Mag-log inAlexandra mène une existence scindée en deux mondes que tout oppose. À l’université, elle a goûté à la lumière avec Marie, une passion solaire, tendre et libératrice qui lui a ouvert les portes d’une vie choisie. Mais le retour au pays sonne l’heure des comptes. Dans cette société conservatrice où les silences sont des lois, Alexandra retrouve Claudine, son amie d’enfance, son miroir sombre, celle avec qui elle a scellé un pacte charnel bien avant de connaître le sens du mot "trahison". Claudine n’est plus la jeune fille d’autrefois. Devenue une psychologue à l’intuition chirurgicale, elle lit dans les hésitations d’Alexandra comme dans un livre ouvert. Elle sent l'odeur d'une autre sur sa peau, elle devine les secrets cachés derrière ses sourires forcés. Pour Claudine, l’amour n’est pas un partage, c’est une conquête. Elle n’accepte pas la défaite. Prise au piège de sa propre culpabilité, Alexandra s'enfonce dans un double jeu dangereux. Elle tente d'apaiser la bête en se soumettant aux désirs de Claudine, acceptant de s'isoler avec elle dans un chalet loin du monde. Là, entre les murs de bois, Claudine déploie son arsenal : une domination psychologique impitoyable mêlée à une exploration érotique sophistiquée, utilisant des matériaux sexuels pour marquer le corps d'Alexandra et effacer, par le plaisir et la force, le souvenir de Marie. C’est un huis clos étouffant où chaque étreinte est un champ de bataille. Alexandra pourra-t-elle feindre la loyauté assez longtemps pour s'échapper ? Ou finira-t-elle par se perdre définitivement dans l’emprise exotique et toxique d’une femme qui connaît ses zones d’ombre mieux qu’elle-même ? Entre la douceur d'un avenir possible et l'addiction d'un passé qui refuse de mourir, le choix d'Alexandra pourrait bien la briser.
view moreL’air du lycée semblait toujours plus lourd, plus électrique, là où Alexandra et Claudine se trouvaient. Elles ne marchaient pas dans les couloirs ; elles les possédaient. À dix-sept ans, leur duo était une énigme pour certains, une menace pour d'autres. C'était une alliance de fer forgée dans une exclusivité absolue, une bulle où personne d'autre n'avait le droit de respirer.
Alexandra était une tempête à ciel ouvert. Belle, impulsive et colérique, elle réagissait au quart de tour. Un regard de travers d'une autre fille vers Claudine, et Alexandra voyait rouge. Sa jalousie était son moteur, une flamme dévorante qui ne s'éteignait que lorsqu'elle était seule avec Claudine. Elle pouvait s'emporter pour un détail, briser un silence d'un éclat de voix, mais dès que Claudine s'éloignait, cette colère se muait en une angoisse viscérale. Sans Claudine, Alexandra se sentait amputée, incapable de naviguer dans un monde qu’elle trouvait trop fade. À l'opposé, Claudine était le calme après le désastre, ou peut-être le centre de l'ouragan. Elle était la discipline incarnée. Dure, exigeante envers elle-même comme envers les autres, elle ne tolérait aucun relâchement. Si Alexandra était le feu qui brûle, Claudine était l'architecte qui dirigeait l'incendie. Elle possédait cette faculté rare et terrifiante de lire à travers les gens, de déceler leurs failles en une seule observation. Claudine aimait le pouvoir. Elle aimait sentir l'emprise qu'elle avait sur Alexandra, cette capacité à la faire taire d'un simple froncement de sourcil ou à la rassurer d'une main posée sur sa nuque. Elle ne montrait jamais ses faiblesses. Même lorsque le manque d'Alexandra lui tordait les entrailles, son visage restait un masque de marbre. Elle était celle qui imposait les règles, celle qui manipulait les fils de leur amitié avec une précision chirurgicale. Leur séparation, au moment des études supérieures, fut un déchirement silencieux. Le jour du départ d'Alexandra pour un autre pays, Claudine était restée sur le quai, droite, le regard sec, tandis qu'à l'intérieur du train, Alexandra étouffait ses sanglots contre la vitre. — « Ne sois pas indisciplinée, Alexandra. Le monde n'attend pas tes larmes, » lui avait dit Claudine avant qu'elle ne monte. Pourtant, cette dureté était le ciment de leur lien. Pendant des années, à travers les frontières, elles s'étaient écrit, appelées, s'étaient mutuellement empêchées de construire quoi que ce soit de sérieux avec d'autres. Elles étaient restées coincées dans ce pacte d'adolescence : être l'unique obsession de l'autre. Claudine observait la vie d'Alexandra à distance, analysant chaque photo, chaque mot, attendant patiemment le moment où le fruit serait mûr pour être cueilli. Leur amitié n'était pas une simple camaraderie ; c'était un entraînement. Un entraînement pour ce qui allait suivre, lorsque la distance ne serait plus qu'un souvenir et que leurs corps, devenus adultes, exigeraient enfin ce que leurs esprits se promettaient depuis toujours. La nuit était tombée sur leurs villes respectives, mais l'obscurité ne parvenait pas à étouffer l'incendie qui couvait entre elles. Au bout du fil, le silence n'était jamais vide ; il était chargé de tout ce qu'elles n'osaient pas encore nommer. Claudine, la future psychologue, l'observatrice clinique, fut la première à briser le tabou. Sa voix, d'ordinaire si ferme et autoritaire, vacillait. Elle raconta ses rêves. Des songes où les corps féminins s'entrelaçaient dans une douceur que les hommes ne lui avaient jamais offerte. Elle décrivit comment, du haut du balcon de son université, elle passait ses pauses à détailler les passantes, à trier mentalement celles qui éveillaient en elle un instinct de prédatrice ou une curiosité fébrile. — J'ai essayé de fuir, Alexandra, murmura Claudine. Je me suis forcée à rester avec cet homme pendant des mois, à suivre la "discipline" que la société attend de nous. Mais plus je l'étudiais, plus je me rendais compte que je jouais un rôle. Mon professeur a décrit les signes... et je les ai tous reconnus en moi. À l'autre bout, Alexandra sentit son cœur cogner contre ses côtes. Ses mains tremblaient sur le combiné. Elle se revit, quelques mois plus tôt, pleurant dans une église ou suivant les conseils d'un mentor qui lui intimait de "prier pour chasser ces démons". Elle avait essayé d'étouffer cette flamme sous des couches de culpabilité et de dévotion, terrifiée par le regard d'une société qui n'avait pas de place pour les femmes comme elles. — Claudine... souffla Alexandra, la gorge nouée. On m'a dit que c'était mal. Qu'il fallait que je prie pour redevenir normale. Mais quand tu parles... tout ce que j'ai essayé d'enterrer remonte à la surface. Je fais des films dans ma tête, moi aussi. Je nous imagine... Le silence qui suivit fut électrique. Claudine, reprenant ses réflexes de manipulatrice mais cette fois pour leur bien commun, posa les bases de leur pacte : — Écoute-moi. On ne peut faire confiance à personne d'autre qu'à nous-mêmes. On va faire un test. On va explorer cette partie de nous ensemble, parce qu'il n'y a pas de honte entre nous. Si c'est une erreur, on oubliera. Mais si c'est ce que nous sommes vraiment... alors nous l'accepterons. Mais seulement nous deux. C'était une expérience scientifique pour Claudine, une libération spirituelle pour Alexandra. Pourtant, derrière les mots rationnels de la psychologue, une possessivité nouvelle naissait. Claudine ne proposait pas seulement une exploration ; elle marquait son territoire. Alexandra, perdue entre le désir et la peur, accepta. Elle ignorait encore que dans son propre pays, la présence de Marie, son amie au charme troublant, allait bientôt mettre ce pacte à l'épreuve. Si elle devait explorer sa sexualité, pourquoi devrait-elle s'arrêter à une seule femme, même s'il s'agissait de sa meilleure amie ?Alexandra fixa le téléphone posé entre elles deux sur le lit. Ses mains tremblaient, mais une chaleur nouvelle, une colère née de toutes ces semaines de soumission et de secrets, commença à bouillir dans ses veines. Elle leva les yeux vers Claudine. Pour la première fois, elle ne baissa pas le regard. — « Non, » lâcha-t-elle, sa voix plus ferme qu'elle ne l'aurait cru. Claudine fronça les sourcils, une lueur de surprise traversant son masque de marbre. — Pardon ? — Je ne passerai pas cet appel, Claudine. Pas comme ça. Pas sous tes ordres, s'exclama Alexandra en se levant brusquement, ignorant sa nudité pour affronter son amie. Tu parles de loyauté, de principes, de discipline... mais tu ne parles jamais de ce que je ressens. Marie m'a offert quelque chose que tu as été incapable de me donner : de la douceur sans jugement. Claudine se leva à son tour, sa taille semblant doubler sous l'effet de la rage. Elle s'approcha d'Alexandra, l'acculant contre le mur de la chamb
Le réveil fut brutal pour Alexandra. Son corps portait encore les marques invisibles de la "discipline" de Claudine, une sensation de brûlure et de plénitude qui la laissait frissonnante. Elle regarda Claudine, qui préparait un café avec une précision métronomique, déjà parfaitement coiffée, le visage impénétrable. Alexandra ressentait une peur sourde. Claudine n'était plus seulement sa meilleure amie ; elle était devenue une force de la nature qui pouvait briser sa volonté d'un simple regard. Pourtant, cette peur était précisément ce qui la rendait accro. Le danger qu'exhalait Claudine était un aphrodisiaque bien plus puissant que tout ce qu'elle avait connu auparavant. Mais au fond de son cœur, le visage de Marie ne s'effaçait pas. Elle aimait la façon dont Marie la faisait rire, la façon dont elle l'admirait sans condition. Le fardeau était immense : elle désirait l'autorité de l'une et la tendresse de l'autre. Claudine, bien qu'elle ne l'avouât jamais, brûlait d'un désir
Après les salutations formelles aux parents d'Alexandra, où Claudine s'était montrée la "jeune femme parfaite et disciplinée" qu'ils appréciaient tant, elle s'était éclipsée. Depuis, c'était le désert. Pas un message, pas un appel. Claudine avait repris ses distances, laissant Alexandra seule avec ses démons dans sa chambre d'enfance. Pendant ce temps, le téléphone d'Alexandra ne cessait de vibrer. Marie, à des milliers de kilomètres, ne lâchait pas prise. — « Tu me manques tellement... je sens encore ton odeur sur mes draps... » Alexandra répondait, envoyant des messages vocaux fiévreux et des photos suggestives pour apaiser Marie, mais son cœur n'y était plus. Elle jouait la comédie de la passion virtuelle pour Marie tout en étant obsédée par la réalité glaciale de Claudine. Elle avait été frappée par la métamorphose de son amie : Claudine n'était plus la lycéenne autoritaire, elle était devenue une femme d'une sensualité magnétique, sûre d'elle, dont l'indépendance criait à
Les adieux à Marie furent plus déchirants qu’Alexandra ne l’avait anticipé. Sur le quai, l’étudiante en mode sentait un vide s’installer en elle à mesure que Marie s'éloignait. Elle avait pris goût à cette légèreté, à ce plaisir sans attaches et sans jugements. Marie représentait la liberté ; Claudine représentait le destin. Mais le voyage était inévitable : les parents d'Alexandra, avec leur rigueur habituelle, avaient déjà tout planifié. Reculer aurait été un aveu de faiblesse ou de culpabilité. Pendant tout le vol, Alexandra lutta contre une montée d'angoisse. Elle connaissait trop bien la perspicacité de son amie. Claudine n'était pas Marie ; on ne pouvait pas l'éblouir avec un simple sourire ou un baiser. Elle savait lire les silences, interpréter les battements de cils. Alexandra se répétait ses mensonges comme un mantra, terrifiée à l'idée de "parler comme du pop-corn déréglé" dès qu'elle croiserait ce regard sombre qui l'avait toujours dominée. Lorsque l'avion toucha le
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