INICIAR SESIÓNChapitre 74AelysL'hôpital.L'odeur. L'odeur de l'antiseptique, âcre, piquante, qui prend à la gorge, qui fait pleurer les yeux. L'odeur de la javel, des sols lessivés, des surfaces désinfectées. L'odeur du sang séché, du vieux sang, du sang qui a coulé et qui a été nettoyé. L'odeur de la mort qui rôde, qui flotte dans les couloirs, qui entre par les fenêtres, qui se cache dans les coins.Les couloirs sont blancs. D'un blanc cru, éclatant, aveuglant. Les murs sont recouverts de carreaux blancs, luisants, glacés. Les néons au plafond clignotent, fatiguent les yeux, certains sont éteints, d'autres vacillent, d'autres encore projettent une lumière jaune, sale. Le sol est en linoléum gris, lisse, froid, résonnant sous les pas pressés des infirmiers, des m&
Chapitre 73RyuuJe ne sais pas comment j'ai su.Un appel. Miya. Sa voix paniquée, hachée, entrecoupée de sanglots, les mots se bousculent, se mêlent, certains sont inaudibles. Elle pleure. Elle crie presque. Elle dit des phrases que je n'entends pas, des mots qui se perdent dans le bruit de la communication, dans les interférences, dans l'écho.— On l'a enlevée. Aelys. Devant le bureau. Des hommes. Une camionnette blanche. Ils sont partis vers le nord, vers la route de montagne.Son souffle est court, haletant, comme si elle avait couru, comme si elle paniquait.— Kael a déjà prévenu la police, mais il faut faire quelque chose, il faut la retrouver, il faut…Je n'ai pas réfléchi.J'ai attrapé mes
Chapitre 72AelysLa sortie du bureau, ce soir-là, est comme les autres.La lumière du crépuscule embrase les vitres de la tour de Kurogane Industries. Des reflets orange et mauve dansent sur l'acier et le verre, se brisent contre les arêtes des fenêtres, se recomposent en gerbes lumineuses, en éclats mouvants. Les gratte-ciel de Yozora se découpent sur le ciel, leurs silhouettes sombres, leurs fenêtres qui s'allument une à une, petites étoiles artificielles dans la nuit qui tombe, certaines jaunes, certaines blanches, certaines bleutées. Les lanternes commencent à s'éclairer dans les rues en contrebas, rouges et or, premières flammes tremblantes dans la pénombre, suspendues au-dessus des trottoirs, accrochées aux façades, balancées par la brise légère.Le hall est
Chapitre 71AelysLes jours suivants sont un calme tendu.Je me réveille dans ma chambre. Les draps sont froids, rêche, froissés. La lumière du matin entre par la fenêtre, blanche, froide, cette lumière d’hiver qui éclaire les toits de Yozora sans les réchauffer. Les rayons sont obliques, rasants, ils glissent sur le parquet comme une nappe d’eau argentée.Les lanternes sont éteintes. Leurs fils noirs se balancent mollement dans l’air calme. Le ciel est gris, uniforme, sans nuance. Les montagnes à l’horizon sont cachées par les nuages, des masses sombres, floues, indistinctes.Je ne sais pas à quelle heure il est parti. Je ne sais pas s’il a dormi. Je ne l’ai pas vu depuis la nuit du carnet. Depuis ses bras autour de moi. Depuis son corps cont
Chapitre 70AelysLe matin arrive.La lumière grise de l’aube entre par la fenêtre. Les lanternes s’éteignent une à une, leurs flammes vacillent, résistent, puis disparaissent dans un dernier éclat, une ultime braise. Le ciel est pâle, lavé, sans couleur, un blanc sale, un gris triste. Les nuages sont bas, immobiles, lourds.Il dort encore.Son visage est détendu. Les traits adoucis, les rides de tension effacées, la mâchoire desserrée. La cicatrice sur sa tempe est plus visible à cette lumière, fine, blanche, presque transparente. Sa bouche est entrouverte, ses lèvres sont gonflées, rouges. Ses cils noirs frémissent, battent légèrement, comme s’il rêvait.Son bras est posé sur mon ventre. Lourd. Chau
Chapitre 69AelysJe ne sais pas comment nous sommes arrivés dans sa chambre.La salle à manger est vide. La table est encore couverte des plats à moitié mangés. La soupe a refroidi, une peau fine, translucide, s’est formée à sa surface, frissonnant au moindre courant d’air. Le poisson a perdu son éclat, ses tranches autrefois nacrées sont devenues ternes, mates, les bords légèrement recroquevillés. Les légumes marinés sont figés dans leur jus, leurs couleurs vives se sont estompées, le jaune est devenu ocre, le rouge est devenu brun, le vert est devenu gris. La lumière des appliques en verre soufflé éclaire les restes du dîner, la porcelaine blanche tachée de jus et de sauce, les verres en cristal à moitié pleins, leur contenu dormant, immobile, sans
Chapitre 50AelysJe la retrouve le lendemain, par hasard, dans un café du quartier.Ou par hasard ? Elle m’attendait. Elle savait que je viendrais. Elle a tout organisé.Le café est pet
Chapitre 49AelysElle apparaît un mardi matin, au siège de Kurogane Industries.Je suis à mon bureau. Les chiffres défilent sur l’écran. Les colonnes serrées, les totaux en caractè
Chapitre 48AelysDe retour au penthouse, le masque tombe.L’ascenseur monte en silence. Les parois en acier brossé reflètent nos silhouettes déformées, allongées, fantomatiques. La lumiè
Chapitre 47AelysLa première sortie officielle a lieu trois jours plus tard.Un gala de charité. Une grande salle, des lustres, des invités en costume et en robe. Le palais des congrès, la même salle







