Masuk*Jour 3 : Le cercle et la meute* La fosse de combat était un simple cercle de pierres, au centre de la clairière. Pas de sable. De la terre dure. « Vous entrez à trois, » dit Sinbad. « Vous sortez à un. Pas de sang interdit, mais le premier qui perd connaissance a perdu. Pas de haine. Pas de vengeance. C’est un test. Pas une guerre. » Les groupes furent tirés au sort. Aro tomba avec Sukann et un autre. Soren, massif, déjà cicatrisé à l’épaule. Juma, rapide, vicieux, les canines toujours en avant. Ils entrèrent. L'autre novice chargea tout de suite Aro. Logique. Le plus petit. Le plus facile. Sukann recula, attendit de voir. Aro ne recula pas. Il fit un pas de côté. Juste un. Le novice passa, emporté par son poids. Aro tendit la jambe, pas pour frapper, mais pour déséquilibrer. L'autre s’étal
Les jours suivants sentaient la terre mouillée, la sueur, l'épuisement... et la peur. L’Académie de la meute Noire n’avait pas de murs pour dispenser des leçons. Pour ça, elle avait des épreuves en plein air. Sinbad avait dit : « Les murs, ça protège. Moi, je veux voir qui vous êtes quand rien ne vous protège. » *Jour 1 : L’endurance des cent* Le ciel n’était pas encore gris quand Sinbad les tira du dortoir. Une bonne centaine de novices, pieds nus, torse nu, alignés dans la cour de latérite froide. Devant eux, la piste. Quinze kilomètres de racines, de ravines, de pentes raides et de rivière à traverser... Deux fois. « Vous courez, » dit Sinbad. « Vous tombez, vous vous relevez. Vous abandonnez, vous rentrez chez vous. Il n’y a pas de deuxième chance. »
Le lendemain, Raïhm, en compagnie de Tano, se dirigea dans la cour extérieure principale. Autour de lui, les loups haut placés de la meute se rapprochaient. Les Cetas, vêtus de cuir noir renforcé, leurs épées à la main, formaient un cercle impénétrable. Leurs yeux, d’un bleu féroce, scrutaient chaque recoin de la salle, prêts à intervenir au moindre signe de trouble. L'un des Cetas, un loup massif nommé Kor, s’inclina légèrement comme les autres. « La protection de la foire commerciale qui aura lieu dans quelques jours est assurée. Nous avons sécurisé les entrées, surveillé les allées et veillé à ce que aucun fauteur de trouble ne perturbe l'événement. Pas d'inquiétude, mon prince Alpha. La meute sera impénétrable. » Raïhm hocha d
Ils étaient sortis, la rencontre entre Raïhm et son père s'etant achevée, et profitaient pour prendre un peu d'air frais. — « Nous y sommes, » dit-il, « et nous montrerons à tous que la force de la meute réside dans l’unité et la vérité. » Tano sentit une vague de chaleur l’envahir, le sentiment d’appartenir à quelque chose de plus grand que lui. — « Allons, » dit le Bêta, « le chemin est long, mais nous marcherons ensemble. » Et tandis que les silhouettes s’éloignaient dans la nuit, le vent porta avec lui le parfum des cerises et des baies rouges, comme un serment silencieux que la meute de Wade se réparerait, un pas à la fois. Raïhm resta silencieux un instant, le regard perdu dans les profondeurs de la Ville Rose. Puis, d’une voix plus basse, il répondit :
Les dernières portes de la salle du trône se refermèrent dans un grondement sourd. Le marbre rose renvoya l’écho, puis le silence revint, plus dense encore qu’avec la foule. Il n’y avait plus que cinq respirations dans l’immense pièce : celle du Roi Ab-Shalom, lourde et mesurée, celle de Raïhm, courte et maîtrisée, celle de Tindiko, prudente, celle de Tano, brûlante, et celle, presque imperceptible, des lanternes qui vacillaient. Raïhm ne laissa pas le silence s’installer. La contrariété lui tordait encore les mâchoires depuis les mots publics de son père. Il fit un pas. Puis un autre. Il n’était plus au pied des marches. Il était sur le même sol que le Roi. « Père, » dit-il. Sa voix n’avait plus la déférence cérémonieuse de tout à l’heure. Elle était sèche, tranchante comme une lame sortie trop vite du fourreau. « Maintenant qu’il n’y a plus d’oreilles pour colporter, dites-moi. Dites-moi ce qui vous a pris. » Ab-Shalom releva lentement le menton. L’ambre de ses yeux n’avait pl
Les pas lourds, posés, puissants continuaient de résonner dans le couloir de marbre rose. Chaque impact semblait faire vibrer les murs d’ambre et de rubis, comme si la meute elle-même retenait son souffle. Et il apparut, dans toute sa majesté. Le Roi Lycan Ab-Shalom. Il était vêtu d’une djellaba de soie rouge brodé de fils d’or, dont les motifs représentaient les anciennes constellations sous lesquelles les premiers Lycans avaient prêté serment. Un bisht couleur sable, bordé de galons d’or pur, tombait de ses épaules larges jusqu’au sol. À sa taille, une ceinture de cuir rouge sang retenait un poignard cérémoniel dont le pommeau était serti d’une pierre de lune. Sur sa tête, un rond blanc immaculé était maintenu par un agal d’onyx noir. Ses yeux, deux puits d’ambre ancien, balayèrent la salle. Un silence total s’abattit. Même les respirations semblaient suspendues. Ab-Shalom avança. Chaque pas était mesuré, souverain. Les lanternes roses projetèrent sur son passage des éclat
Zanzibar, dans le palais royal des Alphas. Indé était assis sur son trône, les yeux fixés sur les loups renégats qui se tenaient debout devant lui. - Avez-vous retrouvé la princesse Khary ? demanda Indé, sa voix basse et menaçante. Les acolytes se regardèrent nerveusement avant de répondre
La liberté. Le savoir. Deux choses qui lui étaient particulièrement chères. Indé Fils était étendu sur le sable chaud d'une plage de Loumm, une île vierge située à plus de 30 km de l'île Zanzibar. Il regardait le ciel bleu clair, les yeux fermés, laissant la chaleur du soleil pénétrer dans son cor
"Je vais te dire tout ce que je sais, Sinbad," commença Embiid, son regard sérieux. "Indé est déterminé à vous traquer, toi et les autres chefs de tribus qui refusent de reconnaître son autorité. Il va utiliser tous les moyens possibles pour vous éliminer et consolider son pouvoir." Sinbad se reb
Raïhm regarda la fillette, Khary, avec un mélange d'inquiétude et de curiosité. Il venait de la sauver de ses poursuivants, et elle semblait être en sécurité maintenant. Mais il y avait quelque chose de spécial chez cette enfant, quelque chose qui le faisait se sentir... connecté à elle. Soudain,







