LOGINSerena
Le regard de Lucien resta rivé sur moi. Il respirait à gros coups. À grands pas, il s’approcha de moi.« En fait, quelle est la nature de ta relation avec Aldric ? » demanda Lucien en me tirant par la main pour m’éloigner d’Aldric, qui se tenait à mes côtés.Je trébuchai sous l’effet de son geste. Aldric me retint aussitôt pour m’empêcher de tomber.« Mec, t’es vraiment brutal ! » réprimanda Aldric en passant son bras autour de mes épaules.Serena« Oh, passe le bonjour à ta maman », rétorqua Aldric en me jetant un coup d’œil. « N’oublie pas qu’on déjeunera ensemble tout à l’heure, Ser », ajouta-t-il d’une voix un peu plus forte. Un doux sourire se dessinait sur ses lèvres.Je hochai la tête et fis la moue pour le taquiner, car Esther, le sujet de notre conversation d’hier, était présente. Aldric se contenta de glousser.Je vis Esther serrer les poings. La porte de l’ascenseur s’ouvrit lorsque nous arrivâmes à l’étage où se trouvait le bureau d’Esther. Elle en sortit, l’air renfrogné et sans dire un mot.Aldric poussa un soupir lorsque nous nous retrouvâmes seuls dans l’ascenseur. Son visage semblait plus détendu.Je ris. « Ça te met la pression, hein, de croiser une ex », le taquinai-je. « C’est pour ça que j’évite toute relation avec mes collègues, je suis traumatisée », ajoutai-je sur le ton de la plaisanterie, sans mentir complètement.Aldric avait l’air stupéfait. « Sérieusement, comment en es-tu arrivée là ? »Je f
Serena« Oh là là, Al, ça va ? » lui demandai-je en tendant un verre d’eau à Aldric. Il s’en empara d’un geste vif et le but d’un trait.Je posai aussitôt ma main sur le large dos de mon patron et le caressai. « Ça va mieux ? » lui demandai-je à nouveau.Aldric toussait encore un peu. « Oui », répondit-il d’une voix enrouée. « Tu m’as fait sursauter », protesta-t-il en faisant la moue. Il me donna un petit coup sur le nez.« Aïe », gémis-je en me frottant le nez et en donnant une petite tape sur l’épaule d’Aldric.Nous rîmes tous les deux doucement.« Pourquoi ça t’a surpris que je te pose des questions sur Esther ? Tu n’aimes pas qu’on te parle de ton ex ? » plaisantai-je pour taquiner Aldric, qui s’était remis à manger la ratatouille que j’avais préparée. Il ne voulait vraiment pas laisser la moindre miette dans son assiette.« Tu es jalouse ? » me demanda-t-il d’un ton taquin. Il y avait une lueur d’espoir dans ses yeux.Je fis une petite moue. « Hum, disons plutôt que je suis prud
Serena« Alors, qu’est-ce que j’ai raté ces trois derniers jours ? » demanda Aldric en dégustant le pudding au chocolat que j’avais préparé dans l’appartement d’Émilie.Il venait d’arriver d’Espagne et était venu me voir tout de suite. Je lui avais interdit de le faire, mais il avait insisté.« Rien, il ne s’est rien passé d’important pendant que tu étais en Espagne », répondis-je en faisant la moue, tout en sachant que ce n’était pas tout à fait vrai. « D’ailleurs, tu m’as appelée tout le temps, alors ne fais pas semblant de ne pas connaître mon quotidien », protestai-je en croisant les bras.Aldric gloussa doucement. « Je ne savais pas que tu savais faire un pudding aussi délicieux », s’exclama-t-il, changeant de sujet, la bouche pleine. Il tendit ensuite son assiette pour en demander une deuxième part.Je ris doucement et lui servis une grosse part de pudding.« J’ai des mains magiques », plaisantai-je en agitant mes dix doigt
LucienAngela écarquilla les yeux, l’air incrédule face à ma demande.« Monsieur, je suis désolée, cela dépasse le cadre de mes fonctions en tant qu’employée », refusa-t-elle poliment.Je me penchai vers elle. « Je ne te parle pas en tant que supérieur hiérarchique, mais en tant qu’ancien mari de ta meilleure amie », dis-je en insistant sur ces derniers mots.Angela se mordit aussitôt la lèvre inférieure. Elle baissa les yeux, les doigts entrelacés.« Tu es proche de Serena depuis qu’elle était stagiaire. Éprouvait-elle déjà des sentiments à mon égard à cette époque ? », demandai-je.Angela releva spontanément la tête. Elle esquissa un sourire gêné. « Je pense que cela n’a plus aucune pertinence par rapport à la situation actuelle », répondit-elle.« Bien sûr que c’est pertinent ! Ça me permet de comprendre à quel point les sentiments de Serena étaient profonds. Ça ne devrait pas disparaître aussi facilement, n’est-ce pa
LucienDepuis que j’avais décidé hier de ne pas aller travailler, je me sentais mieux physiquement. Je n’avais plus ni fièvre ni faiblesse. Seulement, les nausées persistaient. J’avais même l’impression qu’elles étaient plus intenses le matin.Camille n’arrêtait pas d’essayer de me joindre pour me demander de la voir. Je lui avais expliqué que j’étais malade. Si elle sentait que sa maladie réapparaissait, je mettrais une infirmière à sa disposition pour s’occuper d’elle.Elle refusa.Je m’y attendais.Peu importe.Elle finit par cesser de me contacter, après avoir pleuré. Cela ne m’émut pas.Désolé, Camille, je dois rester ferme sur nos limites.Aujourd’hui, j’avais une réunion prévue avec le Conseil d’administration.« Vous vous sentez mieux, Monsieur Hubert ? », me demanda Angela lorsque j’ouvris la porte de mon bureau.« Oui, mais j’ai toujours des nausées », me plaignis-je brièvement à ma secrétaire.« Êtes-vous allé chez le médecin ? Vous souffrez peut-être d’un trouble gastrique
SerenaJ’essuyai le coin de mes yeux humides tout en appuyant de toutes mes forces sur l’accélérateur, car tout ce que je voulais à ce moment-là, c’était rentrer chez moi. Mon envie de faire du shopping s’était envolée.Une fois arrivée à mon appartement, je m’effondrai immédiatement sur mon lit et fondis en larmes. Alors que mes sanglots commençaient à s’apaiser, mon téléphone sonna. Je fronçai les sourcils en voyant le nom s’afficher à l’écran.« Salut, Panda. Tu es vraiment très occupée, hein ? Je n’ai pas eu de tes nouvelles de toute la journée. Je me suis fait du souci », me reprocha Aldric d’emblée, sans me dire bonjour ni faire de préambule.Je pris une grande inspiration, ne voulant pas qu’il se rende compte que je venais de pleurer.« Désolée, en fait j’avais mis mon portable en mode silencieux et j’ai oublié de le remettre en mode normal », mentis-je en fermant les yeux, mal à l’aise.Aldric resta silencieux un instant.







