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Chapitre 7

Author: Poche d'étoiles
La voix venait de la chambre située sur sa gauche. Cécilia s'est arrêtée, puis s'est tournée vers la porte.

Celle-ci était restée entrouverte. À travers l'ouverture, elle distinguait parfaitement ce qui se passait à l'intérieur.

Gabrielle était allongée sur son lit d'hôpital, le haut du corps légèrement redressé. Louis était accoudé au bord du lit. Ses deux petites mains serraient fermement la main de Gabrielle.

Un peu plus loin, Tristan était assis sur une chaise. Un léger sourire flottait sur ses lèvres, et son regard était empreint d'une infinie douceur.

À les voir ainsi, n'importe qui aurait cru avoir devant les yeux une famille de trois personnes heureuse et unie.

Les yeux de Gabrielle étaient remplis de tendresse. Elle laissait le petit garçon lui secouer affectueusement le bras avant de lui dire d'une voix douce : « Je vais très bien. Désolée de t'avoir inquiété, mon petit Louis. Ça me fait tellement de peine de te voir te faire du souci pour moi. »

En parlant, elle a déposé un tendre baiser sur son front.

Louis n'a pas montré la moindre réticence. Au contraire, il a rougi. Avec son air si attendrissant et son visage d'enfant, il était à croquer. Pourtant, les paroles qui sont sorties de sa bouche ont glacé le cœur de Cécilia, qui se tenait derrière la porte.

« C'est entièrement la faute de maman ! Elle ne comprend jamais rien et passe son temps à semer le désordre. À cause d'elle, tata Gabrielle a même fini à l'hôpital. Je la déteste ! À moins qu'elle ne vienne présenter ses excuses, je ne lui parlerai plus. Je ne lui pardonnerai jamais ! »

Gabrielle a écarquillé les yeux, comme si elle ne s'était pas attendue à entendre Louis dire une chose pareille. Ses yeux se sont embués, partagés entre la tristesse et un certain réconfort.

À cet instant, Tristan a pris la parole d'un ton plus sévère. « Louis, ce sont les affaires des adultes. Ne t'en mêle pas. »

Louis a fait la moue, visiblement mécontent. « Je ne me mêle pas de ce qui ne me regarde pas ! Maman est vraiment insupportable ! »

En disant cela, il a lâché la main de Gabrielle, s'est approché de Tristan et l'a regardé avec un sérieux désarmant. « Papa, divorce de maman. Comme ça, tata Gabrielle pourra vraiment devenir ma maman. D'accord ? »

« Hein ? » Gabrielle a inspiré brusquement, le visage figé par la stupeur. « Louis... Qu'est-ce que tu racontes...? »

Le visage de Tristan s'est aussitôt assombri et sa voix est devenue glaciale. « Louis. Qui t'a appris à dire toutes ces absurdités ? »

Tristan n'était pas seulement professeur et directeur de recherche. Il dirigeait aussi une entreprise technologique de plus d'un millier d'employés. Lorsqu'il se mettait en colère, l'autorité qu'il dégageait était écrasante. On aurait dit une montagne de glace millénaire, capable de figer tout ce qui l'entourait.

Terrifié par son père, Louis a éclaté en sanglots avant de se réfugier dans les bras de Gabrielle.

Malgré sa peur, il s'est obstiné à défendre ce qu'il pensait. Entre deux sanglots, il a crié : « Je m'en fiche ! Moi, j'aime tata Gabrielle ! Je n'aime pas maman ! Tata Gabrielle fait des expériences avec moi et m'apprend plein de choses que les autres enfants ne connaissent même pas. Même mamie et tata Karine disent qu'une femme aussi intelligente que tata Gabrielle est la seule qui mérite d'être avec papa ! »

« Ça suffit ! Tu vas beaucoup trop loin ! » Tristan s'est levé d'un bond et s'est avancé pour attirer Louis vers lui afin de le réprimander.

Voyant cela, Gabrielle a aussitôt serré le petit garçon contre elle. « Tristan, ne sois pas aussi dur avec Louis. Il est encore petit. Il ne comprend pas tout. Les enfants ont besoin d'être guidés avec patience et bienveillance. »

Tristan a écouté les paroles de Gabrielle, puis a regardé son fils, blotti contre elle et inconsolable. Son irritation n'a fait que grandir. « Cette Cécilia... Elle n'est même pas capable d’élever correctement son propre enfant. À quoi peut-elle bien servir ? »

Debout devant la porte, Cécilia croyait pourtant avoir tourné la page. Mais à cet instant, son cœur s'est de nouveau violemment serré.

« Tristan, ne parle pas comme ça. Personne n'est omniscient. Chacun a ses limites, que ce soit en termes d'énergie, de connaissances ou d'expérience. Je suis certaine qu'elle a déjà fait tout ce qu'elle pouvait... C'est seulement que... » Gabrielle s'est interrompue. En relevant les yeux, elle a aperçu Cécilia, immobile sur le seuil.

Son visage s'est aussitôt décomposé. « M... Madame... »

Louis a sorti la tête des bras de Gabrielle et a lui aussi aperçu sa mère. « Maman ? »

Tristan est resté immobile, les yeux fixés sur Cécilia. L'agacement qui assombrissait son regard s'est légèrement dissipé lorsqu'il l'a vue.

Pourtant, sa voix est restée aussi froide qu’auparavant. « C'est bien que tu aies enfin retrouvé un peu de raison. Entre maintenant et présente tes excuses à Gabrielle. »

Cécilia est restée un instant interdite. Il avait donc mal compris. Il croyait qu'elle était venue exprès pour présenter ses excuses à Gabrielle.

En entendant qu'elle allait s'excuser, Louis a été le premier à réagir. Il a aussitôt sauté du lit, couru jusqu'à la porte et attrapé la main de Cécilia, la tirant sans ménagement vers la chambre. Exactement comme le jour du mariage, lorsqu'il l'avait bousculée sans la moindre hésitation pour la chasser des lieux.

« Maman, c'est à cause de toi que tata Gabrielle s'est retrouvée à l'hôpital. Dépêche-toi de lui présenter tes excuses. Quand on reconnaît ses torts, on est une bonne maman. »

Louis a entraîné Cécilia jusqu'au pied du lit de Gabrielle. Ses grands yeux noirs étaient rivés sur elle, attendant qu'elle s'exécute.

Mais Gabrielle, déjà toute pâle, s'est empressée d'agiter les mains. Sa voix tremblait de panique, comme celle d'un petit lapin effrayé qui cherchait désespérément à se justifier.

« Non, vous n'avez pas à vous excuser. C'est moi qui devrais vous demander pardon, Madame Jacquet. Surtout, ne vous méprenez pas sur Tristan. Il voulait seulement m'aider à échapper au mariage que ma famille m'imposait. Cette cérémonie n'était qu'une mise en scène. »

Puis, comme si elle venait soudain de se souvenir de quelque chose, elle a ajouté avec précipitation : « Et... pour le baiser aussi. Pendant les répétitions, ce passage n'existait pas. Je ne sais pas pourquoi le maître de cérémonie l'a ajouté au dernier moment. Je vous dis la vérité. S'il vous plaît, ne vous méprenez pas sur Tristan à cause de moi... Sinon, je m'en voudrais terriblement. »

En voyant son élève, encore alitée, s'efforcer désespérément de le défendre, Tristan a ensuite tourné les yeux vers Cécilia, qui restait immobile, droite comme un piquet, sans dire un mot.

Ses traits se sont durcis. « Gabrielle, tu n'as pas besoin de lui donner autant d'explications. C'est elle qui a réagi avec impulsivité et étroitesse d'esprit. Celle qui doit présenter des excuses, c'est elle. »

Cécilia a laissé échapper un petit rire, plus amer qu'amusé. Elle a levé les yeux vers Tristan, le regard chargé d’ironie. « Très bien. Admettons que je sois impulsive et mesquine. Tristan, cela fait sept ans que nous sommes mariés. Nous n'avons jamais eu de cérémonie de mariage... Nous n'avons même jamais pris de photos de mariage. Alors, pour réparer ce regret que je porte depuis toutes ces années, demain, moi aussi, je trouverai un homme et j'organiserai une cérémonie de mariage. Dis-moi... qu'en penserais-tu ? »

Les sourcils de Tristan se sont encore davantage froncés. L'impatience transparaissait désormais clairement dans sa voix. « Cécilia, ce sont deux choses complètement différentes. Arrête de tout mélanger et de faire des histoires. »

Cécilia a acquiescé. À cet instant, elle ne ressentait plus rien, comme si elle était devenue insensible. « Très bien. Alors cessons les disputes inutiles et parlons de quelque chose de concret. Demain, c'est lundi. Allons entamer la procédure de divorce. »

En l'entendant évoquer une nouvelle fois le divorce, Tristan a eu un réflexe instinctif : il a d'abord regardé Louis, puis Gabrielle.

Ce n'est qu'ensuite qu'il a fait un pas vers Cécilia. Son regard était chargé d'un avertissement. « Cécilia, ma patience a des limites. Ne continue pas à faire des scènes. »

Autrefois, chaque fois que Tristan se montrait agacé ou en colère, Cécilia perdait tous ses moyens.

En réalité, cela arrivait rarement. La plupart du temps, il restait parfaitement impassible face à elle. À ses yeux, elle ne valait même pas la peine qu'il dépense la moindre émotion.

Mais aujourd'hui, Cécilia n'a pas reculé. Elle n'a pas non plus paru désemparée.

Au contraire, elle est restée d'un calme absolu et a répondu avec une détermination encore plus ferme : « Ce matin, c'est toi qui as parlé de divorce. Et moi... j'ai accepté. »

Le visage de Tristan, qui la dominait de toute sa hauteur, s'est figé l'espace d'un instant. Une lueur d'hésitation a traversé ses yeux sombres.

Pour la première fois, il avait l'impression de ne plus reconnaître Cécilia.

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