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Chapitre 6

Author: Caro
last update publish date: 2026-08-03 08:01:32

Chapitre 6 , La maison au bord du lac

Point de vue de Sélyane Arvenys

Je n’avais pas réussi à fermer l’œil de la nuit. La photographie trouvée dans le bureau de Lior Veydran n’arrêtait pas de revenir dans mon esprit. Trois personnes. Lior. Elvire Cassandre. Et cette personne que je connaissais depuis toujours. Une personne que je n’aurais jamais imaginé voir apparaître dans une affaire aussi sombre. Mon père. Je fixais le plafond de ma chambre depuis plusieurs minutes, incapable de comprendre comment tout cela pouvait être possible. Mon père était mort lorsque j’étais encore adolescente. Il n’avait jamais parlé de la famille Cassandre, ni de Lior Veydran, ni d’une quelconque affaire judiciaire. Alors pourquoi son visage apparaissait-il sur cette photo ?Je me levai finalement, incapable de rester sans réponse.La première chose que je devais faire était retourner voir Lior. Mais cette fois, je ne voulais pas seulement poser des questions. Je voulais des explications.Lorsque j’arrivai au cabinet Veydran & Associés, je remarquai immédiatement quelque chose d’étrange. Lior n’était pas là.

Son assistante, une jeune femme toujours très professionnelle, semblait nerveuse.

– Maître Veydran est absent aujourd’hui.

Je posai mon regard sur elle.

– Où est-il ?

Elle hésita.

– Je ne suis pas autorisée à vous le dire.

Je m’appuyai légèrement contre le comptoir.

– Je ne vous demande pas une information confidentielle. Je vous demande simplement où est votre patron.

Elle détourna les yeux. Cette réaction confirma mes soupçons. Quelque chose s’était passé.

– Il est parti hier soir.

– Pour aller où ?

Elle resta silencieuse.

Puis elle murmura :

– La propriété familiale.

Mon regard se durcit.

– Où se trouve-t-elle ?

Elle sembla regretter immédiatement d’avoir parlé.

– Mademoiselle Arvenys…

– Où ?

Après quelques secondes, elle finit par répondre.

– Au bord du lac Léman.

Une heure plus tard, je conduisais en direction de la propriété Veydran. Je savais que ce n’était peut-être pas la meilleure décision. Suivre un homme qui m’avait demandé de rester loin de cette histoire n’était certainement pas prudent. Mais la prudence n’avait jamais été ce qui m’avait poussée à devenir journaliste. Le paysage suisse défilait devant mes yeux. Les montagnes enneigées, les routes silencieuses, les villages élégants. Tout semblait paisible. Trop paisible. Lorsque j’arrivai devant la propriété, je compris immédiatement pourquoi cette famille était considérée comme l’une des plus influentes de Suisse.

La demeure était immense.

Une ancienne bâtisse en pierre, entourée d’arbres et donnant directement sur le lac. Elle semblait magnifique. Mais aussi froide. Comme si elle gardait elle aussi ses propres secrets. Je descendis de voiture et avançai jusqu’à l’entrée. À peine avais-je frappé que la porte s’ouvrit. Un homme se tenait devant moi. Alaric Veydran. Je le reconnus immédiatement grâce aux photos des magazines économiques. Le frère de Lior. Son regard passa de moi à la voiture derrière moi.

Puis il esquissa un sourire.

– Vous êtes soit très courageuse, soit complètement inconsciente.

Je soutins son regard.

– Je cherche Lior.

– Je sais.

Sa réponse me surprit.

– Vous m’attendiez ?

Il s’écarta légèrement pour me laisser entrer.

– Disons que je savais que vous finiriez par venir.

Je pénétrai dans la demeure.

L’intérieur était aussi impressionnant que l’extérieur. Des tableaux anciens, des meubles élégants, une décoration qui respirait l’argent et l’histoire. Mais quelque chose me dérangeait. Une sensation étrange. Comme si cette maison avait vu trop de choses.

Alaric me conduisit jusqu’au salon.

– Que voulez-vous exactement, mademoiselle Arvenys ?

Je restai debout.

– Des réponses.

Il eut un léger sourire.

– Vous ressemblez beaucoup à Lior.

Je fronçai les sourcils.

– Je ne lui ressemble pas.

– Si.

Il prit un verre d’eau.

– Vous avez tous les deux cette mauvaise habitude de croire que la vérité peut sauver les gens.

Je gardai le silence.

– Où est Lior ?

Son sourire disparut légèrement.

– Il est dans l’ancienne aile de la maison.

– Pourquoi ?

Il me regarda attentivement.

– Parce que certaines choses du passé reviennent toujours à l’endroit où elles ont commencé.

Je n’aimais pas cette réponse. Décidément, dans cette famille, personne ne savait parler clairement. Je me dirigeai vers l’endroit indiqué.

Mais avant que je parte, Alaric ajouta :

– Sélyane.

Je me retournai.

– Oui ?

Son expression était devenue sérieuse.

– Faites attention à ce que vous cherchez.

Je soupirai.

– Encore cette phrase ?

Il ne sourit pas.

– Parce que vous ne comprenez pas encore.

Un silence.

– Certaines vérités ne détruisent pas seulement ceux qui les cachent.

Il marqua une pause.

– Elles détruisent aussi ceux qui les découvrent.

Je continuai mon chemin sans répondre. Mais au fond de moi, une question grandissait.

Pourquoi avais-je l’impression que cette famille connaissait déjà mon nom avant même de me rencontrer ?

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