LOGINLe Play-boy Milliardaire m’a Engagée comme Maîtresse Sélénya Orvane n'a jamais rêvé d'épouser un milliardaire. Elle cherche simplement à sauver le théâtre familial au bord de la faillite. Un soir, Azrien Veyr lui propose un marché insensé : devenir sa maîtresse officielle pendant six mois. Pas dans son lit. Devant les caméras. Azrien est le dernier héritier d'un empire hôtelier. Son grand-père refuse de lui transmettre la totalité de sa fortune tant qu'il continuera à accumuler les scandales. Pour toucher son héritage, il doit donner l'image d'un homme enfin stable. Sélénya accepte. Elle doit sourire à ses côtés, assister à ses soirées, l'embrasser devant les journalistes et faire croire au monde qu'elle est follement amoureuse de lui. Une seule règle est imposée : ne jamais tomber réellement amoureuse. Mais Sélénya découvre rapidement que le play-boy qu'elle croyait connaître est en réalité prisonnier d'un secret familial. Et lorsqu'une femme apparaît avec des preuves qu'Azrien aurait organisé la disparition de son propre père, Sélénya comprend qu'elle n'a pas été engagée pour sauver son image. Elle a été choisie parce qu'elle est la seule personne capable de découvrir la vérité.
View MoreChapitre 1
Sélénya
La poussière flotte dans les rais de lumière qui percent les hautes fenêtres du théâtre. Je me tiens au centre de la scène, les bras ballants, le regard perdu vers les velours cramoisis des fauteuils vides. Le silence est lourd, presque palpable, chargé de l'odeur du vieux bois et de la cire. Mes parents se tiennent dans les coulisses, recroquevillés, le souffle court. Autour de nous, les employés du théâtre sont rassemblés, visages creusés par l'angoisse. Personne n'ose parler.
La grande porte s'ouvre à la volée. Trois hommes entrent. Maître Levraux, l'huissier, et deux représentants de la banque. Leurs pas résonnent sur le marbre usé. Leurs regards glissent sur les dorures, sur les colonnes, sur tout ce qu'ils s'apprêtent à saisir. Je serre les poings, les ongles enfoncés dans les paumes. Je ne veux pas trembler. Pas devant eux. Pas devant les employés qui me regardent comme si j'étais leur dernier rempart.
— Mademoiselle Orvane, commence l'huissier d'une voix polie mais glaciale. Les mensualités ne sont plus honorées depuis six mois. La dette s'élève à quatre cent vingt mille euros. La banque ne peut plus accorder de délai.
Chaque mot tombe comme une pierre dans ma poitrine. Je pense au jour où mon grand-père a ouvert ce lieu, au parfum des fleurs déposées sur scène, aux applaudissements qui roulaient comme des vagues. Ce théâtre, c'est notre sang. Et eux veulent nous l'arracher pour des chiffres.
— Je trouverai l'argent.
Ma voix ne tremble pas. Je la force à rester claire, alors que tout en moi s'effondre. L'un des banquiers esquisse un sourire mince, sans chaleur.
— Vous n'avez pas les garanties nécessaires, mademoiselle. La procédure suivra son cours.
— Vous n'êtes pas désolés.
Ma phrase claque dans le silence. Je fais un pas en avant, le menton levé. La lumière du lustre vacille au-dessus de nos têtes. Je sens la main de mon père qui cherche la mienne, mais je ne la prends pas. Je dois rester droite. Pour eux. Pour ce lieu.
— Une femme incapable de payer ses dettes n'a aucun droit de défendre un héritage.
La voix vient du seuil, basse, tranchante. Je me retourne. Le sang se fige dans mes veines. Azrien Veyr se tient dans l'encadrement de la grande porte, nimbé d'une lumière blonde. Costume anthracite, cravate noire dénouée, regard d'un bleu si clair qu'il paraît irréel. Il avance de quelques pas, les mains dans les poches, avec une élégance féline, une arrogance tranquille. Il est beau, terriblement beau, et il le sait.
— Je ne vous ai pas demandé votre avis.
Ma réplique fuse. Il incline la tête, comme si ma colère l'amusait.
— Vous devriez. Je suis probablement le seul à pouvoir vous sortir de ce bourbier.
Les banquiers se raidissent. L'huissier referme son dossier. La pièce se charge d'une tension électrique. Azrien s'arrête à un mètre de moi. Son parfum ambré me frôle. Je me sens minuscule, dépenaillée, les cheveux à moitié échappés de mon chignon, les yeux brillants de larmes que je refuse de laisser couler.
— Qu'est-ce que vous voulez ?
— Devenez ma maîtresse officielle pendant six mois. Devant les caméras. Pas dans mon lit.
Le sol se dérobe sous mes pieds. Je recule d'un pas, heurtant presque mon père qui retient un hoquet. Les employés chuchotent. Ma mère étouffe un sanglot. Et moi, je fixe Azrien Veyr avec l'impression que le monde vient de basculer dans l'absurde.
— Vous êtes fou, je murmure.
— Peut-être. Mais ce théâtre vaut bien quelques folies, non ?
Il recule doucement, le visage soudain plus sérieux.
— Réfléchissez vite, mademoiselle Orvane. Ces messieurs ne vous laisseront pas le temps d'hésiter.
Il tourne les talons et disparaît par la grande porte. Le silence retombe, plus lourd qu'avant. Les banquiers s'éclipsent à leur tour. Mon père me prend le bras, sa main ridée, chaude, désespérée.
— Sélénya, tu ne peux pas...
— Je ne vais pas le faire, papa.
Mais ma voix sonne faux. Parce qu'au fond de moi, une idée terrifiante vient de planter ses griffes : et si Azrien Veyr était notre seule chance ?
Je m'assieds au bord de la fosse d'orchestre, les yeux rivés sur la porte fermée. Les employés s'approchent lentement, leurs regards pleins de questions muettes. Je serre les poings si fort que mes jointures blanchissent.
— Personne ne prendra le théâtre de mes parents.
Ma promesse s'élève dans le silence, fragile mais résolue. Et tandis que les mots quittent mes lèvres, je sais que je viens de signer un pacte avec le diable sans même le vouloir. Azrien Veyr n'est pas venu seulement pour me sauver. Il est venu me chercher. Et je viens de mordre à l'hameçon.
Chapitre 74SélényaJe sors du théâtre par la porte de service, espérant éviter les journalistes. Mais ils sont là. Une meute compacte, hurlante, avide. Dès qu'ils me voient, ils se ruent vers moi, microphones tendus, caméras braquées. Les flashs crépitent comme une pluie de lames blanches, et je dois lever la main pour protéger mes yeux.— Sélénya ! Sélénya ! Vous avez profité d'Azrien Veyr pour son argent ?— Vous saviez qu'il allait être démis de ses fonctions ?— Allez-vous le quitter maintenant qu'il n'est plus milliardaire ?Les questions fusent, brutales, humiliantes. Je reste figée, le souffle coupé, les mains tremblantes. Je voudrais fuir, courir, me cacher. Mais ils me bloquent le passage, et leurs mots me frappent comme des gifles.— Vous n'êtes qu'une
Chapitre 73AzrienLa salle du conseil est immense, baignée par une lumière froide qui tombe des hautes fenêtres. La table est longue, en acajou massif, et autour d'elle, les visages fermés des membres du conseil de famille. Mon grand-père préside, au bout de la table, sa canne posée contre l'accoudoir. Il ne me regarde pas. Il fixe un point devant lui, les mâchoires serrées.— Azrien, commence-t-il, la voix rauque. Le conseil de famille a pris une décision. Une décision difficile. Mais nécessaire.— Quelle décision ?Il marque un temps. Les autres membres du conseil échangent des regards gênés. Certains baissent les yeux. D'autres soutiennent mon regard, impassibles.— Compte tenu des circonstances, de l'arrivée d'Étienne, des doutes sur son identité, des scandales à répétit
Chapitre 72SélényaLe salon est silencieux, baigné par la lumière grise de l'après-midi. Azrien est assis sur le canapé, la tête entre les mains, les épaules voûtées. Il n'a pas dit un mot depuis qu'il est rentré du bureau de son grand-père. Il n'a pas pleuré. Il n'a pas crié. Il est juste là, brisé, vide.Je m'approche, lentement, et je m'assois à côté de lui. Je ne le touche pas. Pas encore. Je pose juste les documents sur la table basse, ceux que j'ai apportés, ceux que j'ai relus.— Azrien.Il ne réagit pas. Je pose ma main sur son bras, doucement.— Azrien, regarde-moi.Il relève enfin la tête. Ses yeux sont rouges, cernés, éteints.— Quoi ?— J'ai relu les documents. Encore une fois. Tous. Et j'ai trouvé quelque cho
Chapitre 71AzrienLa porte du bureau de mon grand-père est entrouverte. Je la pousse sans frapper. Le vieil homme est assis dans son fauteuil, face à la fenêtre, sa canne posée contre l'accoudoir. Il ne se retourne pas. Il sait que je suis là. Il sait pourquoi je suis venu.— Azrien.Sa voix est rauque, épuisée. Je m'arrête au milieu de la pièce, les poings serrés, les mâchoires contractées. Les documents sont dans ma poche. Les annotations. Les preuves. Son nom. Partout.— Tu savais.Il ne répond pas. Il continue de fixer la fenêtre, les épaules voûtées, les mains croisées sur ses genoux.— Tu savais pour mon père. Tu savais pour les documents. Tu savais tout.— Oui.Un seul mot. Un mot qui me frappe en plein ventre. Je reste figé, le souffle coupé. Il ne












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