LOGINChapitre 57 — La mauvaise coupableEthan m’appelle avant même que j’aie quitté la cafétéria.— Elle a avoué quoi exactement ?Je m’installe dans un couloir plus calme.— Les changements de planning. Le dossier supprimé avant ma présentation. Elle voulait que je rate ma période d’intégration pour récupérer le poste.Sa respiration change légèrement.— La prescription ?— Elle nie.— Et tu la crois.Ce n’est même pas une question.— Oui.— Pourquoi ?— Tu aurais dû voir sa tête.— Argument scientifique remarquable.— Je suis sérieuse. Elle savait que quelqu’un essayait de me pousser dehors. Elle pensait participer &
Le lendemain, Ji-Won m’évite.Elle change de direction lorsque j’arrive au poste médical.Elle déjeune plus tôt.Elle confie même un patient à Min-Ho plutôt que de devoir entrer dans le même box que moi.À seize heures, j’en ai assez.Je la trouve dans la cafétéria.Il y a une vingtaine de personnes autour de nous.Exactement ce qu’Ethan voulait.Je pose mon plateau en face d’elle.— Tu as deux minutes ?— Non.— Parfait. Je vais faire vite.Elle pose ses baguettes.— Qu’est-ce que tu veux ?— Savoir pourquoi tu m’as dit de partir.— J’étais énervée.— Faux.Elle lève les yeux.
Ethan traverse le hall avant que j’aie le temps de faire trois pas vers lui.— Qu’est-ce que tu sais ?Il s’arrête devant moi.— D’abord, est-ce que Choi t’a menacée ?— Elle m’a conseillé de partir.— Ce n’est pas ce que j’ai demandé.— Elle avait peur.Son expression change légèrement.— De toi ?— Non. C’est justement ce qui m’inquiète.Je lui raconte l’ascenseur, la manière dont Ji-Won a évité mon regard, son « tu aurais dû partir quand tu en avais encore l’occasion ».Ethan écoute sans m’interrompre.— Tu veux rentrer ?— Oui.Il ne tente pas de m’emmener ailleurs. Il ouvre simplement la portière.Dans la voiture, j’attends à peine qu’il s’installe.— Maintenant, parle.— Amelia m’a appelé.Je tourne immédiatement la tête.— Amelia ?— Il y a vingt minutes.— Pourquoi ?— Elle a appris que sa mère avait contacté Daniel Lee.Je me redresse.— Comment ?— Victoria l’a appelée ce matin.— Et elle lui a tranquillement raconté qu’elle m’avait fait transférer à Séoul ?— Pas exactement
Le lendemain matin, Ethan me dépose à deux rues de l’hôpital. Pas devant l’entrée à ma demande.Il regarde le bâtiment au loin, puis moi.— Tu es certaine ?— Oui.— Je peux encore te proposer de rester au lit toute la journée.— Proposition extrêmement professionnelle.— Je ne suis pas ton collègue.Je souris et attrape mon sac.— Ce soir ?— Je serai là.Je me penche pour l’embrasser.— Et tu ne fais rien.— Nous avons déjà eu cette conversation.— J’aime les rappels.Son regard se durcit légèrement.— Mila, si quelqu’un essaie encore de mettre un patient en danger pour t’atteindre, je ne promets rien.Je ne réponds pas tout de suite.Sur ce point, je ne peux même pas lui donner tort.— D’accord. À ce soir.Je ferme la portière.Tout paraît normal lorsque j’entre au Hanseong.Ça dure exactement trente secondes.La réceptionniste me regarde deux fois.Un interne que je connais à peine détourne les yeux lorsque je passe.Deux infirmières cessent de parler.Je ralentis.Qu’est-ce qu’il
— Manger.— Je veux prendre une douche.— Douche, puis manger.Je monte dans la voiture.— Chez moi.— Je sais.Je tourne la tête.— Comment tu connais déjà mon adresse ?Il me regarde comme si la question était absurde.— Tu me l’as donnée.Je me souviens soudain de notre conversation avant mon départ.— Ah oui.— Tu vois ? Je peux obtenir des informations sans espionner personne.— Impressionnant.Son téléphone vibre.Il regarde l’écran.John.Son expression change légèrement.— Réponds.— Ça peut attendre.— Je connais cette tête.Il soupire et décroche.— Oui.Je regarde la ville défiler.La conversation est courte.— Quand ?Un silence.— Tu es certain ?Je tourne la tête vers lui.Il ne me regarde plus.— Non. Ne contacte personne pour l’instant.Nouvelle pause.— Envoie-moi tout.Il raccroche.— Qu’est-ce qu’il y a ?— Rien qui nécessite que tu fasses quoi que ce soit.Je fronce les sourcils.— Ce n’est pas une réponse.— John vérifiait quelque chose.— Quoi ?Il hésite.Je le
— Tu as quelque chose à me raconter ?Je continue à marcher vers la station de taxis comme si sa voix ne venait pas de faire grimper ma tension en une seconde.— Bonsoir à toi aussi.— Mila.— Je savais que Jonathan allait t’appeler.— Ce n’est pas Jonathan qui m’intéresse actuellement.Sa voix est calme. Beaucoup trop calme.Je m’arrête près du trottoir.— La commission s’est bien passée.— Tu as été suspendue.— Temporairement.— Une prescription a été falsifiée sous ton nom.Je grimace.— Jonathan est rapide.— Un patient a fait une hémorragie sévère après qu’on a doublé une dose d’anticoagulant sous ton identifiant.Je ne réponds pas.Il connaît donc tout.— Le patient va bien, dis-je finalement. Ma responsabilité a été écartée et je suis réintégrée.— Je sais.— Alors pourquoi tu as cette voix ?— Quelle voix ?— Celle qui annonce généralement la disparition prochaine de quelqu’un.Un silence.— Je fais un effort considérable, Mila.Malgré moi, je souris.— Je l’apprécie.— Pourq







