LOGIN« Nous sommes là, et nous continuerons d'avancer. »
Eddie n'avait pas bougé de son siège depuis le début de la retransmission. La télévision diffusait la soirée caritative d'Oakley Corp en boucle. Ses yeux restaient rivés sur cet incapable qui s'avançait sur la scène aux côtés de ses complices….
L'autoroute s'étirait tel un ruban sombre sous les feux du véhicule, le monde extérieur demeurant obscur et peu accueillant. Plus ils s'éloignaient de la métropole, plus la nuit se faisait silencieuse ; seuls subsistaient le vrombissement du moteur et la respiration saccadée qui s'élevait du siège passager. Eddie s'agitait dans son sommeil… si tant est que l'on puisse qualifier cela de sommeil. Sa tête reposait pesamment contre la vitre, ses lèvres esquissant des murmures inaudibles. « Ro… Rosie… ne… s'il te plaît ne… reviens… » Il évoquait un enfant aux prises avec un cauchemar. Le visage de son complice demeurait froid et impassible, ses mains tenant fermement le volant tandis qu'il fixait la route, mais sa mâchoire était si fermement crispée que la tension se répercutait le long de son cou. Il était inutile de tenter une conversation avec Eddie pour l'instant, car ce dernier se révélait incapable de tenir un raisonnement cohérent
L'air du soir autour de l'hôtel semblait pesant et glacial. Les gyrophares de la police balayaient les façades, teignant le décor de reflets bleus et rouges. Hayden se tenait près de l'entrée, la mâchoire crispée, la poitrine encore agitée par les restes d'adrénaline. Son regard ne quittait pas la rue où les officiers s'étaient engouffrés plus tôt, guettant désespérément l'annonce qu'il attendait tant. « Nous l'avons trouvé ! » Mais les heures s'écoulaient, et ces mots ne venaient toujours pas. Il jeta un coup d'œil à sa montre : une minute de plus venait de filer... Une minute supplémentaire pendant laquelle ce salopard d'Edward Kowalsky continuait de respirer en liberté. Derrière lui, Jared s'entretenait à voix basse avec le capitaine du SWAT, Reyes. Tous deux adoptaient ce ton ferme et militaire qui s'était naturellement imposé depuis le début de la crise. Ben se tenait à proximité, prenant des notes et échang
Eddie jeta le téléphone sur le lit, la respiration lourde alors que la voix d'Hayden résonnait encore dans son esprit.Il avait été si près du but. Tellement près.Il se mit à faire les cent pas dans un espace restreint, marmonnant entre ses dents. « Ils se croient supérieurs. Ils se croient plus intelligents. Ils s'imaginent… »Il se figa lorsque son téléphone se mit soudainement à vibrer. Avaient-ils décidé de le rappeler ? Son plan avait peut-être fonctionné, et ils cherchaient à négocier, le prenant pour un client potentiel.Affichant un sourire, il saisit l'appareil, mais l'identifiant affiché à l'écran lui noua l'estomac : « Associé ».Il décrocha immédiatement, sa voix trahissant un grognement paniqué. « Quoi ? Que se passe-t-il encore ? Vas-tu enfin me révéler où ils se… »« Qu'as-tu fait, bordel ?! » le coupa immédiatement son partenaire, interrompant son élan. Sa voix trahissait une panique pure et violente. « Quel est cet appel que tu viens d'
« POLICE ! TOUS AU SOL ! MAINTENANT ! »Un cri strident et terrifié retentit depuis le seuil. La porte s'ouvrit à la volée dans une bouffée de vapeur, et un homme s'avança en chancelant, ne portant qu'une serviette nouée autour de la taille, les cheveux ruisselants d'eau.Il se débattait alors que l'officier le plus proche le saisissait pour le plaquer le visage contre le sol, un genou ancré entre ses omoplates. Le tissu tenait à peine sur ses hanches.L'homme laissa échapper des sanglots de panique, sa réaction semblant presque exagérée. « Q… qu'est-ce qui se passe ?! Je n'ai rien fait ! S'il vous plaît ! S'IL VOUS PLAÎT ! »Personne ne lui répondit pendant qu'on le menottait rapidement.Les forces de l'ordre n'étaient pas là pour écouter ses plaintes. Elles étaient là pour appréhender un monstre.Jared s'avança dès que le chef du SWAT lui fit signe. Il pénétra dans la pièce, balayant du regard cet espace désordonné… sacs, détritus et vêtements éparpill
« Je n'en reviens pas qu'il nous ait appelés », marmonna Hayden en arpentant la pièce, l'adrénaline lui échauffant le sang. « Il a osé nous appeler. » « Et tenter d'obtenir ce genre de détails sur notre demeure », ajouta Beck, une grimace de dégoût aux lèvres. Jared passa une main lourde sur son visage. « Quel genre de malade mental ferait une chose pareille ? » La voix d'Hayden fusa dans la pièce : « Ils doivent l'interpeller aujourd'hui. » Un silence tendu s'ensuivit, les trois hommes partageant la même pensée au même instant. Jared le rompit. « Nous devons nous y rendre, n'est-ce pas ? » Hayden hocha la tête. « Oui. » « Évidemment », ajouta Beck d'un air songeur. « Le problème… c'est que la route prendra beaucoup trop de temps. » Jared fronça les sourcils. « Oui, cet endroit est à près d'une heure. Le temps qu'on— » « Nous prenons l'hélicoptère », le coupa simplement Hayden.
La demeure semblait étrangement silencieuse cet après-midi-là. Trop silencieuse.C'était peut-être le contrecoup de la fausse alerte à la bombe survenue deux jours plus tôt. Ou le poids d'un espoir ravivé puis balayé lorsque la police avait confirmé que le colis ne comportait aucune empreinte, aucun composant traçable, rien d'exploitable.Une impasse de plus.À l'étage, Myla faisait une sieste, blottie contre l'oreiller d'Hayden, tentant de dissiper la tension accumulée dans ses épaules. Hayden se trouvait dans son bureau pour parcourir des contrats. En bas, Jared et Beck s'étaient installés dans leur espace de travail en retrait du salon, ordinateurs ouverts, examinant de nouvelles demandes de prestations.Leur assistant personnel leur avait transmis une liste de clients potentiels de haut rang, chose autrefois rare mais devenue quasi quotidienne ces deux dernières semaines. La presse s'agitait autour d'eux, et le quatuor bénéficiait d'une visibilité constante







