LOGINMarc conduit à toute allure à travers la ville plongée dans la nuit. La pluie fine s’écrase sur le pare-brise, les essuie-glaces battant un rythme rapide et nerveux. Ses mains tremblent sur le volant, son souffle est court. Dans sa tête, les phrases du journal tournent encore, comme des voix obsédantes : Je m’appelle Claire Durnel… Isadora m’a poussée… Marc m’a trahie…Tout se mélange. La colère, la peur, le doute. Il n’arrive plus à distinguer ce qui est vrai de ce qui est folie. Et il n’a qu’une idée fixe : Nora. Il doit la confronter, maintenant, avant qu’elle ne lui échappe encore.Il se gare brusquement devant l’immeuble de Claire — ou plutôt de Nora Valere. Sans même réfléchir, il sort de la voiture, traverse la cour sous la pluie et monte les escaliers quatre à quatre. Son cœur bat à tout rompre.Il frappe une fois.Puis deux. Aucune réponse.Il ouvre violemment la porte elle n’était pas verrouillée et entre sans prévenir.Claire sursaute, debout au milieu du salon, vêt
Isadora s’installe sur le canapé du grand salon, les rideaux tirés et la lampe tamisée projetant une lueur dorée sur le cuir sombre. Ses doigts tremblent légèrement autour de l’objet qu’elle tient enfin entre ses mains : le journal. Celui que Mike a trouvé dans la maison de Nora Valere. Celui qu’elle attendait depuis des jours, avec une impatience presque maladive.Elle le contemple longuement, ce carnet à la couverture usée, aux coins écornés. Il ne paie pas de mine, et pourtant, elle sait que ce qu’il contient peut tout changer.— Voyons un peu ce que tu caches, ma chère Nora, murmure-t-elle avec un sourire narquois.Elle ouvre la première page.L’écriture est fine, soignée, presque élégante. Pas du tout celle d’une fille sans éducation ou d’une femme désespérée.Et là, dès les premières lignes, son sourire s’efface lentement.Isadora reste figée.Ses yeux clignent plusieurs fois, comme si son esprit refusait de comprendre ce qu’elle lit.— Quoi ?Elle tourne la page rapidem
Claire entreprend de faire sa routine du soir Mais quelque chose la frappe.Un détail , Un vide. Helena.Elle n’a pas vu Helena venir l’accueillir. Ni dans le salon, ni dans la cuisine. L’appartement est étrangement silencieux, trop silencieux.— Helena ? appelle-t-elle doucement.Pas de réponse.Claire fronce les sourcils et avance, un peu sur la défensive. Elle longe le couloir, ses sens en alerte. À mesure qu’elle approche de sa chambre, une sensation désagréable monte en elle, un frisson d’inquiétude qui lui serre la nuque.Puis, en tournant au coin, elle la voit.Helena. Allongée sur le sol, juste devant la porte de sa chambre.— Mon Dieu… Helena !Claire se précipite vers elle, s’agenouille à ses côtés. Le cœur battant à tout rompre, elle la secoue doucement.— Helena ? Hé ! Réponds-moi !Mais la jeune femme ne bouge pas. Son visage est pâle, ses lèvres légèrement entrouvertes.Claire tente de la soulever, le souffle court et c’est à ce moment-là qu’un bruit sec re
Claire rentre chez elle, les nerfs tendus, le visage fermé. La nuit est tombée sur Madrid, une pluie fine trace des sillons sur les vitres de sa voiture. Elle gare le véhicule devant son immeuble, reste quelques secondes immobile, les mains crispées sur le volant. Son cœur bat vite, trop vite.Marc sait.Elle le sentait venir, mais pas si tôt. Il avait ce regard, cet air froid et interrogateur dans son bureau celui qu’il prenait toujours quand il flairait un mensonge.Il a parlé du patriarche Durnel.Il sait qu’elle a été hébergée là-bas. Et s’il fouille un peu plus, il découvrira tout le reste.Claire sort de la voiture, remonte lentement l’allée. La pluie colle ses cheveux à son front. Dans sa tête, tout se bouscule : la colère, la peur, et cette brûlure dans la poitrine chaque fois qu’elle pense à Marc.Il ne se doute pas qu’il parle à celle qu’il a aimée, trahie, enterrée de ses propres mains.En entrant, elle retire ses talons, laisse tomber son sac sur la console de l’entr
Isadora est installée dans son bureau, un verre de vin à la main, les jambes croisées, l’air pensif. Les rideaux sont à moitié tirés, la lumière du soir filtre à travers la pièce dans une teinte dorée qui donne à son visage une allure presque douce, trompeuse. Sur la table basse devant elle, une enveloppe brune, scellée, encore tiède du trajet. Mike vient tout juste de la lui déposer.Elle saisit l’enveloppe, la retourne entre ses doigts fins. Son cœur bat plus vite que d’habitude elle le sent. Cette femme, cette Nora Valere, occupe son esprit depuis des semaines. Son nom résonne trop souvent dans les conversations de Marc, son parfum flotte parfois encore dans le couloir de l’entreprise. Il y a quelque chose chez elle qu’Isadora ne supporte pas… quelque chose d’inquiétant.Elle déchire le papier, lentement, comme pour savourer chaque seconde de sa découverte. À l’intérieur : plusieurs feuillets, des photocopies de documents administratifs, quelques photos floues, et une petite not
Marc est déjà dans son bureau quand Claire frappe à la porte. L’atmosphère est lourde, tendue, presque électrique. Le tic-tac de l’horloge semble frapper dans sa tête comme un rappel constant de sa colère.— Entrez, dit-il d’une voix sèche.Claire pousse la porte, élégante comme toujours, le pas mesuré. Elle s’avance sans savoir à quoi s’attendre, mais elle sent déjà dans son regard quelque chose d’inhabituel, de dur, de soupçonneux.— Vous vouliez me voir, monsieur ?Marc se lève lentement, contourne le bureau et s’approche d’elle. Son ton est calme, mais son regard brûle d’un feu inquiétant.— Oui, Nora. J’ai quelques questions. Et j’aimerais que tu me répondes honnêtement, cette fois.Claire fronce les sourcils, feignant la surprise.— Bien sûr, je n’ai rien à cacher.Marc la fixe longuement avant de sortir un dossier du tiroir. Il le jette sur le bureau. Des photos s’en échappent : elle, plus jeune, dans une grande maison espagnole, le sourire discret, aux côtés d’un vieil







