LOGINIsla La nuit de sang arrive trois jours plus tard. C'est une nuit sans lune, une nuit noire, une nuit de cauchemar. Les étoiles sont cachées par des nuages épais, et le vent hurle entre les arbres comme un loup blessé. Je suis dans notre chambre, en train de dormir, quand j'entends les cris. Des cris de guerre. Des cris de mort. Des cris de désespoir. Je me lève d'un bond, et je cours vers la fenêtre. Le village est en flammes. Les chaumières brûlent, les granges s'effondrent, les cris résonnent. Et au milieu du chaos, je vois des silhouettes. Des guerriers du Clan des Corbeaux, vêtus de noir, armés d'épées et de torches. Ils attaquent. Ils tuent. Ils détruisent. — Lachlan ! crié-je. Il est déjà debout, en train de s'armer. Son visage est grave, ses yeux sont froids, ses gestes sont précis. Il enfile sa cotte de mailles, il ceint son épée, il glisse un poignard dans sa botte.
Isla La chamane nous convoque un matin, dans sa grotte sacrée. C'est un endroit sombre, humide, rempli de bougies et d'encens. Les murs sont couverts de symboles anciens, de runes oubliées, de peintures rupestres qui racontent des histoires de dieux et de héros. Au centre de la grotte, un feu brûle dans un brasier de pierre, et sa lumière dansante projette des ombres mouvantes sur les parois. L'air est chargé d'une odeur de résine, de terre humide et de quelque chose de plus ancien, de plus mystérieux, qui me fait frissonner. La chamane est assise près du feu, enveloppée dans sa cape noire, son visage caché par un voile de soie. Elle nous regarde entrer, et je sens son regard qui nous transperce, qui nous juge, qui nous bénit. Ses yeux brillent dans l'ombre de son voile, et je sens une présence ancienne, une force qui me dépasse, un destin qui s'accomplit. — Approchez, dit-elle d'une voix grave. Approchez, e
Il se retire presque entièrement, me laissant vide un instant, un instant qui me paraît une éternité, et puis il s'enfonce à nouveau, plus profondément, plus lentement, comme s'il voulait graver son passage dans ma chair. Je gémis, et le son de ma voix le fait frémir. Il répète le mouvement, encore et encore, chaque fois plus lentement, chaque fois plus profondément, chaque fois plus tendrement. — Isla... murmure-t-il contre ma peau. Isla, mon amour... ma reine... ma vie... Ses lèvres trouvent les miennes, et il m'embrasse comme s'il voulait me transmettre tout ce qu'il ressent, tout ce qu'il pense, tout ce qu'il est. Et dans la lumière naissante de l'aube, nous nous aimons. Lentement. Tendrement. Passionnément. Comme si le monde allait s'arrêter. Comme si le temps n'existait plus. Comme si nous étions les seuls êtres vivants sur cette terre. L'orgasme monte en moi, irrésistible, inévitable. Je m'accroche à ses épaules, me
IslaLes jours qui suivent sont les plus beaux de ma vie.Nous vivons chaque instant avec l'urgence de ceux qui ont failli tout perdre, avec la passion de ceux qui viennent de se trouver, avec la tendresse de ceux qui se sont enfin avoués. Nous ne nous quittons plus. Nous dormons ensemble, nous mangeons ensemble, nous chassons ensemble, nous nous aimons ensemble.Le matin, il me réveille avec des baisers légers sur le cou.Je sens d'abord sa chaleur contre mon dos, son corps massif qui épouse le mien sous les draps de soie. Puis ses lèvres, qui effleurent ma nuque, ma gorge, mon épaule. Des baisers si légers qu'ils ressemblent à des plumes, à des caresses de vent, à des promesses murmurées. Je frissonne, et un sourire se dessine sur mes lèvres avant même que j'ouvre les yeux.— Réveille-toi, ma douce, murmure-t-il contre ma peau. Réveille-toi, ma reine.J'ouvre les yeux lentement, et la première chose que je vois, c'est la l
IslaLa nuit est avancée, et le feu crépite doucement dans la cheminée de notre chambre.Nous sommes allongés sur le lit, nos corps encore moites de sueur, nos respirations lentes et profondes. La lumière des flammes danse sur les murs de pierre, projetant des ombres mouvantes qui semblent raconter des histoires anciennes. Je suis blottie contre son torse, ma tête posée sur son épaule, et je sens son cœur qui bat sous ma joue, régulier, apaisant. Ses doigts caressent distraitement mes cheveux, et ce geste tendre, presque involontaire, me trouble plus que toutes ses caresses passionnées.Je viens de jouir, encore une fois, et mon corps est parcouru de frissons résiduels, de tremblements légers, de sensations qui s'attardent comme des échos. Il m'a fait l'amour lentement, tendrement, passionnément. Il m'a caressée, goûtée, adorée. Il m'a fait crier son nom, supplier, jouir. Et maintenant, je suis là, dans ses bras, brisée et vulnérable, et je sens
Isla Lachlan me trouve dans notre chambre, quelques heures plus tard. Je suis assise près de la fenêtre, les yeux rouges, le cœur lourd. Je regarde le paysage, les collines, les forêts, les lochs. Je regarde le monde que j'ai choisi. Le monde que j'ai embrassé. Le monde que j'ai fait mien. Il s'approche de moi, et il s'assoit à mes côtés. Il ne dit rien. Il attend. — Ils sont partis, dis-je enfin. — Oui. Ils sont partis. — Je ne les reverrai plus jamais. — Non. Tu ne les reverras plus jamais. — J'ai perdu ma famille. J'ai perdu mon clan. J'ai perdu mon passé. — Oui. Mais tu as gagné autre chose. — Quoi ? — Moi. Ma fille. Notre famille. Notre clan. Notre avenir. — Et si ce n'était pas assez ? Et si je le regrettais ? Et si je voulais partir ? — Alors tu peux partir. Tu es libr







