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Chapitre 26 : Le Départ

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2025-12-23 00:14:04

Anouk

Le temps s’est étiré, élastique et cruel, depuis ce réveil en sursaut. J’ai regardé l’aube teinter le ciel de gris puis de rose, immobile sur mon lit, les draps encore imprégnés de l’odeur de mon propre rêve. Une honte chaude me colle à la peau, plus tenace que la sueur nocturne.

Mais le protocole, ce mot qu’il aime tant, reprend ses droits. 7h. Le voyage. Je n’ai pas le choix.

Je m’habille à la va-vite, enfilant un jean et un sweat-shirt trop grand, une armure en coton contre le monde et
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  • MON PSYCHOPATHE ET MOI   CHAPITRE 147 : DANTE VEUT OFFICIALISER 2

    Sa réponse est immédiate, instinctive, sans calcul. Il a tourné la tête vers moi. Ses yeux brillent dans la nuit, deux braises noires, deux étoiles tombées. Je soutiens son regard. Mon cœur s'est mis à battre plus fort, plus vite, comme si je courais. Mes doigts se crispent sur mes genoux. Je ne m'attendais pas à ça. Pas ce soir. Pas après tout ce qui s'est passé. Mais avec Dante, les déclarations tombent toujours au moment le plus inattendu, quand la garde est baissée, quand l'émotion est à fleur de peau. — Tu es sérieux ? — Je suis toujours sérieux quand il s'agit de toi. Il se redresse sur un coude. Ses cheveux sont en bataille, sa barbe naissante dessine des ombres sur ses joues, ses lèvres ont un pli résolu. Son torse se soulève au rythme de sa respiration plus rapide. Il me regarde comme on regarde une promesse. Comme on regarde une icône. Comme on regarde la seule chose qui compte dans l'univers.

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    Anouk Le toit de l'immeuble est notre sanctuaire secret, notre île suspendue au-dessus du vacarme de la ville. Personne d'autre que nous n'y monte jamais. La trappe d'accès est rouillée, la serrure cassée, l'escalier de service encombré de cartons oubliés et de meubles abandonnés par d'anciens locataires. Mais tout en haut, passé le dernier palier, passé la dernière volée de marches qui gémissent sous les pieds, il y a ce rectangle de ciel. Ce toit-terrasse que j'ai transformé en jardin suspendu. Des pots de terre cuite alignés contre les acrotères, débordant de géraniums, de romarin, de thym, de lavande. Un matelas gonflable qu'on a monté un soir d'été, en sueur, en riant, en manquant de le faire exploser dans la cage d'escalier. Une couverture rêche en laine militaire, héritée de l'armée italienne, qui gratte la peau mais qui tient chaud. Deux coussins volés au canapé, brodés par ma mère, un peu fanés, un peu tachés, mais doux, moelleux, fidèles. Des

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    Je pose la tasse sur la table basse. Je me tourne vers lui. Son visage est tout proche, ses yeux dans les miens, sa bouche à quelques centimètres de la mienne. Les cernes sous ses yeux sont plus creusés que d'habitude. Lui non plus n'a pas dormi. Depuis trois jours, depuis la mort de Castellano sur ce parvis, il n'a pas fermé l'œil. Il a géré les conséquences, les formalités, les arrangements. Il a protégé nos arrières, effacé les traces, verrouillé les issues. Il a tout pris sur lui, comme d'habitude, sans se plaindre, sans rien demander en retour. Simplement parce que c'est lui. Simplement parce qu'il m'aime. — Merci, dis-je. — De quoi ? — D'être là. De m'avoir soutenue. De ne pas l'avoir tué toi-même. — Je l'aurais fait si tu me l'avais demandé. — Je sais. C'est pour ça que je ne te l'ai pas demandé. Il sourit. Un sourire las, triste, mais vrai. Il se penche, pose ses lèvres sur m

  • MON PSYCHOPATHE ET MOI   CHAPITRE 144 : FUNÉRAILLES DE CASTELLANO 3

    À la sortie, la voiture de Marc attend, moteur allumé, essuie-glaces qui battent la mesure, phares qui percent le brouillard. La carrosserie noire ruisselle. Marc est au volant, le visage impassible, les mains sur le volant. Il ne pose pas de questions. Il ne fait pas de commentaires. Il attend, c'est tout. Dante ouvre la portière. Je monte. La chaleur de l'habitacle m'enveloppe, me gifle presque. Je tremble. Tout mon corps tremble. Je ne savais pas que j'avais froid. Je ne savais pas que j'étais restée si longtemps sous la pluie. Mes vêtements sont trempés, collés à ma peau. Mes cheveux dégoulinent sur le cuir des sièges. Mes lèvres sont bleues. Mes doigts sont blancs. — C'est fini, dit Dante en s'asseyant à côté de moi. Il referme la portière. Le silence de l'habitacle nous engloutit. Plus de pluie. Plus de vent. Juste le ronronnement du moteur, la musique classique en sourdine à la radio, le souffle régulier de Marc qui cond

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    Le prêtre achève ses oraisons. Il ferme son missel. Il recule d'un pas. Les croque-morts s'avancent, deux hommes en ciré noir, le visage fermé, les gestes mécaniques. Ils actionnent les manivelles. Les cordes se tendent. Le cercueil descend lentement, par à-coups, dans un grincement de poulies rouillées. La pluie redouble, comme si le ciel voulait noyer la cérémonie, l'effacer, la laver. Les gouttes crépitent sur le bois, tambourinent sur les parapluies, dégoulinent dans mon col. Je ne frissonne pas. Le bruit de la première pelletée de terre sur le couvercle. Un bruit sourd, mat, creux. Le bruit de la fin. Les soldats se relaient, chacun son tour, un geste rituel, presque militaire. La terre est lourde, détrempée, mêlée de graviers. Elle rebondit sur le bois, glisse sur les côtés, s'accumule. Le trou se referme peu à peu. Le cercueil disparaît sous la boue. Mon père disparaît sous la boue. Une femme sanglote quelque part. Pas moi. Quand tout est fini, les soldats s'en vont. Sa

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    Anouk Il pleut sur Marseille. Une pluie fine, grise, obstinée, qui transforme les rues en miroirs sales, les trottoirs en rivières noires, le ciel en un couvercle de plomb. Les gouttes crépitent sur les parapluies, glissent le long des cols de manteaux, s'infiltrent partout, dans les chaussures, dans les os, dans les âmes. Le cimetière Saint-Pierre est un océan de pierres tombales noyées de brume. Les cyprès penchent sous le vent. Quelque part, un corbeau croasse. Personne ne lui répond. L'assistance tient sur les doigts d'une main, ou presque. Une dizaine de personnes, des silhouettes sombres, des visages que je ne connais pas. Des soldats de l'empire déchu. Des lieutenants aux mâchoires serrées, aux mains épaisses, aux yeux qui balaient le paysage par réflexe professionnel. Ils ne pleurent pas. Ils ne parlent pas. Ils sont venus par devoir, par respect pour ce qu'il représentait, pas pour ce qu'il était. Certains ont des cicatrices aux mains, d'autres au cou. Aucun n'a apporté de

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    Il s'approche. Lentement, avec précaution à cause de sa blessure. Il pose sa main sur ma nuque, un geste possessif mais tendre.— Il faut qu'on parle, dit Marc. Toi et moi.Dante le regarde.— De quoi ?— D'elle.Mer

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    AnoukMenton vers l'immeuble d'en face. Je suis son regard. Je ne vois rien. Mais Castellano hésite.— Tu bluffes.— Tu veux vérifier?Silence.Le vent souffle entre les immeubles. Personne ne bouge.Puis Castellano rit. Mais cette fois, c'est un rire jaune.— Tu as de la chance, dit-il à Dante. J'

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    AnoukL'aube se lève .Je ne dors pas. Je regarde la lumière grise qui filtre à travers les volets. Dante respire calmement contre moi. Sa fièvre est tombée dans la nuit. Le médecin a dit que le plus dur était passé.Mais je sais que le plus dur ne fait que commencer.Mon téléphone vibre sur la tab

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    AnoukJe reste seule avec Dante. Avec ses doigts qui serrent les miens dans son sommeil. Avec ce silence lourd de tout ce que je viens de déterrer.— Tu entends, murmuré-je à Dante. Tu entends ce que je viens de dire. Maintenant tu sais. Tu sais pourquoi je suis comme je suis. Pourquoi j'ai du mal

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