ログインArya Je ne veux pas ressentir cela. Je ne veux pas. J'ai passé cinq ans à construire des murailles autour de mon cœur, à ériger des remparts infranchissables, à me blinder contre tout ce qui pourrait me faire souffrir à nouveau. J'ai appris à ne plus rien éprouver, à ne plus rien espérer, à ne plus rien attendre de personne. Je suis devenue une forteresse imprenable, une île déserte au milieu d'un océan de tourments, une âme gelée dans un corps de guerrière. Et pourtant, malgré toutes mes résolutions, malgré toutes mes défenses, malgré toutes mes barrières, je ressens quelque chose. Le lien d'âme, ce lien que Dorian a brisé il y a cinq ans sur l'estrade de la Meute du Nord, ce lien que je croyais mort à jamais, réduit en cendres, effacé de mon existence comme s'il n'avait jamais existé, ce lien vibre à nouveau. Faiblement, presque imperceptiblement, comme une corde de harpe qu'on effleure du bout des doigts, comme une brai
DorianJe n'arrive pas à respirer. Je n'arrive pas à penser. Je n'arrive pas à croire ce que je viens d'entendre, ce que mes oreilles refusent d'accepter, ce que mon esprit rejette avec une violence désespérée comme un corps rejette un organe étranger.Mon père. Mon propre père, Kalkin Vale, l'Alpha du Nord, le chef que j'ai respecté, craint, obéi pendant toute ma vie. L'homme qui m'a appris à marcher, à courir, à me battre. L'homme qui m'a enseigné la force, le courage, la discipline. L'homme que j'ai admiré, imité, vénéré comme un dieu vivant. Mon père est un usurpateur, un meurtrier, un traître. Il a tué la compagne de Soren et ses deux enfants innocents. Il a fait exécuter Elara et Fenris, les parents d'Arya. Il a menti, manipulé, trahi pendant des années, pendant des décennies, pendant toute sa vie, et il m'a entraîné dans son sillage de sang et de mensonges sans que je m'en rende jamais compte.Mon monde s'écroule autour de moi, comme un ch
SorenLe Conseil est réuni en séance extraordinaire, et tous les regards sont tournés vers moi tandis que je m'avance au centre de la salle, mes pas résonnant sur le marbre comme des coups de tonnerre dans le silence oppressant qui s'est abattu sur l'assemblée. Des regards curieux, méfiants, incrédules. Des regards qui me jaugent, me soupèsent, me jugent, cherchant dans les rides de mon visage et dans l'éclat de mes yeux les traces d'un passé qu'ils ne connaissent pas, d'une histoire qu'ils n'ont jamais entendue, d'une vérité qui va bouleverser tout ce qu'ils croyaient savoir.Je m'arrête sous la verrière, à l'endroit exact où Arya se tenait quelques jours plus tôt pour révéler sa véritable identité, pour dévoiler la marque sur sa nuque, pour proclamer au monde entier qu'elle était la Lycan Suprême. La lumière de la Lune m'enveloppe, froide et pure, et je sens son énergie couler dans mes veines comme un fleuve ancien qui reprend son cours après des années
AryaLa nouvelle du duel se répand comme une traînée de poudre, et bientôt, tout le palais ne parle plus que de cela.Dorian Vale, l'ancien Alpha de la Meute du Nord, a défié Cassian, l'Alpha de la Meute de l'Est, en duel pour mon honneur. Un duel absurde, ridicule, inutile, qui ne fait que souligner à quel point ces deux hommes sont incapables de comprendre ce que je ressens, ce que je veux, ce que je suis.Je ne suis pas un enjeu. Je ne suis pas un trophée. Je ne suis pas une récompense que l'on gagne en versant le sang d'un rival. Je suis une femme, une mère, une reine, et je refuse d'être traitée comme un objet de convoitise, comme un bien que l'on se dispute, comme un territoire que l'on conquiert.Quand j'apprends la nouvelle, je me rends immédiatement dans la cour d'entraînement où le duel doit avoir lieu. La foule s'est déjà rassemblée, formant un cercle compact autour des deux combattants qui se font face, torse nu, les poings s
CassianLes jardins du palais du Conseil sont magnifiques à cette heure matinale.Le soleil se lève à peine au-dessus des montagnes, teintant le ciel de nuances roses et orangées qui se reflètent dans les bassins et les fontaines. La rosée perle sur les feuilles, les premiers oiseaux chantent dans les branches, et une brise légère fait onduler les fleurs que la petite Lya a fait pousser hier soir, transformant les allées de pierre en un véritable jardin suspendu.Je m'y promène chaque matin, depuis que je suis arrivé au Conseil. C'est une habitude que j'ai prise il y a des années, dans ma meute de l'Est, et que je conserve même en voyage. Marcher seul dans la nature, au lever du jour, m'aide à clarifier mes pensées et à me préparer pour la journée à venir. C'est un moment de paix, de calme, de solitude – une parenthèse dans un monde agité par les conflits et les intrigues.Mais ce matin, je ne suis pas seul.Elle est là, assise
AryaLe soir même, alors que je prépare mes enfants pour la nuit, on frappe à la porte.C'est Soren. Il entre sans attendre ma réponse, comme il en a l'habitude, et son visage buriné affiche une expression que je ne lui connais pas, un mélange de gravité et d'amusement contenu.— Dorian est dehors, dit-il simplement. Il veut te parler.— Encore ? Il ne se lasse donc jamais ?— Apparemment non. Il dit qu'il a une proposition à te faire. Une proposition qui, selon lui, pourrait tout changer.Je soupire, partagée entre l'agacement et la curiosité. Dorian et ses propositions... La dernière fois, il m'a offert des fleurs et des excuses. La fois d'avant, il s'est agenouillé en public et a abdiqué son titre. Que va-t-il inventer cette fois-ci ? Une danse sous la Lune ? Un poème chanté par un chœur de louveteaux ?— Très bien. Garde les enfants, je vais le voir. Je te préviens, je ne lui accorde pas plus de cinq minute







