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CHAPITRE 3

ผู้เขียน: M.M.Novelle
last update วันที่เผยแพร่: 2026-07-24 04:56:14

[Point de vue de Sienna]

Mon réveil a sonné à six heures ce matin-là, mais cela faisait déjà plus d'une heure que j'étais allongée, les yeux grands ouverts, à fixer le plafond.

Ce n'était pas l'entretien en lui-même qui me rendait nerveuse.

J'avais passé des années à gérer des situations de communication sous haute pression, à rédiger des communiqués de presse dans des délais impossibles et à transformer des crises médiatiques potentielles en opportunités stratégiques. Je savais exactement ce que je pouvais apporter à cette organisation. Mon CV parlait de lui-même.

« Maman, on dirait un pingouin », a fait remarquer Riley d'une voix calme depuis l'entrée de la cuisine, son ours en peluche préféré pendant par une oreille.

Ses magnifiques yeux bleus ont parcouru ma tenue, s'attardant sur ma chemise blanche impeccablement repassée et mon pantalon noir parfaitement ajusté.

« Un pingouin très professionnel, ma chérie », ai-je répondu avec un sourire forcé en versant du lait dans deux bols de céréales.

J'avais la poitrine serrée et les doigts légèrement tremblants.

Ce n'est qu'un entretien.

Je me suis répété ces mots encore et encore, comme une prière silencieuse.

Les locaux sont immenses.

C'est un joueur parmi tant d'autres.

Il reste sur la glace.

Les bureaux administratifs sont séparés.

Je ne le verrai probablement même pas.

« Maman ! Maman ! »

Ryder a déboulé dans la cuisine, ignorant complètement son bol de céréales et manquant de glisser sur le sol en linoléum.

« Tata Brittney a dit que tu allais aujourd'hui là où jouent les Chicago Wolves ! Tu vas voir le Seigneur de la Glace ? Tu vas rencontrer Asher Knight ? »

Mon estomac s'est noué, mais je me suis efforcée de garder un visage impassible.

« Je vais simplement assister à une réunion professionnelle, Ry. Je vais rencontrer les personnes qui dirigent l'organisation. »

« Mais si tu le vois... » a-t-il insisté en tirant sur le bas de mon blazer. Il a levé vers moi ses yeux pleins d'espoir, avec une telle intensité que j'en ai eu le cœur serré. « Tu pourras lui dire que Ryder lui passe le bonjour ? Et lui dire que j'ai sa carte de recrue ? Dis-lui juste mon nom, maman. Il se souviendra de moi ! »

Une douleur aiguë m'a traversé la poitrine.

Il ne se souviendrait pas seulement de ton nom, Ryder.

S'il te regardait, il se reconnaîtrait lui-même.

« Mange ton petit-déjeuner, mon grand », ai-je murmuré en déposant un baiser sur ses cheveux en bataille avant de prendre ma mallette. « Tata Brittney est dans le salon. Sois sage avec elle. »

Le centre d'entraînement des Chicago Wolves ressemblait à une forteresse de verre et d'acier bâtie à coups de millions de dollars.

Dès que j'ai franchi les immenses portes vitrées du hall, j'ai été écrasée par l'ampleur du succès d'Asher.

À ma gauche, une immense vitrine éclairée exposait trois trophées de championnat.

À ma droite, une gigantesque bannière promotionnelle de deux étages était suspendue au plafond.

Elle affichait un portrait monumental d'Asher.

Ses yeux gris fixaient l'horizon avec une détermination farouche. Sa mâchoire était crispée sous son casque, et le C doré de capitaine brillait fièrement sur sa poitrine.

Sous son portrait, un slogan s'étalait en lettres imposantes :

LE SEIGNEUR DE LA GLACE : CAPITAINE DES WOLVES

J'ai dégluti avec difficulté avant de détourner précipitamment les yeux.

Cinq ans plus tôt, j'étais assise dans un minuscule appartement universitaire glacé, à lui appliquer des poches de glace sur les côtes meurtries parce qu'il n'avait pas les moyens de se payer les services d'un préparateur physique.

C'était moi qui partageais avec lui un paquet de biscuits bon marché parce que nos comptes bancaires étaient tous les deux à sec.

J'avais été là à chaque goutte de sueur.

À chaque sacrifice.

À chaque larme.

Aujourd'hui, son visage dominait les patinoires et les stades, tandis que je me tenais dans le hall de son organisation comme une parfaite inconnue, écrasée par l'ombre de tout ce qu'il était devenu.

« Madame Carter ? Je suis Chloé, des ressources humaines. Bienvenue ! »

Une femme souriante, munie d'un casque audio et d'un porte-documents, m'a tirée de mes pensées.

À ses côtés se tenait Damien Vance, le directeur général de l'équipe. Élégamment vêtu, les cheveux grisonnants, il avait un regard vif et calculateur.

« Merci de me recevoir », ai-je répondu en leur serrant la main avec une assurance soigneusement maîtrisée.

« Nous avons étudié ton parcours en gestion de crise, Sienna », a expliqué Damien en me faisant franchir les portiques de sécurité. « Ton travail sur le scandale de l'entreprise de logistique l'année dernière nous a particulièrement impressionnés. Pour être franc, nos joueurs sont des athlètes d'élite, mais en matière de communication, ils peuvent se révéler catastrophiques. Ils se battent dans des bars, publient des absurdités sur les réseaux sociaux et, à l'approche des séries éliminatoires, les journalistes sont à l'affût du moindre scandale. Nous avons besoin d'une responsable des relations publiques capable de garder son sang-froid en toutes circonstances. »

« Je sais garder mon sang-froid, monsieur Vance », ai-je répondu avec assurance en m'adaptant à son rythme soutenu dans les couloirs. « Les crises médiatiques prennent souvent de l'ampleur parce que les gens réagissent sous le coup de l'émotion. Si nous prenons rapidement les choses en main et maîtrisons le discours dès le départ, nous pouvons généralement limiter les dégâts. »

Les yeux de Damien se sont illuminés.

« Exactement. Voyons maintenant comment tu réagis face à une situation concrète. »

Il m'a conduite dans une salle de réunion aux parois vitrées. Le directeur adjoint des relations publiques y attendait, visiblement nerveux, devant un ordinateur portable entouré d'impressions tirées de blogs sportifs locaux.

« Nous avons un petit problème », a-t-il expliqué dans un soupir. « L'un de nos jeunes attaquants a été photographié à la sortie d'une boîte de nuit à trois heures du matin, la veille d'un entraînement obligatoire. Les photos viennent d'être publiées sur plusieurs blogs. La conférence de presse commence dans deux heures, et les journalistes vont certainement en faire une affaire de discipline au sein de l'équipe. Quelle serait ta stratégie ? »

Damien a croisé les bras et m'a observée.

Il s'agissait manifestement d'une mise à l'épreuve.

Je n'ai pas hésité.

Je me suis approchée de la table et j'ai rapidement examiné les photographies.

« Je ne nierais pas les faits. Cela ne ferait qu'inciter les journalistes à creuser davantage. Et je ne le désavouerais certainement pas publiquement, car cela ne ferait qu'amplifier la polémique. »

« Euh... justement, a répondu le directeur adjoint en consultant ses notes. Il était avec son frère aîné, qui venait d'arriver en ville. »

« Parfait », ai-je répondu en prenant naturellement les choses en main.

« Publiez immédiatement un communiqué précisant que le joueur a profité de la venue de son frère pour passer une soirée en famille. L'organisation comprend l'importance de ces moments, tant que les joueurs respectent leurs obligations professionnelles. Or, c'est précisément ce qu'il a fait : il est arrivé à l'entraînement du matin avec quarante minutes d'avance. »

J'ai désigné les photographies du doigt.

« Recentrons le discours sur les liens familiaux plutôt que sur sa sortie nocturne. Ensuite, demandons-lui d'accorder une brève interview de deux minutes dans les vestiaires, au cours de laquelle il expliquera combien il est heureux que son frère puisse assister au prochain match. Les journalistes auront alors un angle plus intéressant à exploiter et devraient rapidement abandonner celui de la boîte de nuit. »

Un silence est tombé dans la salle.

Le directeur adjoint des relations publiques a cligné des yeux, les doigts suspendus au-dessus de son clavier.

Damien a laissé échapper un petit sifflement admiratif.

« Très bien. Chloé, prépare immédiatement le communiqué en suivant ses recommandations. Sienna, tu es exactement la personne qu'il nous faut. Considère que l'entretien est terminé. Je suis prêt à te proposer le poste dès aujourd'hui. »

Un immense soulagement m'a envahie.

J'avais réussi.

J'avais prouvé ma valeur sans que mon passé ait eu la moindre importance.

Si j'avais ma place ici, c'était parce que j'étais compétente dans mon domaine.

Alors que nous poursuivions la visite, Damien m'a lancé un regard en coin.

« Tu sais, la plupart des gens sont assez impressionnés lorsqu'ils viennent ici pour la première fois. »

J'ai souri poliment.

« Ce sont les risques du métier, j'imagine. »

« Peut-être. » Il a laissé échapper un petit rire. « Tu as déjà travaillé avec des sportifs professionnels ? »

« J'en ai rencontré quelques-uns lors d'événements médiatiques, ai-je répondu. Rien de plus qu'une poignée de main et quelques échanges de courtoisie. »

« Et des joueurs de hockey ? »

« Non. »

« Tant mieux », a-t-il répondu en hochant la tête. « Les supporters ont parfois du mal à distinguer l'athlète de la personne. Nous avons besoin de quelqu'un qui sache garder la tête froide et faire la part des choses. »

« Cela ne posera aucun problème. »

« Ravi de l'entendre. »

Damien a consulté sa montre.

« Terminons la visite. Je veux te montrer le cœur de notre organisation. Allons à la patinoire principale. »

Tout mon corps s'est raidi.

Mon sourire victorieux s'est effacé sur-le-champ.

Mon estomac s'est noué.

La patinoire.

« Est-ce que... l'équipe est sur la glace en ce moment ? » ai-je demandé, la voix légèrement plus tendue que je ne l'aurais voulu, malgré tous mes efforts pour rester professionnelle.

« Ils terminent simplement leur séance facultative de conditionnement physique », a répondu Damien en poussant les lourdes portes battantes qui menaient au niveau inférieur.

La température a chuté dès que nous avons franchi le seuil.

L'air était vif, chargé de cette odeur si particulière de glace, de transpiration et de froid.

Je l'ai entendu avant même de le voir.

Le claquement sec et régulier des crosses sur la glace.

Chaque impact a fait remonter des souvenirs que je m'efforçais d'enterrer depuis cinq ans.

Nous avons traversé le tunnel qui débouchait près du banc des joueurs.

Un homme grand et large d'épaules, vêtu de la tenue d'entraînement des Wolves, se tenait près de la baie vitrée, un porte-documents à la main et l'épaule nonchalamment appuyée contre la rambarde.

« Logan ! » a appelé Damien en lui faisant signe d'approcher. « Viens une seconde. »

L'homme s'est retourné.

Son regard a glissé sur nous avant qu'un sourire chaleureux n'illumine son visage.

Je l'ai immédiatement reconnu grâce aux anciennes vidéos des championnats universitaires.

C'était le défenseur vétéran de l'équipe et, si mes souvenirs étaient exacts, le meilleur ami d'Asher.

« Salut, patron ! » a lancé Logan en glissant jusqu'au bord de la patinoire. Il a quitté la glace et a rejoint le couloir, ses patins crissant sur le revêtement en caoutchouc.

Après s'être essuyé le front avec une serviette, il a posé les yeux sur moi.

Il m'a adressé un signe de tête poli.

« Ne me dis pas que c'est notre nouvelle sauveuse des relations publiques. Dis-moi plutôt que tu es là pour empêcher les journalistes de me harceler avec des questions sur ma retraite. »

« Voici Sienna Carter, a expliqué Damien. Sienna, je te présente Logan Taylor, notre capitaine adjoint. »

« Enchantée, Logan », ai-je répondu avec un sourire poli, en m'efforçant de concentrer toute mon attention sur lui.

« Enchanté. Crois-moi, nous avons vraiment besoin de toi. »

Soudain, une voix forte et autoritaire a retenti dans toute la patinoire.

« Logan ! Apporte les palets supplémentaires jusqu'au cercle d'engagement ! »

Cette voix m'a frappée de plein fouet.

Elle était plus grave que dans mes souvenirs.

Plus rauque.

Usée par des années à crier au-dessus des rugissements de la foule et à donner des ordres sur la glace.

Pourtant, je l'aurais reconnue entre mille.

C'était cette même voix qui m'avait autrefois murmuré des promesses au creux de l'oreille, la nuit.

Celle qui, cinq ans plus tôt, m'avait hurlé dessus sur un parking détrempé par la pluie.

Mon souffle s'est bloqué.

Le monde entier a semblé ralentir.

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