait autrefois aimé avant qu’il ne disparaisse brutalement de sa vie. James prétend l’avoir enlevée pour découvrir une vérité que la famille Épiphanio lui cache depuis des années. Camila, elle, est persuadée qu’il cherche uniquement à se venger d’elle. Pourtant, plus les jours passent, plus leur haine se transforme en une attirance dangereuse qu’aucun des deux ne parvient à contrôler. Entre provocations, regards brûlants, moments de faiblesse et rapprochements inattendus, leurs sentiments deviennent aussi troublants qu’interdits. Mais Camila découvre bientôt que son enlèvement n’est pas une simple vengeance. Quelqu’un manipule James dans l’ombre. Des mensonges entourent la mort de son père. Une ancienne trahison menace de refaire surface et certaines personnes de son entourage sont prêtes à tout pour protéger leurs secrets. Térésa, Toni, Poté et Élise semblent tous avoir un rôle dans cette histoire, mais Camila ne sait plus à qui faire confiance. Alors qu’elle cherche désespérément un moyen de s’échapper, elle découvre quelque chose qui bouleverse toutes ses certitudes : l’homme qu’elle considère comme son ravisseur pourrait être le seul capable de la protéger. Mais James cache lui aussi un terrible secret. Car dans cette histoire, personne n’est réellement innocent. Et parfois, le plus dangereux des ravisseurs est aussi celui dont on tombe irrémédiablement amoureuse.
view moreCHAPITRE 1 : La Nuit où tout bascule
La nuit était froide, mais Camila ne le sentait pas. Elle marchait d'un pas rapide, les mains enfoncées dans les poches de son manteau, le regard fixé sur le trottoir dégradé. Le quartier était calme, trop calme pour une ville comme celle-ci. D'habitude, elle prenait sa voiture, mais le moteur avait rendu l'âme et le garagiste n'aurait pas de pièce avant trois jours. Elle n'avait pas le choix. Et puis, c'était à dix minutes à pied. Dix minutes. Rien de plus.
Ses pensées vagabondaient entre le dossier qu'elle n'avait pas fini de traiter et le frigo vide qui l'attendait chez elle. Elle ne pensait plus à lui, pas vraiment. Plus depuis longtemps. Pourtant, ce soir, une inexplicable impression de solitude pesait sur ses épaules, plus lourde que d'habitude.
La première chose qu'elle remarqua, ce fut la lumière du lampadaire qui vacillait. Une seconde. Deux secondes. Puis elle s'éteignit complètement. L'obscurité tomba sur la rue comme un rideau de velours noir.
Camila s'arrêta net.
Son instinct, celui qui lui avait sauvé la mise plus d'une fois depuis la mort de son père, hurla dans sa tête. Elle fit demi-tour, décidée à prendre un autre chemin, même plus long.
Ce fut à cet instant précis que la fourgonnette surgit.
Pas de bruit de moteur, pas de phare. Juste une masse sombre qui glissa sur le bitume et s'arrêta devant elle, bloquant la rue. Les portes arrière s'ouvrirent dans un grincement métallique.
Camila n'eut pas le temps de crier.
Une main gantée se plaqua sur sa bouche, une autre enserra sa taille, et elle fut soulevée du sol comme une poupée de chiffon. Elle se débattit, plantant ses ongles dans la première chair qu'elle trouva, mais l'homme ne broncha même pas. Il était trop grand, trop fort. Son corps fut projeté à l'intérieur du véhicule, et elle atterrit sur un sol métallique froid. La tête heurta la paroi, et un voile de douleur rouge traversa sa vision.
— Ne bouge pas, dit une voix. Une voix calme, presque polie.
Un pied pesant écrasa sa poitrine pour la maintenir au sol. Les portes claquèrent, le moteur rugit, et la fourgonnette démarra en trombe.
Camila suffoquait. Le poids sur sa cage thoracique l'empêchait de respirer correctement. Ses doigts cherchèrent désespérément une prise, une faiblesse, un espoir. Mais rien. Elle était aveuglée par un bandeau qu'on venait de lui nouer autour des yeux. Le tissu était rugueux et sentait le produit chimique. Sa bouche était bâillonnée par un linge qui la faisait presque vomir.
— Alors, elle est agitée ? fit une autre voix, plus masculine, plus grave, avec un accent qu'elle ne parvenait pas à identifier.
— Agitée et déterminée, répondit le premier. Elle m'a griffé. Jolie petite chose, en tout cas.
— Ferme-la et concentre-toi sur la route. On a des ordres.
Camila se força à ralentir sa respiration. Son cœur tambourinait contre ses côtes comme un oiseau pris au piège. Elle essayait de se souvenir de chaque détail, de chaque infime perception sensorielle. L'odeur du diesel. Les vibrations du moteur sous elle. La chaleur des corps qui l'entouraient. Ils étaient trois. Trois hommes. Leurs respirations, leurs silences entre les mots.
La douleur dans sa tête pulsait en rythme avec le battement de ses paupières. Elle sentit une chaleur humide couler le long de sa tempe. Du sang. Elle saignait.
— On arrive, annonça le chauffeur. Et elle est plus belle que sur les photos.
Camila serra les mâchoires contre le bâillon. Elle voulut crier, griffer, mordre, mais quelque chose en elle savait que ce n'était pas le moment. Si elle s'épuisait maintenant, elle n'aurait plus de force pour la suite. Elle se força à rester immobile, à écouter. Les infos. Les indices. Tout ce qui pourrait l'aider à survivre.
Où l'emmenaient-ils ? Et pourquoi ?
La question tournait dans son esprit comme un serpent enroulé autour de ses pensées. Elle n'avait pas d'ennemis. Enfin, pas qu'elle sache. Elle s'était fait une vie discrète. Un travail sans prétention. Pas de dettes, pas de liaisons dangereuses, pas de secrets.
Pas de secrets ?
Le visage de son père lui apparut en flash. Ce sourire qu'il avait eu, la dernière fois qu'elle l'avait vu. Ce sourire qui ne lui était pas vraiment adressé, mais à quelqu'un qui se tenait derrière elle. Elle n'avait jamais su qui. La question l'avait hantée pendant des mois, jusqu'à ce qu'elle choisisse de l'enterrer dans un coin de son esprit.
La fourgonnette ralentit. Les graviers crissèrent sous les pneus. Ils n'étaient plus sur la route, mais sur un chemin de terre.
Camila se prépara. Elle ne savait pas ce qui l'attendait, mais elle allait se battre. Jusqu'au bout.
— Sortez-la, ordonna le chauffeur.
Les portes s'ouvrirent. L'air frais de la nuit la frappa au visage, mêlé à des effluves de pin et de terre humide. Elle était à la campagne, loin de la ville. Une clôture de fer forgé grinça dans le lointain, suivie d'un déclic électrique. Une porte automatique.
Des mains la saisirent sous les bras et la sortirent de la fourgonnette avec une brutalité inutile. Ses jambes flageolèrent, et elle aurait chuté si les hommes ne l'avaient pas maintenue debout. Elle serra les dents, refusant de montrer la moindre faiblesse. Elle n'était pas une victime. Jamais.
— Bouge, ordonna la voix polie.
Les graviers crissaient sous ses semelles. Puis ses pieds rencontrèrent un sol lisse, du marbre ou de la pierre polie. L'écho de ses pas se transforma. Elle était à l'intérieur. L'odeur de cire et de bois ancien emplit ses narines.
— Montez-la à l'étage, dit une nouvelle voix, féminine celle-ci, avec un mépris glacé. James veut la voir en privé. Mais d'abord, qu'on la prépare. Elle est en sang.
James.
Le nom la frappa comme un coup de poing dans l'estomac. Elle chercha à se souvenir. James ? Un client ? Un collègue ? Le nom était banal, trop banal.
— James est arrivé ? demanda un des hommes.
— Il est dans son bureau. Et il n'aime pas attendre, répondit la femme.
Les mains la poussèrent vers l'avant. Elle trébucha sur une marche. Un escalier. Elle compta les marches dans sa tête. Quinze. Dix-sept. Vingt. Un couloir. Une porte qui s'ouvrit sur une pièce immense. Le sol de bois craqua sous ses pas.
— Asseyez-vous.
On l'obligea à s'installer sur une chaise. Elle était rembourrée. Une chaise de bureau. Était-ce là que le fameux "James" l'attendait ?
Soudain, une main tira le bandeau de ses yeux.
La lumière l'aveugla. Elle cligna plusieurs fois, les pupilles se contractant sous l'éclat d'un lustre en cristal. Elle n'avait jamais vu autant de luxe d'un seul coup : des murs tapissés de soie, des meubles en acajou, des tableaux anciens, un bureau massif derrière lequel trônait une silhouette noire.
La silhouette ne bougeait pas. Elle regardait Camila à travers l'ombre, immobile comme une statue. Les hommes qui l'avaient transportée reculèrent d'un pas.
— Laissez-nous, dit la silhouette.
La voix était grave, chaude. Un frisson parcourut l'échine de Camila. Elle connaissait cette voix. Pas de façon immédiate, pas par une certitude, mais par une vibration dans sa mémoire. Une tension, un écho douloureux enfoui sous des années de silence.
Les hommes sortirent. La porte claqua derrière eux.
Camila resta assise sur la chaise, le corps en alerte. Elle n'osa pas bouger, n'osa pas détacher son regard du bureau.
Puis la silhouette se leva. Elle avançait lentement, presque majestueusement, comme un prédateur qui prend son temps pour savourer sa proie. La lumière du lustre éclaira ses traits l'un après l'autre, d'abord sa mâchoire carrée, puis ses lèvres, puis le pli profond entre ses sourcils.
Son visage était anguleux, marqué par le temps et par quelque chose d'autre. La colère. La souffrance. Un feu qu'on avait laissé brûler trop longtemps.
Elle l'avait reconnu avant même que le nom ne vienne.
— Non, souffla-t-elle.
Il s'arrêta à deux pas d'elle. Ses yeux, d'un bleu si sombre qu'ils en paraissaient noirs, plongèrent dans les siens. Son regard était pire que ses mains. Il la fouilla, la dénuda, la jugea.
— Bonsoir, Camila, dit-il d'une voix douce. Tu as changé.
Ses doigts se refermèrent sur l'accoudoir de la chaise, les jointures blanchissant sous l'effort. Elle ne pouvait pas bouger, pas parler, à peine respirer.
— Toi, murmura-t-elle, la voix brisée. Toi... après toutes ces années...
Il inclina la tête, un sourire amer aux lèvres.
— Tu croyais que j'étais mort ? J'ai peut-être été enterré vivant, mais je n'ai jamais vraiment cessé de vivre. Pas tant que je n'aurais pas obtenu ce que je voulais.
— Qu'est-ce que tu veux, James ?
Il se pencha vers elle, si près qu'elle sentit son odeur. La même. Cette fragrance de bois et de cuir qu'elle n'avait jamais oubliée, malgré tout. Il posa une main sur sa nuque, presque tendrement, et ses doigts s'enfoncèrent dans ses cheveux.
Il inclina son visage vers elle jusqu'à ce que ses lèvres frôlent son oreille. Son souffle était chaud et régulier.
— La vérité, murmura-t-il. Tu vas me dire toute la vérité, Camila. Sur toi, sur ta famille, sur ce qui s'est vraiment passé la nuit où ton père est mort. Parce que tu n'es pas juste une ancienne amante. Tu es le dernier témoin. Et je vais tout arracher de toi, même si je dois te briser pour y arriver.
Il la relâcha aussi brusquement qu'il l'avait prise. Puis il recula de deux pas et la regarda, les bras croisés.
— Bienvenue chez toi, Camila. Pour un moment, du moins.
Elle le regarda, les yeux débordant d'incompréhension et de rage.
— Pourquoi ? Pourquoi m'avoir enlevée ? Pourquoi m'avoir fait ça ?
Il haussa les épaules.
— Parce que tu n'aurais jamais voulu venir de ton plein gré.
Il tourna les talons et se dirigea vers la porte.
— Repose-toi, Camila. La première journée est toujours la plus dure. Demain, tu commenceras à parler.
Il sortit, la laissant seule dans la pièce luxueuse, l'esprit en déroute. Elle entendit le bruit d'une serrure qui s'activait derrière la porte.
Elle était prisonnière.
Et son ravisseur n'était pas un inconnu. C'était l'homme qu'elle avait aimé. L'homme qu'elle avait cru perdu. L'homme qui venait de lui jurer qu'il la briserait pour obtenir ce qu'il voulait.
Camila posa les mains sur ses genoux tremblants et regarda le lustre au plafond, les larmes qu'elle refusait de laisser couler.
Que s'était-il passé pendant toutes ces années ?
Et pourquoi, au fond d'elle-même, une partie d'elle était-elle soulagée de le revoir ?
CHAPITRE 5 : L'InterrogatoireCamila n'avait pas dormi. Elle avait passé la nuit à fixer le plafond, à revivre chaque seconde de sa conversation avec James, à analyser chaque mot, chaque regard, chaque silence. Les premières lueurs de l'aube la trouvèrent assise sur le bord du lit, les yeux rouges, le corps engourdi par l'épuisement.Elle s'habilla mécaniquement. Les vêtements étaient trop grands, trop luxueux pour elle. Une chemise en soie blanche, un pantalon noir qui glissait sur ses hanches. Elle se regarda dans le miroir de la salle de bain et ne reconnut pas la femme qui la regardait. Les traits tirés, les cernes creusés, les lèvres pincées.Elle était prête.À huit heures précises, un garde frappa à sa porte. Pas Térésa, cette fois. Un homme grand, silencieux, dont le visage n'exprimait rien. Il la conduisit à travers les couloirs labyrinthiques jusqu'à une lourde porte de chêne.— Il vous attend, dit-il en s'effaçant.Camila entra.Le bureau de James était baigné d'une lumière
CHAPITRE 4 : La Première NuitLa porte de la salle à manger se referma dans un bruit sourd. Camila resta seule, assise à la table, les doigts encore crispés sur le bord de la nappe en dentelle. La pièce était silencieuse, presque irréelle. Les rayons du matin filtraient à travers les grands vitraux, projetant des taches de lumière colorée sur le sol de marbre.Elle n'avait pas touché à son assiette. Les œufs brouillés, les fruits frais, le pain chaud... tout semblait appartenir à un autre monde, une vie qu'elle ne connaissait plus. Son estomac était noué, sa gorge serrée.Elle se leva et quitta la salle à manger sans un regard en arrière. Elle ne savait pas où elle allait, mais elle ne pouvait pas rester là. Les murs semblaient se refermer sur elle, les souvenirs de la conversation avec James tournant en boucle dans sa tête.Ils ont fait disparaître tous les témoins. C'est pour ça que je suis revenu. Pour le venger.Elle longea le couloir sans but, ses pas résonnant sur le sol de pier
CHAPITRE 3 : La RévélationCamila resta figée sur le seuil, les doigts encore crispés sur le chambranle de la porte. Le sourire de Toni s'élargit, comme s'il trouvait amusant de la voir ainsi déstabilisée. Elle n'avait pas envie de jouer à ses jeux.— Où est James ? demanda-t-elle, la voix plus ferme qu'elle ne le pensait.— Il arrive. Il voulait que je vous tienne compagnie en attendant. Une petite mise en bouche, si j'ose dire.Elle le fusilla du regard. Jamais elle ne s'était sentie autant traitée comme un objet.— Je n'ai rien à vous dire.— Oh, mais vous vous trompez. Vous avez tout à dire. Et c'est justement ce qui nous intéresse.Avant qu'elle puisse répondre, un bruit de pas résonna dans le couloir. Lourd. Mesuré. Camila reconnut cette démarche avant même de voir apparaître son propriétaire. Son cœur fit un bond dans sa poitrine.James entra dans la salle à manger comme un roi dans sa cour. Il était vêtu d'une chemise sombre, les manches retroussées sur des avant-bras musclés,
CHAPITRE 2 : La DemeureLa porte claqua, et le silence s'abattit sur Camila comme une chape de plomb.Elle resta immobile sur la chaise, les doigts encore crispés sur l'accoudoir, le souffle court. James avait disparu. Il avait prononcé son nom, l'avait touchée, puis il était parti. Comme s'il n'avait fait que passer. Comme si tout cela n'était qu'une formalité pour lui.Mais pour elle, c'était un séisme.Elle se leva, les jambes tremblantes. La pièce tournait légèrement autour d'elle, et elle dut s'appuyer au bord du bureau pour ne pas tomber. Le bois était froid sous ses doigts. Elle ferma les yeux et inspira profondément. Une fois. Deux fois.James.Le nom résonnait dans sa tête comme une cloche fêlée. Elle l'avait aimé. Éperdument. Si intensément qu'elle avait cru en mourir quand il avait disparu. Un jour, il était là, ses bras autour d'elle, ses baisers sur sa peau. Le lendemain, plus rien. Pas de message, pas d'appel, pas d'adieu. Elle avait passé des mois à l'attendre, à guette












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