MasukLeur en parler ?Bien sûr que non. Léa garderait cela pour elle.À vrai dire, plus que l'éventuelle invitation envoyée ou non par Thomas, Éric se préoccupait d'autre chose.« Léa, du côté de Gabriel… il faut que tu sois plus proactive. Le temps ne joue pas en notre faveur. »Elle a acquiescé : « Je sais. »Elle comprenait parfaitement la raison de cette soudaine insistance. Les fonds du projet Laurent Tech étaient presque épuisés ; sans nouvel apport, l'activité risquait d'être suspendue.Et le manque de liquidités ne concernait pas uniquement l'entreprise de son père : Synetis, elle aussi, brûlait du capital à un rythme alarmant et s'approchait dangereusement d'une situation d'insolvabilité.Ces deux projets exigeaient des investissements constants. Autrefois, avec le soutien de Gabriel, elle ne s'était jamais inquiétée des finances. Mais aujourd'hui, la donne avait changé.…Le lendemain, elle s'est rendue en personne au groupe Fournier.Elle n'a pas croisé Gabriel, mais est tombée s
Léa et Thomas avaient, eux aussi, vu le message.Thomas n'a pas réagi.Léa non plus.Romain a attendu un long moment. Devant le silence total du groupe, il a fini par écrire : « Vous êtes passés où ? Allô ? Il y a quelqu'un ? »De peur que ces plaintes et ces relances stériles ne s'éternisent, Thomas a répondu enfin : « Je suis occupé. »Quelques instants plus tard, Léa a écrit à son tour : « Moi aussi. »Romain a eu soudain l'impression d'être le seul à ne pas appartenir à ce petit cercle.C'était alors que Gabriel est apparu enfin : « Moi aussi, je suis occupé. »Romain a inspiré profondément avant de taper : « Mais vous êtes tous occupés ou quoi ? »Gabriel a répondu simplement : « Oui. On en reparle. »Puis il s'est déconnecté.Thomas était réellement pris par ce qu'il faisait ; il a adressé encore deux brèves réponses à Romain avant de se taire.Quant à Léa, elle est restée fixée sur l'écran, absorbée par la concision presque sèche des réponses de Gabriel. Même lorsque l'écran s'e
Georges a affiché son sourire habituellement chaleureux et a pris l'initiative : « Élise aussi est là ? Ça fait longtemps. »Elle a acquiescé. La présence de Chloé l'a fait hésiter une seconde ; elle a renoncé finalement à toute explication.« Ne restons pas dehors, entrons », a proposé Georges d'un geste cordial.Élise s'apprêtait à répondre lorsque Chloé lui a attrapé déjà la main : « Maman, viens ! »Dans le salon privé, une fois installés, Georges a repris la conversation : « J'ai entendu dire que tout se passait très bien pour toi chez NoirVerbe. Félicitations. »« Merci. »À peine avait-elle prononcé ce mot que Gabriel a pris place à côté d'elle, avec une aisance déconcertante.Sa présence suffisait déjà à surprendre. Quant à la nature exacte de sa relation avec Gabriel, chacun autour de la table en avait une idée plus ou moins précise, mais personne n'a jugé utile d'en parler. Les rumeurs qui la liaient à Mathieu circulaient depuis longtemps dans le cercle ; Georges, puisqu'il
« Et n'oublie pas d'appeler ta mère tout à l'heure pour lui demander si elle est libre ce soir. »« Je sais. »Après avoir raccroché, Chloé avait d'abord prévu de terminer son jeu avant d'appeler Élise. Mais prise dans son activité, elle l'a oublié complètement. Ce n'était qu'à seize heures passées que le souvenir lui est revenu brusquement.Elle a composé aussitôt le numéro, un peu essoufflée : « Maman, est-ce que tu es libre ce soir pour dîner avec nous ? »À l'autre bout du fil, Élise était en pleine réunion. Son écran d'ordinateur affichait une mosaïque serrée de graphiques et de tableaux chiffrés. Pensant qu'il s'agissait simplement d'un dîner mère-fille improvisé, elle a répondu sans hésiter : « Oui, bien sûr. Tu as envie de manger quoi ? Je termine ici et je viens te rejoindre, d'accord ? »« Génial ! »« Je suis encore occupée, je te rappelle plus tard. On en parle ce soir. »Chloé aurait voulu lui raconter les anecdotes amusantes de sa journée au parc d'attractions. Mais, comp
Après le déjeuner, alors que les convives se séparaient, Jérémy a pris soudain la parole : « M. Durand, puis-je vous dire un mot ? »Mathieu l'a dévisagé, perplexe.À vrai dire, il n'appréciait guère Jérémy. Sans l'ombre d'Antoine, il n'aurait pas accepté cet entretien.Il s'est écarté légèrement du groupe, puis a demandé : « De quoi s'agit-il ? »Jérémy a marqué une pause.Curieusement, il n'éprouvait pas pour Mathieu la même aversion que pour Élise. Au contraire, il l'estimait. Et c'était précisément pour cela qu'il ne supportait pas de le voir se bercer d'illusions.Même s'il savait que sa confiance en Élise ne vacillerait pas pour quelques mots, il s'est lancé : « L'autre jour, au parking du centre commercial, j'ai croisé Mme Roche… avec M. Fournier et Chloé. Ils paraissaient… particulièrement proches. »Mathieu a compris instantanément où il voulait en venir. Un sourcil légèrement relevé, il a répondu d'un ton détaché : « Ah bon ? »Cette simple réaction a suffi à Jérémy pour comp
Chloé tenait évidemment de Gabriel.Pourtant, plus Jérémy l'observait, plus il croyait déceler en elle une autre familiarité.Cette impression de déjà-vu n'était pas nouvelle, mais chaque fois, sa source lui glissait entre les doigts.« Je vous en prie, asseyez-vous », a dit Gabriel, le ramenant à la réalité. Puis il s'est lancé dans les sujets professionnels, le regard concentré, la voix posée, comme si rien n'avait jamais le pouvoir d'entamer son contrôle.Jérémy a mis ses interrogations de côté et a enchaîné.Chloé feuilletait tranquillement sa bande dessinée lorsque, soudain, elle a relevé la tête : « Papa, je peux aller jouer dehors ? »Gabriel a acquiescé avec un sourire : « Vas-y, mais pas trop longtemps, d'accord ? »« D'accord ! »Alors que la matinée touchait à sa fin, Paul est entré et a murmuré quelques mots à l'oreille de Gabriel.Celui-ci a hoché la tête, puis s'est tourné vers Jérémy : « On vient de m'informer que M. Durand, de NoirVerb, vient d'arriver. Nous allons déje







