INICIAR SESIÓNCamille et Léo forment un couple stable, jusqu'à ce qu'Eléna, artiste libre et tourmentée, entre dans leur vie. Une attraction immédiate et dévastatrice naît entre les deux femmes, tandis que Léo, d'abord témoin impuissant, devient progressivement l'enjeu silencieux de leur conflit intérieur. Eléna, incapable de choisir, entretient une relation passionnelle avec Camille tout en provoquant un désir ambigu chez Léo. Un triangle amoureux se forme, fait de jalousies rentrées, de trahisons non dites et d'un amour qui les lie et les déchire simultanément. Chaque tentative de rapprochement avec l'un éloigne irrémédiablement l'autre, dans une danse destructrice où tous trois brûlent.
Ver másLéoMa mère est tombée malade. D'un coup. Comme une maison qui s'effondre sans prévenir. Les couloirs d'hôpital deviennent notre quotidien. L'odeur de l'antiseptique, les regards fuyants des médecins, les silences lourds.Camille est là. Sans faille. Elle organise les rendez-vous, prépare les repas que je ne mange pas, répond aux appels que je ne prends plus. La nuit, nous baisons en silence. Rapidement. Presque sauvagement. Pour évacuer. Pour nous rappeler que nous sommes vivants. C'est primaire, c'est animal, mais c'est nécessaire.Puis ma mère meurt.Je m'effondre. Littéralement. Mes jambes ne me portent plus. Camille me rattrape avant que je touche le sol. Elle organise tout, soutient tout, porte tout. L'enterrement est un brouillard.Longtemps après, dans notre chambre, je la prends avec une faim désespérée. Mon chagrin se mêle au désir, mes larmes à sa peau. Elle me laisse faire, m'enlace, me console avec son corps.Après, c'est elle qui pleure. Nous pleurons ensemble.Puis Cami
CamilleJe me tiens devant la toile et je tremble. Pas de froid, pas de peur, mais de cette vérité qui s'impose à moi comme une gifle. Les couleurs, les formes, les ombres. Tout est nous. Tout est moi. Tout est elle. Eléna se tient à quelques pas, les bras croisés, le visage pâle mais déterminé.— C'est la seule façon que j'avais de vous laisser partir.Sa voix ne tremble pas. C'est pire. Elle est calme, comme au bord d'un précipice qu'elle a déjà accepté. Léo ne dit rien. Son regard passe de la toile à Eléna, puis à moi. Je sens son trouble, cette empathie masculine qui voudrait consoler, réparer, mais qui ne trouve pas de prise.— Je n'ai jamais su dire les choses normalement, continue Eléna. Alors j'ai peint. J'ai peint ce que je ressentais. Ce que je vous faisais. Ce que j'étais. Une ombre qui voulait juste qu'on la voie.Je pleure. Les larmes coulent sans que je puisse les retenir. Pas de sanglots, pas de bruit. Juste de l'eau qui tombe sur mes joues et qui lave quelque chose. La
Je sens les larmes monter. Je ne les retiens pas. Elles coulent sur mes joues, silencieuses.— Elle est belle, dis-je. Terriblement belle.— Oui, dit Léo. Terriblement belle.Eléna nous regarde. Ses yeux sont humides aussi.— Je voulais vous dire... que je suis désolée. Pour tout. Pour le mal que je vous ai fait. Pour être venue chez vous. Pour avoir failli tout briser.— On a tous notre part, dit Léo. Toi. Moi. Camille. On a tous fait des choix.
Je bouge plus vite. Nos souffles s'accélèrent. Nos regards dans le miroir ne se lâchent pas.— C'est ça, l'amour, dis-je. Pas l'absence de tentation. La force d'y résister.— Oui.— Pas l'absence de pensée pour les autres. Le choix de rester.— Oui.— Pas la perfection. La fidélité du choix.— Oui.L'orgasme monte. Je le sens dans mon ventre, dans mes cuisses, dans tout mon corps. Lui aussi, je le vois dans le miroir –
LéoJe fais un pas à l’intérieur. Le parquet grince.— Je cherchais Camille. Sa répétition a fini il y a longtemps.— On s’en doutait.C’est l’homme qui parle. Il a un sourire en coin, pas vraiment amical.— Elle nous parlait justement de ton… sens de l’organisation.Je l’ignore. Mes yeux sont rivé
LéoUn souvenir me revient, flou. Elle en a parlé, il y a quelques jours. Un vernissage. Quelque chose sur l’art contemporain. Elle avait semblé… intéressée. Plus qu’à son habitude. Je n’avais pas écouté vraiment. L’art contemporain, pour moi, c’est souvent du désordre organisé. Je préfère les lign
Camille Elle me tend la main. Je la serre. Sa paume est rêche, marquée par le travail et les produits chimiques. Une main qui creuse, gratte, s’exprime. La mienne, si précieuse, si protégée, semble soudain fragile et inutile.— Tu veux voir où je crée la rage, Camille ?Elle a dit « tu ». Et elle
CamilleJe devrais être en répétition. Mon archet devrait glisser sur les cordes du Stradivarius, épouser les courbes de la Sonate à Kreutzer. Je devrais être dans la lumière tamisée de la salle, concentrée, pure.Je suis ici.Devant la vitrine de la galerie L’Éclat Fracturé, et je regarde le table
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