LOGINSerena« Aldric… », murmurai-je en le fixant, pétrifiée. Son visage semblait abattu.« Aujourd’hui, tu as rendez-vous chez le neurologue, n’est-ce pas ? Je t’y accompagne, d’accord ? Tu dois accepter ! », plaisanta-t-il.J’esquissai un léger sourire. « Tu as changé d’avis ? », demandai-je à voix basse.Aldric jeta un bref coup d’œil vers la porte de l’appartement de Lucien, puis reporta son regard sur moi. Il me sourit à son tour. « Alors, je n’ai plus le droit d’entrer ? »J’ouvris la porte plus largement, un peu mal à l’aise. Aldric entra d’un pas lent.Nous nous regardâmes dans les yeux avant que je ne détourne finalement le regard la première. « Tu as déjà pris ton petit-déjeuner ? », demandai-je.Aldric secoua la tête. « Je n’ai pas eu le temps », répondit-il.« Allez, mange d’abord », l’invitai-je en me dirigeant vers la table à manger.Aldric me suivit et s’assit sur une chaise. Je lui tendis un morceau de pain perdu, que j’avais d’ailleurs préparé en plus grande quantité. Au d
SerenaDès que Jimmy fut parti, Émilie se précipita dans sa chambre.« Ém », l’appelai-je avant qu’elle ne ferme la porte.« Quoi ? » répondit-elle d’un ton glacial.« Tu ne m’en veux pas, n’est-ce pas, parce que Jimmy m’a offert du chocolat ? » demandai-je prudemment.Cela faisait plus de huit ans que nous étions amies, depuis le début de nos études, où nous avions partagé la même résidence universitaire, mais c’était la première fois que nous nous heurtions à un problème lié aux garçons.D’habitude, les garçons qui plaisaient à Émilie ne faisaient pas partie de mon cercle d’amis, et inversement. Nous avions l’habitude de nous soutenir mutuellement dans nos histoires de cœur. Jimmy était le premier garçon à cause duquel nous nous retrouvions mal à l’aise.« Non, ce n’est pas toi qui l’as demandé. Ce serait différent si c’était toi qui l’avais demandé », répondit Émilie en rouvrant la porte de sa chambre. Elle s’adossa au cadre de la porte, les bras croisés sur la poitrine.Je souris,
Point de vue à la troisième personne « Donc, d’après le voisin de ce responsable logistique, la famille de ce dernier lui aurait remboursé sa dette de 3 000 euros en une seule fois, alors qu’elle était en retard de paiement ? Hmm, intéressant… » Émilie tapotait son menton du bout des doigts. Son esprit s’affairait à analyser les différentes possibilités. Une fois de plus, l’équipe improvisée formée par Lucien — composée de Jimmy, Gabriel et Émilie — se réunissait pour discuter de l’évolution de l’affaire Serena. « Oui, le détective privé que j’ai engagé examine également la possibilité que cette rencontre secrète ait été organisée par le service marketing. Il paraît que le fils de ce responsable logistique a déjà effectué un stage au service marketing de Rochefort », révéla Gabriel. « Quoi ? Eh bien, le schéma se précise de plus en plus ! » s’exclama Émilie en tapant sur la table, agacée par cette révélation. « J’ai déjà contacté mon ami à la police pour qu’il enquête sur les fl
SerenaJe posai ma fourchette sur mon assiette. Je n’avais plus d’appétit à cause de cette dispute soudaine avec Aldric.« Désolée, Al. Veux-tu être mon petit ami alors que je ne vais toujours pas bien ? » lui demandai-je en le regardant tendrement, essayant d’apaiser ses émotions.Aldric détourna le regard. « Bien sûr que non. Qui accepterait d’être un simple refuge ? Personne, Ser. C’est juste que j’ai l’impression que tu vas fléchir et que tu finiras par retourner avec Lucien », répondit-il doucement, sans oser me regarder.Je baissai la tête et, par réflexe, caressai mon ventre. « Non, je ne retournerai pas avec Lucien. Tout cela est trop compliqué. Pour l’instant, je veux simplement vivre ma grossesse sereinement, sans trop de drames. Me remettre avec lui reviendrait à provoquer à nouveau des drames. Camille, sa mère, sa sœur… Je ne veux pas de ça », répondis-je d’une voix rauque, comme si je n’étais pas sûre de mes propres paroles.Je me mordis la lèvre inférieure, essayant de m
Point de vue à la troisième personneAldric serrait les poings sur son bureau jusqu’à ce que ses jointures blanchissent. Son esprit était en proie à de nombreux doutes à cause d’un seul nom.Serena.Aldric Rochefort était un Casanova. C’est ainsi que le public le connaissait. Il ne voyait pas où était le mal. Il était effectivement proche de nombreuses femmes. Il possédait fortune et pouvoir ; il était donc naturel qu’il choisisse de les compléter par la compagnie des femmes.Autrefois, il se laissait facilement séduire par les femmes, mais ses sentiments s’éteignaient tout aussi vite. S’il découvrait le moindre défaut, il prenait ses distances. Cependant, tout cela ne s’appliquait pas à une seule personne : Serena.Aldric était attiré par Serena depuis que celle-ci était devenue la figure de proue du groupe Hubert lors de l’appel d’offres pour le projet qu’ils se disputaient. Mais Aldric n’était pas un homme sans scrupules, prêt à briser le foyer d’autrui. À l’époque, Serena était l’
Point de vue à la troisième personne« Donc, jusqu’à présent, cette affaire est toujours considérée comme un cas de négligence ? C’est l’agent du service logistique qui doit en assumer la responsabilité ? »Émilie semblait retenir sa colère. Elle serra les mâchoires et fixa le sol du café d’un regard vide. Ses mains étaient croisées sur sa poitrine.Elle discutait avec Jimmy et Gabriel de l’évolution de l’enquête sur l’incident du chariot qui avait blessé Serena dans un café du centre-ville après le travail.« Mon ami de la police m’a dit que l’agent du service logistique avait reconnu que c’était de sa faute », expliqua Jimmy en secouant la tête, préoccupé par la tournure que prenaient les événements.« J’ai vérifié les images de vidéosurveillance aux alentours de la scène de l’incident, mais aucune trace d’Esther Beaumont », dit Gabriel.« Il n’y en aura certainement pas. Esther ne serait pas aussi naïve. Mais y a-t-il eu quelq







