Mag-log inLe silence aprĂšs sa disparition Ă©tait pire que le chaos.Aya tremblait toujours.Pas comme avant.Pas seulement Ă cause de la douleur.Quelque chose en elle⊠changeait.Kylian la maintenait contre lui, une main derriĂšre sa nuque, lâautre serrĂ©e autour de ses doigts glacĂ©s.â Aya⊠reste avec moi.Sa voix Ă©tait basse.Trop basse.Samuel sâapprocha rapidement, observant ses pupilles, sa respiration, ses rĂ©actions.â Ce nâest plus la mĂȘme toxine, dit-il. Elle a injectĂ© autre chose.â Je sais, coupa Kylian.â Non⊠tu ne comprends pas.Samuel hĂ©sita une seconde.Puis :â Son systĂšme nerveux sâemballe. Mais ce nâest pas destructif.Un silence.â Câest⊠une activation.Kylian releva lentement les yeux.â Activation de quoi ?Aya inspira brusquement.Son dos se cambra.â Ăa brĂ»le⊠partoutâŠSa voix nâĂ©tait plus seulement faible.Elle Ă©tait⊠instable.Comme si quelque chose dâautre essayait de passer Ă travers elle.Samuel recula lĂ©gĂšrement.â Kylian⊠elle rĂ©agit trop vite. Câest pas normal.Aya
La porte cĂ©da sous lâimpact.Kylian nâavait mĂȘme pas ralenti.Le bois renforcĂ© explosa vers lâintĂ©rieur, projetant des Ă©clats dans toute la piĂšce. Lâair changea instantanĂ©ment, chargĂ© dâune tension presque irrespirable.â Aya !Sa voix rĂ©sonna, brute, incontrĂŽlĂ©e.Sur le canapĂ©, elle Ă©tait toujours lĂ . Faible. Immobile.Mais il nâĂ©tait plus seul avec elle.Une silhouette se tenait Ă cĂŽtĂ©.Droite. Calme. Silencieuse.Comme si elle lâattendait.Kylian sâarrĂȘta net.Pas de surprise.Juste une reconnaissance froide.â Je me demandais quand tu allais comprendre, dit la voix.FĂ©minine.MaĂźtrisĂ©e.Aya tenta de bouger, mais son corps ne rĂ©pondit presque pas.â Kylian⊠murmura-t-elle.Il ne la quitta pas des yeux.â Ăloigne-toi dâelle.La femme inclina lĂ©gĂšrement la tĂȘte, amusĂ©e.â Toujours aussi prĂ©visible.Elle posa doucement ses doigts sur le poignet dâAya.Un geste lent.ContrĂŽlĂ©.Aya se crispa immĂ©diatement, un souffle coupĂ©.Kylian fit un pas.â Jâai dit⊠éloigne-toi.Un silence.Puis la
Le premier impact fit vibrer les murs. Pas une explosion. Pas encore. Un test. Kylian nâattendit pas. â Samuel, verrouille toutes les entrĂ©es. Mode dĂ©fense maximale. â DĂ©jĂ fait, rĂ©pondit-il en activant les sĂ©curitĂ©s. Mais ça ne tiendra pas longtemps. Un second choc, plus violent cette fois, rĂ©sonna contre la structure. Les vitres blindĂ©es tremblĂšrent lĂ©gĂšrement. Aya gĂ©mit derriĂšre eux. Kylian se tourna immĂ©diatement. â Elle ne peut pas bouger, dit Samuel. Et son Ă©tat⊠â Je sais. Sa voix Ă©tait calme. Trop calme. Il attrapa une arme dissimulĂ©e dans un compartiment mural, vĂ©rifia rapidement le chargeur, puis se dirigea vers lâentrĂ©e principale. â Tu comptes les affronter seul ? demanda Samuel. â Tu restes avec elle. â Kylianâ Il se tourna. Un regard. Froid. DĂ©cisif. â Câest un ordre. Samuel se tut. Pas parce quâil acceptait. Mais parce quâil comprenait. Aya ouvrit faiblement les yeux. â Kylian⊠non⊠Il revint vers elle. Sâagenouilla
La nuit semblait suspendue.Le silence dans la piĂšce nâĂ©tait brisĂ© que par les respirations irrĂ©guliĂšres dâAya et les bips faibles de lâappareil improvisĂ© que Kylian venait dâactiver. Chaque seconde devenait une bataille invisible.Samuel sâĂ©tait adossĂ© au mur, les bras croisĂ©s, mais son regard ne quittait pas Aya.â Son rythme cardiaque est instable, dit-il finalement.Kylian ne rĂ©pondit pas.Il injecta une micro-dose dâun antidote expĂ©rimental, ses gestes toujours aussi prĂ©cis. Mais cette fois⊠une tension inhabituelle traversait ses Ă©paules.â Si câest un dĂ©rivĂ© neurotoxique, continua Samuel, on joue contre le temps.â Ce nâest pas âsiâ, rĂ©pondit Kylian froidement. Câen est un.Aya se cambra lĂ©gĂšrement, un souffle coupĂ© dans la gorge.â Kylian⊠jâai froidâŠIl attrapa une couverture sans quitter son visage des yeux.â Câest normal. Reste consciente.Elle esquissa un faible sourire.â Tu mens malâŠUn silence.Samuel dĂ©tourna les yeux.Kylian, lui, resta figĂ© une demi-seconde.Puis :
Le moteur rugissait dans la nuit.Kylian ne ralentissait pas.Ses mains agrippaient le volant avec une force presque inhumaine, ses yeux fixĂ©s sur la route sombre qui dĂ©filait Ă toute vitesse. Ă lâarriĂšre, Aya Ă©tait allongĂ©e, son corps secouĂ© par des spasmes lĂ©gers, sa respiration irrĂ©guliĂšre.â Tiens bon⊠murmura-t-il, plus pour lui-mĂȘme que pour elle.Samuel, assis Ă cĂŽtĂ©, surveillait chaque mouvement dâAya dans le rĂ©troviseur.â Sa tempĂ©rature monte, dit-il, inquiet. Ce nâest pas normal.â Je sais, coupa Kylian sĂšchement.Un silence tendu sâinstalla, brisĂ© seulement par le bruit du moteur et les respirations instables dâAya.â On ne peut pas aller Ă lâhĂŽpital, reprit Samuel. Sâils ont lancĂ© ça, ils surveillent sĂ»rement tous les points mĂ©dicaux.Kylian serra les dents.â Alors on va chez moi.Samuel tourna brusquement la tĂȘte vers lui.â Tu es sĂ©rieux ? Si le Cercle Noir te surveilleââ Ils me surveillent dĂ©jĂ .Sa voix Ă©tait tranchante. DĂ©finitive.La voiture dĂ©rapa lĂ©gĂšrement avant
Le signal clignotait toujours.Rapide. RĂ©gulier. InquiĂ©tant.Aya nâarrivait pas Ă dĂ©tacher ses yeux de lâĂ©cran, mais elle sentait dĂ©jĂ que quelque chose clochait. Trop facile. Trop⊠visible.â Câest un leurre, dit-elle brusquement.Samuel leva un sourcil.â Tu es sĂ»re ?â Oui. Ils veulent quâon regarde ici.Kylian nâhĂ©sita pas une seconde. Il pivota, analysant lâespace derriĂšre eux, les hauteurs, les structures mĂ©talliques suspendues.â Alors on regarde ailleurs, murmura-t-il.Un souffle.Un mouvement.Trop tard.Un bruit sec Ă©clata au-dessus dâeux. Une plaque mĂ©tallique se dĂ©tacha du plafond et sâĂ©crasa violemment Ă quelques centimĂštres dâAya.Kylian la tira en arriĂšre dâun geste brutal.â Ă terre !Une seconde plaque tomba. Puis une autre.Ce nâĂ©tait pas un accident.CâĂ©tait une exĂ©cution lente.Samuel attrapa Aya par le bras et la força Ă courir vers une zone plus dĂ©gagĂ©e.â Ils testent nos rĂ©flexes !â Non, corrigea Kylian en se plaçant devant eux. Ils testent ses rĂ©flexes.Son re
Aya nâaurait pas dĂ» rĂ©pondre.Elle le savait. DĂšs lâinstant oĂč son tĂ©lĂ©phone vibra de nouveau, dĂšs lâinstant oĂč elle lut le message une seconde fois. Tu poses les bonnes questions, mais pas au bon endroit. Ce genre de phrase nâĂ©tait jamais une invitation innocente. CâĂ©tait un appĂąt.Et pourtant, el
Aya nâavait pas dormi.Elle Ă©tait restĂ©e assise prĂšs de la fenĂȘtre jusquâĂ lâaube, les genoux ramenĂ©s contre sa poitrine, observant Valenor sâĂ©veiller lentement sous une lumiĂšre pĂąle. La ville semblait paisible, presque innocente. Une façade mensongĂšre, comme tant dâautres choses dans sa vie.Le da
La porte se referma derriĂšre eux avec un dĂ©clic sec. Trop sec. Comme si lâappartement lui-mĂȘme voulait les enfermer dans ce quâils venaient de vivre.Aya posa son manteau sans soin et resta debout au milieu du salon, immobile. Son cĆur avait ralenti, mais son esprit refusait de suivre. Les images t
Lâalerte tomba sans bruit.Pas dâexplosion.Pas de cris.Juste un message.Ălise fixa son tĂ©lĂ©phone, immobile, comme si lâĂ©cran venait de la gifler.â Ils ont coupĂ© les camĂ©ras du parking, dit-elle enfin. Toutes. En mĂȘme temps.Lucien jura Ă voix basse.â Donc ce nâest plus une surveillance. Câest







