Mag-log inLe trajet de retour du studio photo sur Abbot Kinney Boulevard fut silencieux, mais pas inconfortable. Elena conduisait sa propre voiture une Audi Q5 hybride blanche, un partenariat avec la marque qui l’avait équipée d’un modèle haut de gamme pour ses stories eco-friendly. Kai était assis sur le siège passager, son corps massif occupant l’espace sans effort, les yeux scrutant les rétroviseurs et les rues latérales comme s’il s’attendait à une embuscade à chaque feu rouge. Venice Beach défilait derrière les vitres teintées : skateurs sur les trottoirs, joggeurs en tenue fluo, l’océan au loin qui scintillait sous le soleil de midi. Elena jetait des regards discrets vers lui, repensant à cet éclat de sourire qu’elle avait arraché pendant la pause. C’était comme craqueler une armure fugace, mais addictif.
Ils arrivèrent à Marina del Rey en moins de vingt minutes. Kai descendit le premier, inspecta les alentours du parking souterrain de l’immeuble, puis escorta Elena jusqu’à l’ascenseur. Elle ne protesta pas ; après l’agression, ces gestes étaient devenus une routine rassurante, même si elle refusait de l’admettre.
Une fois dans l’appartement, Elena posa son sac sur l’îlot de la cuisine et se tourna vers lui. L’air conditionné bourdonnait doucement, et l’odeur de café froid de ce matin planait encore.
« Merci pour aujourd’hui », dit-elle simplement.
Kai hocha la tête, posa son propre sac un petit sac à dos noir contenant son ordinateur et des outils de sécurité sur le canapé où il avait dormi les deux nuits précédentes.
« C’était mon job. »
Elena hésita une seconde, puis prit une décision impulsive. Elle n’aimait pas l’idée qu’il dorme sur ce canapé en velours crème, trop petit pour sa carrure, trop exposé. Et puis, il y avait cette petite pièce attenante à sa chambre principale une sorte de dressing élargi qu’elle avait transformé en studio de tournage improvisé. Des étagères remplies de ring lights, de trépieds, de boîtes de produits beauté non ouverts, de fonds verts pliés, et même un petit bureau avec son ancien setup pour les vlogs. C’était là qu’elle tournait ses Lives intimes, ses tutoriels skincare à minuit, loin des yeux du monde.
« Attendez », dit-elle en le voyant s’installer sur le canapé comme si c’était sa place attitrée. « Venez voir quelque chose. »
Kai fronça les sourcils mais la suivit sans poser de question. Elle traversa le couloir, passa devant sa chambre (porte fermée, lit King size encore défait), et ouvrit la porte de la petite pièce. C’était un espace rectangulaire, environ trois mètres sur quatre, avec une fenêtre donnant sur le port, des murs blancs neutres, et un sol en parquet clair. Mais c’était un chaos organisé : cartons empilés, câbles emmêlés, un mannequin de pose pour les shootings mode abandonné dans un coin.
« C’est mon antre créatif », expliqua-t-elle avec un sourire. « Mais je peux tout déplacer dans un coin de ma chambre. C’est pas grand, mais il y a de la place pour un lit simple, une commode. Ce serait mieux que le canapé. »
Kai inspecta la pièce d’un regard rapide évaluant les issues, la fenêtre, la proximité de la chambre d’Elena.
« Le canapé me va très bien. Pas besoin de ça. »
Elena secoua la tête, déjà en train de pousser un carton vers la sortie.
« Non, sérieusement. Vous êtes immense, ce canapé est fait pour des influenceuses comme moi, pas pour des ex Marines. Et puis, vous avez besoin d’un espace à vous. Je insiste. »
Il croisa les bras, sa posture rigide.
« Mademoiselle Voss, je ne suis pas ici pour le confort. Je dors peu, et le canapé est stratégique près de l’entrée, vue sur le salon. »
Elle posa le carton et le regarda droit dans les yeux, un mélange de détermination et de taquinerie.
« Elena. Appelez moi Elena. Et arrêtez avec les excuses. Je vais tout ranger moi-même si vous voulez. Ou mieux : on l’aménage ensemble. J’ai du temps libre aujourd’hui. »
Kai hésita. Il n’était pas habitué à ce qu’on insiste avec lui en général, ses clients suivaient ses directives sans broncher. Mais Elena avait cette énergie pétillante, cette façon de franchir les limites comme si elles n’existaient pas. C’était à la fois agaçant et… rafraîchissant.
« D'accord ..... je vais m’occuper de l’aménager. je vous ... remercie ...»
Elle ne lâcha pas. Elle attrapa un autre carton, le traîna vers sa chambre, ignorant la douleur sourde à son bras bandé.
« Trop tard. Je commence. Et si vous ne voulez pas que je me blesse encore plus, aidez-moi. »
Kai soupira un soupir discret, presque inaudible et finit par céder. Il prit les cartons les plus lourds, les déplaça en un rien de temps dans un coin de la chambre d’Elena, où elle les empila avec soin. La petite pièce se vida en une heure : trépieds rangés, lumières pliées, fonds roulés. À la fin, il ne restait qu’un espace nu, avec une prise murale et la fenêtre.
« OK, c’est fait », dit-elle, essoufflée mais satisfaite. « Maintenant, on commande un lit ? J’ai un partenariat avec une marque de matelas, je peux avoir un discount. »
Kai secoua la tête fermement.
« Non. Je m’en charge. Demain matin. Pas de commande en ligne trop de traces. J’irai en magasin. »
Elena roula des yeux mais sourit intérieurement. C’était une petite victoire : il acceptait la pièce.
La soirée s’installa doucement. Le soleil se couchait sur le port, peignant l’appartement en tons orangés. Elena décida de cuisiner une rareté pour elle, qui commandait souvent des salades healthy via DoorDash. Mais ce soir, elle voulait une soirée chill, normale. Elle sortit des ingrédients du frigo : saumon frais, asperges, quinoa. Son bras la lançait encore, mais elle ignora la douleur, attrapa un couteau pour couper les légumes.
Kai, assis à l’îlot avec son ordinateur (surveillant les alertes sur ses réseaux), l’observa une minute. Il vit sa grimace quand elle leva le bras, la façon maladroite dont elle tenait le couteau.
« Arrêtez. Vous allez vous recouper. »
Elena rit. « Je gère. C’est pas la première fois que je cuisine blessée. Une fois, je me suis brûlée au fer à boucler et j’ai quand même tourné un vlog. »
Il se leva, s’approcha sans demander, prit le couteau de ses mains.
« Asseyez-vous. Je m’en occupe. »
Elle protesta pour la forme « Hé, c’est ma cuisine ! » mais s’assit sur un tabouret, le regardant faire. Kai cuisinait avec une efficacité militaire : coupes précises, assaisonnement minimal (sel, poivre, huile d’olive), cuisson rapide au four pour le saumon, vapeur pour les asperges. Pas de chichi, mais ça sentait divinement bon.
Ils mangèrent ensemble à l’îlot première fois qu’ils partageaient un repas comme ça, sans urgence. Elena parla un peu : de son dernier partenariat avec une marque de thé detox, de ses plans pour un voyage à Hawaii une fois la menace levée. Kai écouta plus qu’il ne parla, répondant par monosyllabes, mais ses yeux trahissaient un intérêt discret.
« Et vous ? », demanda-t-elle enfin. « Qu’est-ce que vous mangez d’habitude ? Des rations militaires ? »
Un éclat encore ce coin de bouche qui se releva.
« Parfois. Mais j’aime cuisiner. Ça vide la tête. »
La nuit tomba. Elena alla se coucher tôt, épuisée par la journée. Kai, lui, s’installa sur le canapé pour la dernière fois, veillant tard, comme toujours.
Le lendemain matin, le soleil filtrait à peine à travers les stores quand Kai frappa doucement à la porte d’Elena. Il était déjà habillé, prêt : t-shirt noir, jean, boots.
« Sofia arrive dans dix minutes. »
Elena, encore en pyjama (short en satin et top assorti), frotta ses yeux.
« Sofia ? Pourquoi ? »
« Je vais acheter de quoi aménager la pièce. Je ne vous laisse pas seule. »
Elle secoua la tête, agacée mais touchée.
« C’est ridicule. L’immeuble est sécurisé, j’ai les caméras que vous avez installées. Je suis pas une enfant. »
Kai ne bougea pas d’un pouce.
« Pas négociable. Sofia reste jusqu’à mon retour. Deux heures max. »
Elena soupira, mais appela Sofia pour confirmer. Sa manager arriva vingt minutes plus tard, avec des cafés à emporter et un air inquiet. Kai partit aussitôt, sa Jeep noire descendant la rampe du parking.
Pendant qu’il roulait vers un magasin de meubles basique à Culver City un endroit discret, sans caméras connectées ni traces numériques Kai se laissa enfin penser. Ces derniers jours avaient été un tourbillon, différent de ses missions habituelles. D’habitude, ses clients étaient des PDG distants ou des célébrités capricieuses qui le traitaient comme un meuble. Elena, elle, était… vivante. Elle défiait tout : ses règles, son autorité, même son silence. Innocemment, il se surprenait à apprécier sa présence. Son rire quand elle taquinait, sa détermination à cuisiner malgré la douleur, la façon dont elle transformait un appartement en un monde coloré avec ses posts et ses produits. Elle était belle, bien sûr il l’avait remarqué dès le premier soir, avec ses cheveux ondulés et son sourire qui illuminait l’écran. Mais c’était plus que ça : elle avait une force intérieure, masquée par cette façade en ligne. Il se sentait protecteur, presque possessif, ce qui le dérangeait.
Et puis, il y avait la culpabilité. Il s’en voulait terriblement de ne pas être intervenu plus tôt lors de l’agression. Il était arrivé juste à temps, mais une seconde de plus, et… Il revivait la scène en boucle : le couteau levé, le cri d’Elena, le sang sur son bras. S’il avait été engagé un jour avant, s’il avait surveillé plus tôt… C’était son caractère : hyper-responsable, forgé par des années chez les Marines. En Afghanistan, il avait perdu des hommes parce qu’il n’avait pas anticipé une embuscade. Et sa sœur… la perte de sa sœur dans cet accident de voiture, alors qu’il était en mission à l’étranger, incapable de la protéger. C’était pour ça qu’il était comme ça : taciturne, pour ne pas laisser les émotions interférer ; autoritaire, pour contrôler chaque variable ; intense, parce que la vie ne donnait pas de seconde chance.
Le soleil de midi dardait ses rayons impitoyables sur Marina del Rey, transformant le parking souterrain en un four étouffant malgré l'ombre des piliers en béton. Elena Voss claqua la portière de sa voiture une Audi Q5 hybride blanche, rutilante sous les néons fluorescents , son cœur battant encore la chamade de l'échange matinal avec Kai. Elle ajusta ses lunettes de soleil sur son nez, un accessoire oversized qui masquait non seulement la lumière crue mais aussi la frustration qui bouillonnait en elle. L'incident dans la cuisine l'avait laissée sur sa faim si proche du but, si près de le faire craquer, et pourtant il avait résisté, reculant comme si elle était une grenade dégoupillée. "Dommage, Kai", avait-elle murmuré en s'éloignant, mais intérieurement, elle bouillonnait. Pourquoi résistait-il si farouchement ? Elle repensait sans cesse à leur nuit ensemble la façon dont ses mains avaient exploré son corps avec une tendresse brutale, ses lèvres sur sa peau, ce regard intense qui l'
Kai Harlan s’éveilla avec les premières lueurs de l’aube filtrant à travers les stores baissés de sa petite chambre attenante. Il était 5 h 30 précises, comme si son corps, forgé par des années de routines militaires impitoyables, refusait de dévier d’un iota de son horloge interne. L’appartement de Marina del Rey était encore enveloppé d’un silence ouaté, seulement rompu par le lointain murmure des vagues contre le port et le tic-tac discret d’une horloge dans la cuisine. Il resta allongé une minute, fixant le plafond blanc et lisse, son esprit luttant contre les vestiges d’une nuit qu’il n’avait pas anticipée. La soirée précédente avait été… agréable. Plus qu’agréable, même, mais il refusait de se l’avouer. Être avec Elena, partager ces moments simples autour d’un repas commandé, l’écouter raconter sa vie avec cette énergie pétillante qui illuminait la pièce cela avait adouci quelque chose en lui. Pour la première fois depuis longtemps, il avait senti le poids de son corps et de ses
Kai Harlan gara la Jeep dans le parking souterrain de l’immeuble de Marina del Rey avec une précision habituelle, le moteur s’éteignant dans un ronronnement discret qui contrastait avec le chaos de ses pensées. La ronde qu’il venait d’effectuer dans le quartier avait été méthodique : inspection des rues adjacentes, vérification des caméras de surveillance extérieures, un œil attentif sur tout mouvement suspect piétons trop lents, voitures garées de manière inhabituelle. Rien d’anormal, du moins en surface. Mais son esprit était ailleurs, tourné vers l’appel qu’il avait passé à Reyes, son ancien contact des Marines. “Je t’envoie ça ce soir”, avait promis Reyes après une hésitation palpable, sa voix grésillante à travers le téléphone comme un écho d’un passé qu’ils partageaient tous deux des missions sombres en Afghanistan, des dettes non dites qui liaient les hommes comme des chaînes invisibles. Kai avait insisté, sa voix basse et ferme : “C’est important. Une vie en jeu.” Reyes avait
Le réveil fut brutal, comme un retour à la réalité après un rêve trop intense. Kai Harlan ouvrit les yeux à 8 h 47 précises, l’heure habituelle gravée dans son corps par des années de discipline militaire. La chambre était encore plongée dans une pénombre grise, les premiers rayons du soleil de janvier filtrant timidement à travers les stores baissés. Il resta allongé une minute, fixant le plafond blanc et impersonnel, son esprit luttant contre les souvenirs de la nuit précédente. Le corps d’Elena contre le sien, sa peau chaude et douce sous ses doigts, ses gémissements étouffés contre son épaule, la façon dont elle avait arqué le dos quand il l’avait prise, lentement d’abord, puis avec une urgence qu’il n’avait pas anticipée. Tout cela revenait par flashes, comme des éclats de lumière dans l’obscurité. Mais il chassa ces images d’un geste mental, se redressant d’un bond. Non. C’était une erreur. Une faiblesse passagère née de l’adrénaline, de la peur, de la vulnérabilité partagée apr
Au fond du parking, une silhouette encapuchonnée émergea de l’ombre d’un pilier, vêtue de noir des pieds à la tête, le visage masqué par une capuche profonde qui ne laissait voir que des yeux fous, brillants d’une détermination malveillante. L’homme car c’en était un, à en juger par sa carrure trapue accéléra soudain, ses pas claquant comme des coups de fouet sur le béton. Il fonçait droit sur Elena, une main plongée dans sa poche, l’autre tendue comme une griffe.Kai réagit en une fraction de seconde, son instinct forgé par des années de combats le propulsant en avant. Il empoigna Elena par la taille, la plaquant derrière lui contre la portière de la Jeep avec une force protectrice mais contrôlée. « Restez derrière ! » aboya-t-il, sa voix grave résonnant comme un ordre militaire.L’agresseur était sur eux. Il sortit un couteau de sa poche une lame courte et effilée, qui scintilla sous la lumière blafarde des néons. « Tu vas payer, salope ! » grogna-t-il d’une voix rauque, visant Elen
Les lumières de Los Angeles scintillaient comme un tapis d’étoiles artificielles, enveloppant la ville dans une aura de glamour éternel. C’était une de ces soirées où l’air de décembre portait encore les vestiges tièdes de l’été californien, un vent léger balayant les rues animées de West Hollywood. Elena Voss, vêtue d’une robe noire ajustée qui soulignait ses courbes avec une élégance , un choix impulsif d’un partenariat avec une marque de mode émergente , descendit de la voiture avec un sourire forcé mais convaincant. Sofia l’accompagnait ce soir, sa manager et confidente, élégante dans un tailleur pantalon ivoire qui contrastait avec ses cheveux noirs lisses. Elles étaient invitées à un événement influenceurs organisé par une nouvelle plateforme de streaming beauté, un mix de networking et de fête décontractée dans un rooftop lounge chic surplombant la ville. Kai, bien sûr, les avait conduites, son rôle de garde du corps le reléguant à une ombre vigilante, posté en retrait près du







