Chapitre 3L’escalier est raide, étroit, si étroit que mes épaules frôlent les murs. Mes doigts effleurent la brique froide, rugueuse sous la peinture écaillée qui s’effrite par endroits, laissant apparaître la terre cuite originelle. Plus je descends, plus l’air s’épaissit. Il se charge de senteurs d’alcool de riz, de bois ancien, de cire fondue, et d’une note sucrée qui flotte au-dessus des autres, comme un souvenir d’enfance, qui doit être celle des lanternes parfumées brûlant quelque part dans la salle. La rumeur des voix s’amplifie à chaque marche, mais elle reste ouatée, comme filtrée par des tentures épaisses. On dirait que le bar lui-même retient son souffle.J’atteins une porte basse, si basse que je dois presque me courber pour ne pas heurter le linteau. Elle est ornée d’un panneau de bois sculpté, patiné par le temps et les mains qui l’ont poussée. Une main féminine y est représentée, fine, élégante, tenant une lanterne fendue par le milieu, d’où s’échappe une flamme ténue.
最終更新日 : 2026-05-14 続きを読む