ログインPOV de Cassian
Elle s’affaisse contre moi.
Je la retiens avant que sa tête touche le sol. Son visage glisse près de mon cou. Son odeur arrive avec son souffle, nette au milieu du sang et de la fumée.
Mon loup se dresse dans ma tête.
Mate !
Son cri résonne avec une telle force que toute la pièce disparaît pendant une seconde.
Je respire de nouveau près de ses cheveux. La même odeur s’imprime en moi. Mon loup gratte sous ma peau, certain de ce qu’il vient de reconnaître. La marque de Blackridge apparaît au-dessus de sa poitrine, à moitié cachée par son sweat déchiré.
La Luna qu’Adrien ramenait à Blackridge est ma Mate.
Le message envoyé par Adrien signalait déjà l’absence de Bond entre eux.
Mais la marque désigne Blackridge, comment peut-elle devenir ma Mate ?
C'est un malentendu ? ou un bon piège ?
Je regarde le téléphone abandonné sur la table, les liens ouverts autour de ses poignets et les corps des Rogues.
— Protège-la, ordonne mon loup.
Je garderai cette femme en vie. Et le reste viendra avec les preuves.
Un de mes hommes apparaît à l’entrée.
— Zone sécurisée. Deux morts dehors. Le troisième respire encore.
— Emmenez-le à Blackridge. Récupérez les téléphones, la radio et le pick-up. Je veux l’identité du commanditaire avant ce soir.
Il désigne la Luna d’un mouvement du menton.
— Elle vient avec moi. Fermez la route et effacez notre passage après le départ.
Il transmet les ordres pendant que j’examine la pièce.
Les Rogues connaissaient la composition du convoi. Leur première équipe avait poussé la voiture d’Adrien dans le ravin ; la seconde avait visé directement le troisième SUV. Après l’enlèvement, ils avaient conduit la Luna jusqu’à ce bâtiment, photographié sa marque et attendu une confirmation avant de la tuer.
Leur pick-up avait laissé une piste facile à suivre sur la boue. Un groupe capable de préparer une attaque aussi précise savait aussi dissimuler ses traces. Cette route conduisait peut-être Blackridge vers un piège. La femme dans mes bras pouvait être la cible, l’appât ou la seule personne encore vivante à connaître une partie du plan.
Son poignet droit porte les coupures d’une tentative de fuite. Le lien gauche tient encore. Ces blessures plaident pour elle. Elles peuvent aussi faire partie d’une mise en scène.
Je la soulève et sors du bâtiment.
Je l’installe à l’arrière, puis je prends place à côté d’elle. Deux hommes restent sur le site avec le prisonnier. Les autres véhicules se répartissent entre la route du ravin et la frontière.
Trois groupes de Rogues avaient testé nos postes en dix jours. Adrien, lui, était parti à Silverpine chercher la femme désignée par la Lune.
Notre père avait transmis le titre d’Alpha à son fils aîné. Adrien présidait les conseils et traitait avec les autres Packs. Je commandais les frontières, les patrouilles et les hommes envoyés au combat. Cette répartition maintenait Blackridge stable. Elle maintenait aussi une distance utile entre mon frère et moi.
Son appel avait atteint mon unité au milieu de la matinée. Des coups de feu couvraient sa voix.
— Ils ont pris la Luna. Route de l’est. Ramène-la.
La communication avait coupé. J’avais rejoint le convoi attaqué, interrogé un garde blessé et suivi les traces du pick-up jusqu’au poste forestier.
Le canal sécurisé s’allume lorsque le SUV quitte le chemin de terre. Luc parle depuis le ravin.
— Le feu baisse. Les secours commencent la descente. Adrien se trouvait dans la voiture au moment de la chute.
— Continuez jusqu’à le retrouver. Blackridge ferme ses accès. Isolez les survivants et saisissez leurs téléphones. Les codes du convoi expirent maintenant. Envoie-moi la liste de chaque personne informée du trajet.
Luc accuse réception. Je coupe le canal.
Le fichier arrive une minute plus tard. Huit personnes connaissaient l’ordre des véhicules. La fiche de transfert de la Luna se trouve en dernière page.
Céline Varenne. Vingt-deux ans. Silverpine. Libérée de son Pack ce matin en échange d’armes, de médicaments et de renforts.
Je mémorise son nom et transmets la liste au responsable de la sécurité. Les huit suspects seront séparés dès leur arrivée à Blackridge.
Céline reprend connaissance sur la route principale. Elle ouvre les yeux, cherche à se redresser et pose sa cheville blessée sur le plancher. La douleur la rejette contre la banquette.
Je bloque son épaule d’une main.
— Restez assise.
Elle regarde le sang sur ma manche, puis les portes verrouillées. Sa peur paraît réelle. La peur se travaille aussi très bien.
— Qui a choisi votre véhicule, Céline Varenne ?
Elle sursaute en entendant son nom.
— Un garde de Blackridge. J’ai suivi ce qu’on m’a dit.
— Qui connaissait votre départ à Silverpine ?
— Mon père, ma sœur, Marc… et tous les hommes présents dans le bureau.
Sa réponse arrive vite. Son regard reste baissé. Silverpine lui a appris l’obéissance, ou elle joue précisément le rôle attendu d’une fille faible vendue par son père.
Je range chaque détail avec le reste.
— Alpha Adrien, il est ou? demande-t-elle.
— Les recherches continuent.
Ses doigts serrent le tissu sur sa poitrine, juste au-dessus de la marque.
— Qu’est-ce qui va m’arriver ?
— Vous entrez à Blackridge. Vous resterez sous ma surveillance jusqu’à la fin de l’enquête.
Le SUV prend un virage. Céline glisse vers la portière. Je tends l’avant-bras devant elle et la maintiens contre le siège. Je la stabilise, puis retire mon bras.
Elle se redresse et ramène ses mains sur ses genoux.
— Je suis prisonnière ?
— Vous êtes au centre d’une attaque contre Blackridge.
Cette réponse suffit. Elle tourne les yeux vers la vitre.
À l’approche du territoire, j’ouvre le canal du Pack House.
— Préparez l’infirmerie. Le troisième étage passe sous contrôle de la sécurité. Céline Varenne prendra la chambre voisine de la mienne. Son statut officiel reste celui de future Luna d’Adrien Valombre.
Elle se tourne brusquement vers moi.
Les grilles de Blackridge se referment derrière le SUV.
POV : CassianJe déplace le centre médical vers eux avant la fin de l’après-midi.Mireille arrive avec deux Healers, une unité mobile et les archives cardiaques chiffrées de ma famille. Luc ferme la rue aux véhicules non autorisés, fait contrôler les toits et installe un relais de mind-link hors de l’atelier. Je laisse l’intérieur à Anaïs. Le contrat est clair, et surtout, Noé se calme mieux lorsqu’il ne voit pas dix inconnus entrer à la fois.Il dort sur Céline, épuisé par la tentative de shift. Son rythme reste stable tant que mon lien demeure presque fermé.Mireille compare la courbe avec celle d’Adrien à dix-sept mois, puis avec la mienne à vingt. Les Valombre changent tard. Le corps de Noé essaie de rattraper une puissance qu’il ne sait pas contenir.— Les filtres ont
POV : CélineÉlias reste au café de l’atelier pendant que je termine une fermeture éclair sur une veste de randonnée. Cassian accompagne Noé dans la petite salle de repos pour sa première visite officielle. La porte demeure ouverte ; je vois le tapis, les chaussures de mon fils et la moitié du fauteuil où Cassian est assis.Noé empile des cubes contre sa botte. Cassian ne corrige pas la tour lorsqu’elle tombe.— Il te regarde toutes les trente secondes, dit Élias.Je baisse de nouveau le pied de la machine.— Il surveille la pièce.— Il te regarde, Céline.Le fil casse. Je coupe l’extrémité et le repasse dans l’aiguille.Élias boit une gorgée de café. Il connaît assez mes silences pour ne pas transformer la conversation en interrogatoire.— Ce
POV : CélineLe bureau temporaire du Conseil occupe deux pièces au-dessus d’une agence d’assurances. Il n’y a ni emblème de Pack ni gardes à l’intérieur, seulement une caméra au-dessus de la porte et une femme en tailleur gris qui vérifie trois fois mon identité.Cassian s’arrête dans le couloir lorsque l’employée lui barre l’accès à la première pièce.— L’entretien sur la situation civile se déroule sans représentant de Pack.Son regard passe de son badge à la porte. Deux hommes de Blackridge attendent près de l’escalier ; il pourrait faire vider l’étage en moins d’une minute.— Combien de temps ? demande-t-il.— Vingt minutes.Il consulte sa montre et reste contre le mur.Élias entre avec moi. Noé es
POV : CélineJe me réveille seule.Le drap de l’autre côté du lit garde encore un peu de chaleur. La salle de bains est propre, le préservatif a disparu de la poubelle ouverte et mes vêtements sont posés sur la chaise où je les ai laissés. Cassian n’a pris ni la clé ni une excuse pour rester.Il est six heures quarante.J’ouvre l’application de sécurité. Les gardes occupent les mêmes positions que la veille. Aucune nouvelle caméra n’apparaît à l’étage. Mon téléphone n’a reçu qu’un message d’Anaïs : Noé a bien dormi et réclame déjà son lapin alors qu’il le tient dans sa main.Le contrat n’a pas changé pendant la nuit.Je prends une douche et descends à sept heures vingt. La porte intérieure
POV : CélineLe lendemain de notre retour, Anaïs propose de garder Noé pour la nuit.Le capteur n’a enregistré aucune nouvelle arythmie. Son appartement possède une chambre médicale reliée à la petite clinique, et Élias restera dans la pièce voisine avec les documents d’urgence. Noé les connaît tous les deux. Il a déjà passé des après-midi avec eux, jamais une nuit entière sans moi.J’accepte parce que je dois apprendre à le laisser dans un endroit sûr sans transformer chaque séparation en fuite.À dix-neuf heures, je vérifie trois fois le sac : pyjama, médicament, chargeur du capteur, lapin, vêtements propres. Anaïs retire la troisième dose identique et ferme elle-même la fermeture.— Il sera à quatre rues, Céline.— Ap
POV : CélineJe me redresse trop vite et manque de tomber entre les deux lits.Cassian pose une main sous mon coude, attend que mes pieds touchent le sol et me lâche. Il ne commente ni mon bras autour de lui ni la distance que j’ai traversée pendant mon sommeil.L’application médicale indique que Noé est réveillé. Anaïs lui donne son petit déjeuner. La pédiatre autorise notre retour dans l’unité à huit heures.Je vais me laver le visage. Lorsque je sors, Cassian a refait les deux lits et rangé les emballages de la nuit dans la poubelle fermée de la salle de bains. Aucun préservatif ne reste sur la table, aucune trace ne peut être trouvée par un employé ou un garde.Nous prenons la navette sans parler de ce qui s’est passé.Noé tend les bras dès qu’il me voit. Je le garde







