MasukLa porte de la chambre de Léonard s’ouvrit dans un fracas, heurtant le mur avec une violence qui fit sursauter Valérie, restée dans le couloir.Mira était sur le seuil, tremblante de tout son être, ses yeux injectés de sang fixant son frère. Léonard, assis sur le bord de son lit avec son ordinateur portable ouvert sur les genoux, leva la tête. L’écran bleuté éclairait son visage creusé de fatigue, mais ce fut l’expression de douleur anticipée dans ses yeux qui arrêta Mira une demi-seconde. Une demi-seconde seulement.— POURQUOI ? hurla-t-elle, la voix brisée par les sanglots et la rage. Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Pourquoi j’ai dû l’apprendre par Valérie ? C’est mon père, Léonard ! MON PÈRE !Les mots fusaient, incontrôlés, aigus.— Pourquoi ça n’arrive qu’à lui ? Comment il va, dis-moi ? Où il est, exactement ? Je veux des réponses, TOUT DE SUITE ! Je veux le voir !Elle s’avança, agressive, prête à frapper l’écran, frapper le mensonge, frapper l’insupportable. Léonard referma son
Léonard poussa la porte d’entrée, le froid de la nuit accroché à ses épaules. Minuit approchait. Dans le salon, la lumière tamisée veillait encore, révélant deux silhouettes debout, immobiles dans l’attente. Valérie se précipita vers lui, son visage pâle marqué par l’inquiétude. Sans un mot, elle lui prit les sacs des mains, un geste automatique qui cachait mal son angoisse.— Tu m’as fait peur, Léonard, murmura-t-elle en le scrutant intensément. Qu’est-ce qui s’est passé ?Il évita son regard, le fixant sur le parquet. Sa voix était lasse, éteinte.— Du travail. J’étais juste… occupé.Son ton était distant, presque étranger. Il jeta un coup d’œil furtif vers le canapé, où Mira était affalée, les yeux rivés sur l’écran lumineux de son téléphone. Puis il détourna les yeux, comme si la vue de sa sœur lui était insupportable.Mira leva la tête, un casque audio glissant sur ses oreilles.— Alors Léonard, ça va ? lança-t-elle d’une voix distraite, sans réel intérêt.Il tenta un sourire, ma
Léonard sortit du bureau en refermant soigneusement la porte derrière lui. Il descendit les escaliers sans dire un mot, grimpa dans sa voiture et démarra aussitôt, les mâchoires serrées et le regard fixe.Le trajet jusqu’à l’hôpital se fit dans un silence pesant. Devant l’entrée des urgences, Steve était toujours là, visiblement en alerte.— Où est mon père ? demanda Léonard en sortant du véhicule, sans préambule.— Il a été transféré en salle d’observation, monsieur, répondit Steve, la voix basse.Léonard hocha brièvement la tête, sans un mot de plus. Il entra aussitôt dans le bâtiment, ses pas lourds résonnant dans les couloirs d’hôpital. Samuel était là, assis dans la salle d’attente, le regard vide, les coudes appuyés sur les genoux. Lorsqu’il vit Léonard entrer, il se leva aussitôt.— Alors ? Où es-tu allé ? demanda-t-il.Léonard s’arrêta face à lui, puis brandit l’enveloppe comme une réponse silencieuse.— Protéger ce qui peut l’être encore. C’est le devoir d’un fils. J’ai mis
Léonard franchit les portes de l’hôpital presque en courant. Son cœur battait à tout rompre, non pas à cause de l’effort physique, mais à cause de cette douleur sourde qui lui déchirait la poitrine. Il fendit les couloirs comme un fou, sans prêter attention aux regards interloqués du personnel médical ou des visiteurs. Ses pas le menèrent droit vers le service des soins intensifs.Là-bas, Steve l’attendait déjà, droit comme un piquet, vêtu de noir, les traits tendus. Deux hommes en uniforme de sécurité se tenaient à ses côtés, leurs regards sombres trahissant l’inquiétude. Dès qu’il aperçut Léonard, Steve s’approcha aussitôt et baissa respectueusement la tête.— Où est mon père ? lança Léonard d’un ton sec, sans ralentir le pas.Samuel, qui l’avait suivi sans mot dire, s’arrêta à ses côtés, le souffle court.— Il est en salle d’opération depuis une vingtaine de minutes, monsieur, répondit Steve d’une voix basse, presque étouffée. L’équipe médicale est sur le coup. Je… je suis vraiment
Depuis son bureau, Samuel entendit des cris étouffés provenant du couloir, une cacophonie de désespoir qui fit vibrer son cœur d’une angoisse soudaine. Il se précipita aussitôt vers le bureau de Léonard, chaque pas résonnant comme un tambour dans le silence oppressant du bâtiment. En entrant, il trouva Léonard tremblant, le visage blême et marqué par l’angoisse, les mains crispées sur son téléphone comme si c’était un bouclier contre le monde qui s’effondrait autour de lui.— Léonard ! Qu’est-ce qui se passe ?! demanda-t-il, alarmé, sentant la tension dans l’air.Léonard leva les yeux, ses prunelles sombres et brillantes de larmes non versées, trahissant la tempête qui se déroulait en lui.— C’est mon père… je crois qu’il vient d’avoir un accident… sa voix était à la fois tremblante et désespérée, chaque mot pesant comme une pierre.— Quoi ?! Comment ça ? Comment tu le sais ? Samuel ne savait pas s’il devait s’approcher ou garder ses distances, l’inquiétude l’assaillant.— Il m’a appe
Dès qu’il eut quitté la maison, Orissia monta à l’étage, son esprit tourbillonnant, et entra dans leur chambre. Elle verrouilla la porte derrière elle, s'assurant que personne ne pouvait les entendre. Elle sortit son téléphone et composa le numéro de Thomas, ses mains tremblant légèrement.— Orissia ? Tu m’appelles tard. Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda Thomas, sa voix teintée d’inquiétude.— Il s’est rendu compte que le dossier a disparu, dit-elle, la voix tremblante, trahissant la peur qui l’habitait.— Quoi ? Et tu lui as dit quelque chose ?— Non, j’ai nié. Mais il commence à douter, j’en suis sûre, répondit-elle, la panique montant dans sa poitrine.— Écoute, reste forte. On est tout près du but. Il ne faudra plus longtemps pour le faire tomber.— Je sais… Mais il m’a menti en disant qu’il avait retrouvé le document. Il essaie de me piéger, c’est certain.— C’est la preuve qu’on a raison de se méfier. Reste sur tes gardes. Sa chute est proche.— D’accord… murmura-t-elle, bien q







