MasukChapitre 157 — Chercher au mauvais endroitLe silence de la nuit pesait lourd sur moi.Le parking vide semblait m’étouffer, et chaque ombre prenait des formes que je refusais de nommer.Mon téléphone vibra à nouveau. Un message inconnu.Je l’ouvris avec une prudence extrême, le cœur battant si fort que j’avais peur qu’il se brise dans ma poitrine.“Vous cherchez Ben au mauvais endroit.”Je fixai l’écran.Une photo accompagnait le texte. Une photo que je n’aurais jamais dû voir.Ben.Attacher, mais debout, seul, dans un lieu que je ne connaissais pas. Ses yeux… ces yeux qui semblaient me supplier, mais aussi me défier. Comme s’il me disait silencieusement : “Ne viens pas, pas encore. Attends.”Je tombai sur un banc, les mains tremblantes.Je ne savais plus si je voulais hurler ou pleurer.Une partie de moi voulait courir, briser chaque règle, et me précipiter pour le sauver.Mais une autre partie, plus froide, me murmurait que Ben ne voulait pas que je fasse ça. Que chaque pas en avan
Chapitre 15— Les indices de BenPOV : ElenaLe parking semblait encore plus vide que la veille. Le silence me pesait, mais quelque chose en moi avait changé. La peur n’était pas partie, loin de là. Elle battait toujours dans ma poitrine, mais elle se mêlait maintenant à une étrange énergie, une certitude : Ben ne m’avait pas abandonnée, même si Varenne croyait le contraire.Je serrai son téléphone brisé contre moi, comme si le simple contact pouvait transmettre sa force. Je l’examinais sous toutes ses coutures, cherchant quelque chose… n’importe quoi… un indice, un message, un appel manqué, un fragment oublié. Et puis je le vis :Une petite notification, partiellement effacée, mais encore lisible.« EH-03 : NE SUIS PAS… »Mes yeux s’écarquillèrent. Cela ressemblait à un code, ou à une série de lettres et de chiffres qu’il utilisait parfois pour nos projets confidentiels. Je sentis un frisson me parcourir. Ben avait laissé un message, intentionnellement, juste pour moi. Il voulait que
Chapitre 155 — Dans l’ombre du dangerJe restai un instant figée, le souffle court, mon esprit tourbillonnant dans une tempête d’émotions. Ben avait été pris. Amalia était en danger. Et Varenne… Varenne savait tout. Tout ce que je faisais, tout ce que je planifiais, il pouvait l’anticiper. Chaque mouvement, chaque souffle, chaque pensée.Je posai mes mains sur mon bureau, fermant les yeux un instant pour tenter de calmer la panique qui me rongeait. Mais il n’y avait pas de calme ici, pas de répit. Le monde avait changé en une seule nuit. Mon bureau, qui avait toujours été mon refuge, n’était plus qu’un piège silencieux, un lieu où le danger pouvait surgir à chaque coin.Si je voulais sauver Ben… si je voulais sauver Amalia… je ne pouvais plus compter sur personne d’autre. Pas sur le conseil, pas sur mes collègues, et certainement pas sur Varenne. Il fallait que je devienne invisible. Que je devienne imprévisible.Je pris une profonde inspiration et me levai. Mon plan devait être parfa
CHAPITRE 154 : Celle qui parle enfinPOV : ElenaJe n’avais jamais compris à quel point le silence pouvait être violent.Pas le silence vide, banal — non.Celui qui pèse.Celui qui sait.Celui qui retient volontairement la vérité comme une arme prête à frapper.C’est ce silence-là qu’Amalia portait depuis le début.Je le compris ce soir-là.⸻Je refermai la porte de la salle d’archives derrière nous. Le déclic métallique résonna trop fort dans mon crâne. Mon cœur battait encore trop vite, pas seulement à cause de Ben, pas seulement à cause de Varenne — mais à cause de ce que je sentais venir.Amalia ne me regardait pas.Elle se tenait près de la table, les bras croisés contre elle-même, comme si elle essayait de contenir quelque chose qui voulait s’échapper. Ses épaules étaient raides. Son souffle, irrégulier.— « Tu sais quelque chose », dis-je sans détour.Ma voix tremblait moins que je ne l’aurais cru.La colère, parfois, donne une clarté effrayante.Elle ferma les yeux.Longtemps.
Chapitre 154 : La valeur d’une viePOV ElenaLe silence a une odeur ici.Un mélange de métal froid, de désinfectant trop propre, et de quelque chose d’ancien, presque rance. Comme si les murs avaient absorbé les cris, les secrets, les promesses brisées, et qu’ils continuaient à respirer tout cela lentement, patiemment.Je suis assise sur le lit.Les draps sont impeccables. Trop blancs. Trop nets. Ils ne portent aucune trace de moi, comme si je n’étais qu’un passage, pas une présence réelle. C’est peut-être exactement ce que Varenne veut que je ressente.Temporaire. Remplaçable.Mes mains reposent sur mes genoux. Immobiles. Si je bouge trop, si je laisse la panique remonter, je sais que je perds. Il n’attend que ça. Une fissure. Une faiblesse.Ben.Son nom bat dans ma poitrine comme un cœur étranger.Je ne sais pas où il est. Je ne sais pas s’il respire encore librement ou s’il est attaché, blessé, brisé. Chaque seconde sans réponse est une torture soigneusement calculée.La porte s’ou
CHAPITRE 152 — La cage doréePOV : ElenaJe n’ai pas crié.C’est la première chose qui m’a frappée quand la porte s’est refermée derrière moi.Je n’ai pas crié parce que, au fond de moi, j’avais compris une vérité simple et terrifiante : personne ne serait venu.Le lieu dans lequel on m’avait conduite n’avait rien d’un entrepôt sordide ni d’une cellule humide. C’était pire. Bien pire.Un immeuble moderne. Sécurisé. Silencieux. Trop propre.Des murs blancs, des caméras discrètes, des couloirs qui sentaient le désinfectant et le luxe froid.Une prison… déguisée en refuge.— “Vous êtes ici pour votre sécurité, Elena.”La voix de l’homme en costume gris résonnait encore dans ma tête. Polie. Administrative. Déshumanisée.Ils m’avaient retiré mon téléphone, mes clés, mon sac.Pas brutalement.Avec une courtoisie glaçante.Comme si je consentais.On m’avait conduite dans une suite au dernier étage. Une chambre spacieuse. Un lit parfaitement fait. Une baie vitrée donnant sur la ville.La libe







